Plante araignée (phalangère)
Chlorophytum comosum
La plante araignée (Chlorophytum comosum), aussi appelée phalangère, est une vivace sud-africaine devenue le classique increvable des intérieurs. Elle émet de longues tiges arquées portant des rejets qui ressemblent à de petites araignées, d’où son nom. En Belgique, elle passe l’année entière en pot à l’intérieur, tolère les oublis d’arrosage et la lumière moyenne d’un appartement, et supporte mieux que la plupart l’air sec du chauffage central. C’est la plante idéale pour débuter.
Exposition et lumière
La phalangère aime la lumière vive sans soleil direct. Une place près d’une fenêtre est ou ouest, ou en léger retrait d’une fenêtre sud, lui va parfaitement. C’est à cette lumière que le panachage crème des feuilles reste bien marqué. Le soleil brûlant de midi en été jaunit et brûle le feuillage.
Elle survit aussi dans un coin plus sombre, mais le contraste des feuilles s’estompe et les rejets se font rares. Sous notre lumière d’hiver, faible de novembre à février, rapprochez le pot d’une fenêtre claire pour que la plante garde de l’allure jusqu’au printemps.
Arrosage
Arrosez quand les deux premiers centimètres du substrat ont séché, soit environ une fois par semaine au printemps et en été, puis tous les dix à quinze jours en hiver. La phalangère stocke de l’eau dans ses racines charnues et pardonne facilement un oubli, bien plus qu’un excès.
Videz la soucoupe après chaque arrosage, car les racines détestent tremper. Si les pointes des feuilles brunissent et sèchent, deux causes se combinent souvent chez nous : l’air sec du chauffage et le fluor ou le chlore de l’eau du robinet. Une eau reposée une nuit ou de l’eau de pluie règle en partie le problème.
Sol et rempotage
Un simple terreau pour plantes vertes, allégé d’une poignée de perlite pour le drainage, suffit amplement. La phalangère n’est pas exigeante sur le sol, elle demande surtout un pot percé pour évacuer l’eau.
Elle pousse vite et remplit son pot de racines épaisses en une saison ou deux. Rempotez au printemps dès que les racines soulèvent la motte ou débordent par les trous de drainage, dans un pot à peine plus grand. Une plante un peu à l’étroit fait d’ailleurs plus de rejets.
Température et humidité
La phalangère se plaît entre 15 et 25 degrés, la plage courante d’un intérieur. Elle tolère une fraîcheur jusqu’à 8 degrés sans dommage, mais ne supporte pas la gelée. Éloignez-la des radiateurs brûlants et des courants d’air froid des fenêtres à simple vitrage.
Le défi belge est l’air asséché par le chauffage central de novembre à mars, qui brunit les pointes des feuilles. Ce n’est pas grave pour la santé de la plante, mais peu esthétique. Un peu d’humidité dans l’air, une brumisation de temps en temps ou le pot posé sur des billes d’argile humides, limite le phénomène.
Taille et entretien
L’entretien se résume à couper à la base les feuilles jaunies ou abîmées et à raccourcir les pointes sèches d’un coup de ciseaux, en suivant la forme de la feuille pour rester discret. Rien de plus n’est nécessaire.
Les longues tiges florales portant les rejets peuvent être laissées pour l’effet retombant, très joli en suspension, ou coupées si vous préférez une touffe compacte. Chaque rejet prélevé se transforme en nouvelle plante, donc rien ne se perd.
Maladies et nuisibles
La phalangère est robuste et tombe rarement malade. En hiver, quand l’air est sec, surveillez les araignées rouges (Tetranychus urticae), de minuscules acariens qui tissent de fines toiles sous les feuilles et les font se piqueter de jaune. Une douche à l’eau tiède et un air plus humide en viennent à bout. Les cochenilles farineuses, petits amas cotonneux, se retirent au coton imbibé d’alcool à brûler dilué.
Des pointes brunes traduisent presque toujours l’air sec ou l’eau du robinet, pas une maladie. Un feuillage mou et des racines noires signalent au contraire un excès d’eau : allégez les arrosages et rempotez dans un substrat sec.
Multiplication
C’est l’une des plantes les plus faciles à multiplier. Chaque rejet au bout des tiges arquées porte déjà de petites racines en formation. Posez le rejet, encore attaché à la plante mère, sur un petit pot de terreau humide à côté, et laissez-le s’enraciner avant de couper le cordon. Il reprend presque à coup sûr.
On peut aussi couper le rejet et le placer dans un verre d’eau une à deux semaines, le temps que les racines s’allongent, avant de le rempoter. Enfin, une grosse touffe se divise simplement en deux au rempotage de printemps.
Toxicité
Non toxique pour les chats, les chiens et les enfants. C’est même l’une des rares plantes d’intérieur qu’on peut laisser à portée d’un chat sans crainte, ce qui ne l’empêche pas d’en croquer les feuilles par jeu.
Le conseil local
En Belgique (climat de Herve, zone 8a)
Chez nous, la plante araignée vit à l’intérieur toute l’année. Elle ne passe pas l’hiver dehors : la gelée la tue et les hivers humides de la région de Herve ne lui valent rien. C’est une plante d’appartement, pas de jardin.
De juin à fin août, vous pouvez lui offrir des vacances dehors, à l’ombre claire d’une terrasse ou d’un balcon abrité, où elle fera de beaux rejets. Rentrez-la dès que les nuits repassent sous 10 degrés, souvent début septembre par ici. Son gros atout sous notre climat est sa tolérance : elle encaisse la lumière faible de l’hiver et l’air sec du chauffage bien mieux que la plupart des plantes vertes, ce qui en fait une valeur sûre pour passer la mauvaise saison sans souci.
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Identifier ma planteCalendrier d’entretien mois par mois
| Janvier | Repos. Arrosez peu, tous les 12 à 15 jours. Placez la plante à la lumière la plus vive possible, loin des radiateurs. Surveillez les araignées rouges dans l’air sec. |
|---|---|
| Février | Toujours au repos. Coupez les pointes sèches et les feuilles jaunies. Brumisez de temps en temps pour contrer l’air du chauffage. |
| Mars | La lumière revient et la croissance repart. Reprenez un arrosage plus régulier. Bon moment pour rempoter si les racines débordent. |
| Avril | Pleine reprise. Rempotez, divisez les grosses touffes, mettez en pot les rejets. Première fertilisation légère. |
| Mai | Croissance active. Arrosez environ une fois par semaine. Fertilisez tous les quinze jours avec un engrais plantes vertes dilué. |
| Juin | Vous pouvez sortir la plante à l’ombre claire sur une terrasse abritée. Elle produit de nombreux rejets à la belle saison. |
| Juillet | Plein été. Arrosez dès que la surface a séché, brumisez par forte chaleur. Continuez l’engrais léger. |
| Août | Bonne période de rejets. Enracinez-les dans de petits pots. Préparez le retour à l’intérieur en fin de mois. |
| Septembre | Rentrez la plante dès que les nuits passent sous 10 degrés. Réhabituez-la doucement à la lumière intérieure. |
| Octobre | Espacez les arrosages. Dernière fertilisation légère de l’année. Nettoyez et coupez les feuilles abîmées avant l’hiver. |
| Novembre | Entrée en repos. Rapprochez le pot d’une fenêtre claire. Coupez l’engrais et réduisez l’eau. |
| Décembre | Repos hivernal. Attention à l’air sec du chauffage : brumisez ou posez le pot sur des billes d’argile humides. |
Les astuces de Green Hub
- Les pointes brunes viennent le plus souvent du fluor et du chlore de l’eau du robinet : arrosez à l’eau de pluie ou à l’eau reposée une nuit pour les éviter.
- Une plante un peu à l’étroit dans son pot fait davantage de rejets qu’une plante rempotée trop grand.
- Pour bouturer sans risque, laissez le rejet s’enraciner dans un pot voisin avant de couper la tige qui le relie à la mère.
- C’est une des rares plantes non toxiques pour les chats : pratique quand votre matou aime mâchouiller les feuilles.
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