Coriandre

Coriandrum sativum

AromatiqueFamille : Apiaceae (Apiacées)Difficulté : Moyen
Planche de coriandre serrée, feuilles vert vif largement découpées en éventail
Photo : ShahadatHossain · CC BY-SA 4.0

La coriandre (Coriandrum sativum) est une aromatique annuelle dont on récolte à la fois les feuilles fraiches, au gout marqué, et les graines séchées, plus douces et citronnées. C’est une plante de saison, non rustique, qui ne passe pas l’hiver dehors et dont le grand défaut est de monter très vite en graines dès qu’il fait chaud ou sec. Le secret est de la semer directement en place, de la maintenir fraiche, et d’échelonner les semis pour avoir des feuilles en continu. Une plante rapide et un peu capricieuse, mais généreuse quand on la comprend.

Exposition et lumière

Pour la récolte de feuilles, la coriandre préfère une exposition mi-ombragée, surtout au cœur de l’été. Une place trop chaude et trop ensoleillée la pousse à monter en graines presque aussitôt, au détriment du feuillage : c’est l’erreur classique du débutant qui l’installe au même endroit que le thym ou la sauge, en plein soleil toute la journée.

Si votre but est au contraire de récolter les graines, une exposition ensoleillée favorise la floraison et la maturation des ombelles. Pour du feuillage, réservez-lui donc un coin frais et lumineux mais pas brulant, à l’ombre légère l’après-midi lors des fortes chaleurs.

L’exposition ne fait pourtant pas tout : la coriandre est une plante dite de jours longs, sensible à la durée d’éclairement autant qu’à la chaleur. Passé un seuil d’environ quatorze heures de lumière quotidienne combiné à une terre qui se réchauffe, elle bascule vers la floraison même à mi-ombre. Au-dessus de 50 degrés de latitude, les journées de plein été dépassent seize heures, ce qui explique qu’un pied en pleine lumière file en graines en quelques jours à peine. Des variétés sélectionnées pour leur montaison lente, comme 'Cruiser F1' ou 'Marino', supportent mieux le plein soleil que la coriandre commune et prolongent un peu la récolte de feuilles.

Arrosage

La coriandre a besoin d’un sol constamment frais. Le moindre stress hydrique, un sol qui sèche ou un coup de chaud, déclenche la montaison, c’est-à-dire l’apparition rapide de la tige florale au détriment des feuilles. Arrosez donc régulièrement pour garder la terre fraiche.

En pot comme en pleine terre, la régularité est essentielle : mieux vaut des arrosages fréquents et modérés qu’un dessèchement suivi d’une inondation. Un paillage léger au pied aide à conserver l’humidité et à retarder la montée en graines.

En pot, la terre se réchauffe et sèche bien plus vite qu’en pleine terre, surtout dans un petit contenant exposé au soleil : un contrôle quotidien du sol en été n’est pas superflu. Si votre objectif est plutôt la récolte de graines que le feuillage, un léger stress hydrique modéré en fin de cycle n’est pas forcément un défaut : plusieurs études montrent qu’il peut légèrement concentrer les huiles essentielles des graines, alors qu’un manque d’eau prononcé fait chuter à la fois le rendement et cette teneur aromatique. Pour le feuillage en revanche, la régularité prime toujours sur l’économie d’eau.

Sol et rempotage

La coriandre aime une terre meuble, fraiche, riche en matière organique et bien drainée. Un apport de compost mur avant le semis soutient une croissance rapide et un feuillage abondant.

Elle développe une racine pivotante qui peut descendre jusqu’à trente centimètres de profondeur et supporte mal le repiquage : mieux vaut la semer directement à sa place définitive plutôt que de la transplanter, ce qui la stresse et accélère la montaison. En pot, choisissez donc un contenant profond, au moins vingt-cinq centimètres et trente dans l’idéal, avec un bon drainage au fond.

Côté pH, la coriandre n’est pas exigeante : elle pousse bien dans une terre légèrement acide à neutre, entre 6 et 7,5, et tolère d’ailleurs assez bien des sols moins parfaits tant qu’ils restent frais et drainants. L’erreur de débutant consiste à la planter dans une terre lourde et argileuse qui se gorge d’eau en hiver et se fend en été : un apport de sable grossier ou de compost bien décomposé allège alors la structure et évite l’asphyxie de la racine pivotante.

Température et humidité

La coriandre est une annuelle non rustique qui ne survit pas au gel et boucle son cycle en une seule saison. Contrairement au thym, à la ciboulette ou à la menthe, vivaces et rustiques, il faut la ressemer chaque année. À la différence du basilic, elle n’est pas frileuse au point de craindre la moindre fraicheur : elle tolère les températures douces, pousse bien entre dix et vingt et un degrés, et se plait mieux au frais qu’à la chaleur.

C’est justement la chaleur qui la contrarie plus que le froid. Un été chaud la fait filer en graines en quelques jours à peine. On peut donc semer relativement tôt au printemps, dès que le sol se réchauffe un peu, et à nouveau à la fin de l’été pour profiter de la fraicheur de l’arrière-saison, où elle donne du beau feuillage. Une gelée automnale marque la fin des pieds en place.

Autre particularité utile à connaitre : contrairement au persil ou à la carotte, des Apiacées biennales qui ont besoin d’un hiver froid pour fleurir la deuxième année, la coriandre n’a besoin d’aucun froid pour monter en graines. C’est une annuelle rapide, sensible à la seule chaleur et à la durée du jour, qui grène dès sa première saison sans jamais avoir connu l’hiver.

Taille et entretien

Récoltez les feuilles extérieures au fur et à mesure des besoins, en coupant les tiges à la base, ce qui encourage le coeur à produire de nouvelles feuilles. Épargnez toujours les jeunes pousses centrales et ne prélevez pas plus d’un tiers du feuillage d’un coup : un pied trop dégarni peine à repartir et monte plus vite.

Dès qu’une tige florale se dresse au centre, la plante bascule vers la graine et les feuilles restantes deviennent rares et finement découpées, moins parfumées. Vous pouvez couper cette tige pour gagner encore quelques feuilles, mais un pied qui monte est en fin de course pour le feuillage. Le mieux est alors de le laisser fleurir pour récolter les graines, et de compter sur un nouveau semis échelonné pour retrouver du feuillage frais.

Pour la récolte des graines, patientez jusqu’à ce que les ombelles brunissent et que les petites billes vertes tournent au beige puis au brun clair. Coupez alors les tiges florales entières et suspendez-les tête en bas dans un sac en papier, dans un endroit sec et aéré : les graines finissent de murir et tombent au fond du sac au fur et à mesure qu’elles se détachent. Un séchage complet avant la mise en bocal hermétique évite qu’elles moisissent.

Maladies et nuisibles

La coriandre est assez peu touchée par les maladies, son cycle court la met souvent à l’abri. Le souci le plus fréquent reste l’oïdium, causé chez les Apiacées par le champignon Erysiphe heraclei, qui feutre le feuillage d’un duvet blanc à gris et provoque des taches jaunâtres puis gaufrées. Contrairement à une idée reçue, ce champignon n’a pas besoin de feuillage mouillé pour s’installer : il se développe surtout par air ambiant très humide, au-delà de quatre-vingts pour cent, sur des feuilles restées sèches en surface.

Aérez donc les semis trop denses plutôt que de mouiller le feuillage pour lutter contre l’oïdium, ce qui n’a guère d’effet. Comme les autres Apiacées, la coriandre peut aussi attirer la mouche de la carotte, Psila rosae, dont les larves éclosent environ dix jours après la ponte et s’attaquent aussitôt aux racines. En climat tempéré, cet insecte compte deux à trois générations par an, avec un premier pic de vol au début de l’été puis un second en fin de saison ; un voile anti-insectes posé dès le semis protège les jeunes racines.

Les pucerons se nichent parfois dans les ombelles florales, et les limaces dévorent les jeunes plantules au printemps. Rien de bien grave en général sur une culture menée fraiche, aérée et régulièrement désherbée.

Multiplication

La coriandre se multiplie uniquement par semis, et de préférence en semis direct, car elle déteste le repiquage. Semez les graines à environ un centimètre de profondeur, dans une terre fraiche et meuble maintenue entre quinze et vingt degrés, en place définitive : la levée prend alors dix à quinze jours, un peu plus si le sol reste frais. Ce que l’on appelle communément une graine de coriandre est en réalité un diakène, un petit fruit sec qui renferme deux graines soudées et se sépare en deux méricarpes à maturité. Faire tremper les graines une nuit entière dans l’eau avant le semis facilite et accélère souvent une levée parfois irrégulière d’un lot à l’autre.

Échelonnez les semis toutes les deux ou trois semaines, du printemps à la fin de l’été, pour compenser la montaison rapide et avoir des feuilles en continu plutôt qu’une récolte unique et massive. Si vous laissez un pied fleurir et grainer, il se ressème souvent tout seul : les diakènes tombés au sol passent l’hiver en dormance et donnent des plantules spontanées dès le printemps suivant, parfois avec plusieurs semaines d’avance sur vos propres semis.

Climat et rusticité

Où et sous quel climat elle tient

La coriandre est une annuelle non rustique : le gel la tue, elle boucle son cycle en une seule saison et se ressème chaque année à partir de graines fraiches. Elle pousse le mieux entre dix et vingt et un degrés et se plait au frais plutôt qu’à la chaleur, ce qui inverse le réflexe habituel : ce n’est pas le froid qui contrarie le jardinier, c’est l’été. Au premier coup de chaud ou de sécheresse, la plante file en graines en quelques jours et ne laisse presque plus de feuilles.

La durée du jour compte autant que la température. La coriandre est une plante de jours longs : au-delà d’environ quatorze heures de lumière quotidienne, elle bascule vers la floraison même à mi-ombre. Plus on s’éloigne de l’équateur, plus les journées de plein été sont longues : au-dessus de 50 degrés de latitude, elles dépassent seize heures et un pied en pleine lumière monte alors très vite. Sous les tropiques, où la durée du jour varie peu, c’est la chaleur seule qui commande.

La parade se règle donc sur le climat. En climat tempéré océanique, à été doux, deux fenêtres donnent le meilleur feuillage : le début du printemps, et un semis de fin d’été qui profite d’une arrière-saison douce et humide jusqu’aux premières gelées. En climat continental à été court et chaud, resserrez les semis échelonnés sur le printemps et reprenez dès que les nuits fraichissent. En climat méditerranéen ou subtropical, la coriandre devient une culture de saison fraiche : semez-la quand la chaleur retombe et conduisez-la tout l’hiver, en la protégeant seulement du gel. Partout, semez directement en place sans repiquer, gardez le sol frais, paillez, et choisissez une variété à montaison lente comme 'Marino' ou 'Cruiser F1'.

Votre coriandre, suivi mois après mois

Green Hub garde l’historique daté de votre plante : ses photos, son évolution, ses rempotages. Une IA répond sur la vôtre précisément, pas sur une fiche générique, gratuitement.

Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRien à faire dehors : la coriandre ne passe pas l’hiver, le sol restant trop froid pour germer. Commandez vos graines, éventuellement une variété lente à monter. Un semis en pot lumineux donne quelques jeunes feuilles.
FévrierToujours trop froid dehors pour semer, le sol restant sous le seuil de germination d’une quinzaine de degrés. Préparez la terre avec du compost bien décomposé. Poursuivez la culture d’intérieur sur un rebord lumineux.
MarsUn premier semis sous châssis ou en pot à l’abri peut démarrer dès que le sol frôle les quinze degrés. En pleine terre découverte, c’est encore trop tôt pour une levée régulière.
AvrilPremier semis direct en pleine terre, une fois le sol réchauffé entre quinze et vingt degrés. Semez finement en place, sans repiquage : les premières feuilles découpées apparaissent une à deux semaines après la levée.
MaiLes semis d’avril lèvent et poussent au frais du printemps, période idéale pour un feuillage fourni. Échelonnez un nouveau semis toutes les deux à trois semaines pour ne jamais manquer de jeunes pieds à récolter.
JuinRécolte du feuillage en cours. Les journées dépassant seize heures de lumière et la chaleur qui s’installe accélèrent la montaison : maintenez le sol frais, paillez et semez plutôt à l’ombre légère de l’après-midi.
JuilletEn plein été, les pieds en place montent vite en tige florale. Laissez fleurir quelques pieds pour la future récolte de graines ; semez les nouveaux pieds à mi-ombre pour prolonger le feuillage.
AoûtRécolte des graines sur les pieds montés, quand les ombelles brunissent et que les billes passent au beige. C’est aussi un pic d’activité de la mouche de la carotte : gardez un voile sur les semis.
SeptembreExcellente période pour le feuillage : la fraicheur revenue calme nettement la montaison. Les semis de fin d’été, à croissance plus lente, donnent des pieds bien fournis et parfumés jusqu’aux premières fraicheurs d’octobre.
OctobreDernières récoltes de feuilles avant les premières gelées. Récoltez les ultimes graines sur pied et faites-les sécher tête en bas dans un sac en papier. Un voile prolonge un peu les pieds en place.
NovembreLes premières gelées franches referment le cycle des pieds en pleine terre, qui noircissent puis meurent. Nettoyez les emplacements et incorporez les restes au compost. La culture d’intérieur reste possible sur un rebord lumineux.
DécembreFin de saison dehors, le sol étant désormais trop froid pour toute germination. Notez les dates de semis qui ont le mieux réussi cette année. Un pot à l’intérieur fournit encore quelques feuilles fraiches.

Les astuces de Green Hub

  • Semez toujours en place, jamais en godet à repiquer : la racine pivotante de la coriandre déteste d’être dérangée, et le moindre choc au repiquage suffit à déclencher une montaison prématurée en quelques jours.
  • Contre la montée en graines trop rapide, misez sur la fraicheur plutôt que sur l’ombre seule : sol frais, arrosage régulier et paillage retardent la floraison mieux qu’une simple mi-ombre l’après-midi en plein été.
  • Échelonnez un petit semis toutes les deux à trois semaines, du printemps à la fin de l’été : un pied ne produit des feuilles tendres qu’un temps limité avant de filer en graines.
  • Le meilleur feuillage vient toujours au frais, en début et en fin de saison. Un semis de fin d’été profite pleinement de une arrière-saison douce et humide pour un beau feuillage tardif.
  • Pour prolonger nettement la récolte de feuilles, choisissez d’emblée une variété sélectionnée pour sa montaison lente comme 'Marino' ou 'Cruiser F1', plutôt qu’une coriandre commune bien plus prompte à filer en graines.

Mise à jour le

Comment cette fiche est écrite

Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.