Aromatiques faciles à cultiver en Belgique

Les aromatiques les plus faciles en Belgique se partagent en deux groupes : les vivaces qui passent l’hiver (thym, romarin, sauge, menthe, origan, ciboulette, estragon, laurier-sauce) et les annuelles à ressemer chaque printemps (basilic gélif, persil, coriandre, aneth, cerfeuil). La plupart prospèrent dans un pot sur un balcon ensoleillé. Le climat de Herve, avec ses hivers humides et ses gelées jusqu’à la mi-mai, ne pose problème qu’aux plus frileuses, à commencer par le basilic. Une fois qu’on sait qui rentre, qui se ressème et qui reste dehors, un carré d’aromates devient l’une des cultures les moins exigeantes du jardin.

Les vivaces qui passent l’hiver belge

Ce sont les aromatiques qu’on plante une fois et qui reviennent chaque année sans qu’on y touche. Le thym, le romarin, la sauge et le laurier-sauce sont persistants : ils gardent leurs feuilles tout l’hiver et on peut en cueillir même sous la neige. L’origan et la ciboulette disparaissent en surface aux premières gelées puis repartent du pied au printemps. La menthe fait pareil, en encore plus vigoureux. Toutes tiennent sans souci les hivers de la région de Herve, à condition d’avoir les pieds au sec : c’est l’humidité stagnante, bien plus que le froid, qui les fait pourrir chez nous.

Deux nuances valent la peine d’être connues. Le laurier-sauce est rustique une fois installé, mais un jeune plant de première année peut souffrir d’un gros coup de gel : un voile d’hivernage ou une place abritée contre un mur la première saison suffit à le passer. La mélisse, elle, est parfaitement rustique et même un peu trop généreuse : elle se ressème toute seule partout, un point à surveiller si on ne veut pas la voir coloniser le massif.

Les annuelles à ressemer chaque printemps

L’autre famille ne passe pas l’hiver et se recommence chaque année, ce qui n’a rien d’une corvée : ce sont souvent les plus rapides à lever. Le basilic est le cas d’école, gélif au point de noircir au premier coup de froid, donc cultivé en annuelle et semé au chaud avant d’être sorti une fois tout risque de gelée écarté, vers la mi-mai chez nous. La coriandre, l’aneth, le cerfeuil, la sarriette et la marjolaine se sèment directement en place au printemps et donnent en quelques semaines. Le cerfeuil et la coriandre préfèrent même un peu de fraîcheur et montent vite en graine à la chaleur, donc on les échelonne.

Le persil est un cas à part : bisannuel, il fait ses feuilles la première année et monte en graine la seconde, après quoi il faut le ressemer. En pratique on le traite donc comme une annuelle qu’on renouvelle. Sa germination est lente, deux à trois semaines, ce qui décourage à tort : il faut juste être patient et garder le semis humide. L’estragon français, souvent rangé avec ce groupe, n’entre en réalité dans aucun des deux : il ne se sème pas du tout et se multiplie uniquement par bouture ou division de pied.

En pot sur un balcon

La grande majorité de ces aromatiques se plaît en pot, et un balcon bien exposé fait un excellent potager d’appoint. Trois choses comptent vraiment. Le drainage d’abord : un trou au fond du pot, une couche de billes d’argile ou de graviers, et un terreau qui ne retient pas l’eau, car nos pluies belges noient plus d’aromates que la sécheresse. Le soleil ensuite : thym, romarin, sauge et origan veulent le plein sud et le supportent brûlant, tandis que persil, ciboulette, cerfeuil et menthe acceptent une mi-ombre. L’arrosage enfin : on laisse sécher la surface entre deux passages plutôt que d’entretenir une terre détrempée en permanence.

Une aromatique mérite un pot à elle seule : la menthe. En pleine terre, ses racines traçantes envahissent tout et étouffent les voisines en une saison. Gardée dans son propre contenant, elle reste sage et généreuse. Sur un balcon, on peut sans crainte regrouper les méditerranéennes (thym, romarin, sauge, origan) dans une même grande jardinière, puisqu’elles partagent les mêmes envies de soleil et de sécheresse, et isoler la menthe et la mélisse à côté.

Récolter pour que la plante reparte

Bien récolter, ce n’est pas prélever au hasard : c’est tailler de façon à relancer la plante. Sur le basilic, on ne cueille jamais feuille à feuille par le bas ; on étête, c’est-à-dire qu’on pince la tige juste au-dessus d’une paire de feuilles, et le plant se ramifie en deux nouvelles pousses. Répété régulièrement, ce geste transforme un basilic filiforme en petit buisson touffu. Le même principe de pincement vaut pour la marjolaine, la sarriette et l’origan : on coupe les extrémités, la plante s’étoffe.

L’autre règle est de cueillir avant la floraison. Dès qu’une aromatique fleurit et monte en graine, elle concentre son énergie dans la reproduction et ses feuilles deviennent amères ou coriaces : c’est net sur le basilic, la coriandre et le cerfeuil. On pince donc les boutons floraux pour prolonger la récolte de feuilles. Pour la ciboulette et le persil, on cueille au contraire par l’extérieur, en prélevant les tiges les plus âgées à la base pour laisser le coeur produire. Récolter souvent, c’est le meilleur engrais : plus on coupe, plus ça pousse.

Conserver ses aromates

L’été, une aromatique produit toujours plus qu’on n’en consomme, et deux méthodes simples prolongent la récolte jusqu’au printemps suivant. Le séchage convient aux aromatiques ligneuses et parfumées à l’huile essentielle : thym, romarin, sauge, origan, laurier-sauce, sarriette et marjolaine sèchent très bien, en petits bouquets suspendus tête en bas dans un endroit sec et aéré, à l’abri du soleil direct. Une fois sèches, on émiette les feuilles dans un bocal fermé, où elles gardent leur arôme plusieurs mois.

La congélation est meilleure pour les aromatiques tendres et gorgées d’eau, qui perdent tout au séchage : basilic, persil, ciboulette, coriandre, aneth, cerfeuil, estragon et menthe. Le plus pratique est de les ciseler, de les tasser dans un bac à glaçons et de couvrir d’un peu d’eau ou d’huile d’olive avant de congeler : on obtient des portions prêtes à jeter dans une casserole. Le basilic se prête aussi très bien au pesto, qui se congèle et concentre tout le parfum d’un été de balcon.

Les fiches d’entretien à consulter

Basilic

Ocimum basilicum

Le basilic (Ocimum basilicum) est une aromatique annuelle et frileuse, née des régions chaudes d’Asie. En Belgique,…

Persil

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Le persil (Petroselinum crispum) est l’aromatique la plus utilisée de nos cuisines, plate ou frisée selon les goûts.…

Ciboulette

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La ciboulette (Allium schoenoprasum) est une petite vivace de la famille de l’oignon, aux fines tiges creuses au gout…

Menthe

Mentha

La menthe (Mentha) regroupe plusieurs espèces et hybrides, de la menthe verte à la menthe poivrée, tous vivaces et…

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Romarin

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Coriandre

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Estragon

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L’estragon français (Artemisia dracunculus) est une vivace aromatique au parfum anisé, tétraploïde stérile incapable de…

Laurier-sauce

Laurus nobilis

Le laurier-sauce (Laurus nobilis) est le seul vrai laurier de cuisine, celui dont on met une feuille dans les sauces et…

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La mélisse citronnelle (Melissa officinalis) est une vivace rustique au feuillage gaufré qui dégage un parfum de citron…

Cerfeuil

Anthriscus cerefolium

Le cerfeuil (Anthriscus cerefolium) est une fine aromatique annuelle au feuillage découpé et au goût délicat,…

Marjolaine

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La marjolaine (Origanum majorana) est la cousine délicate de l’origan : même famille, un parfum plus fin, plus sucré et…

Sarriette

Satureja hortensis

La sarriette est une aromatique méditerranéenne au goût poivré, cousine du thym et du romarin. Attention à ne pas…

Verveine citronnelle

Aloysia citriodora

La verveine citronnelle (Aloysia citriodora) est un arbuste dont les feuilles froissées dégagent un parfum de citron…

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Questions fréquentes

Quelles aromatiques passent l’hiver dehors en Belgique ?

Le thym, le romarin, la sauge, l’origan, la ciboulette, la menthe, l’estragon et le laurier-sauce sont vivaces et rustiques dans nos hivers. Les persistantes (thym, romarin, sauge, laurier) se cueillent même en plein hiver. Le vrai danger n’est pas le froid mais l’humidité stagnante, donc assurez-leur un bon drainage.

Peut-on cultiver du basilic toute l’année en Belgique ?

Pas dehors : le basilic est gélif et noircit au premier coup de froid, on le cultive donc en annuelle du printemps à l’automne. On le sème au chaud à l’intérieur et on ne le sort qu’une fois les gelées finies, vers la mi-mai. En hiver, seul un pot sur un rebord de fenêtre bien lumineux permet d’en garder, avec un résultat modeste.

Quelle aromatique choisir quand on débute ?

La ciboulette et la menthe sont les plus indulgentes : vivaces, elles reviennent seules chaque année et pardonnent presque tout. Le thym et le romarin suivent, increvables une fois installés au soleil. Gardez juste la menthe dans son propre pot, sinon elle envahit tout.

Pourquoi faut-il garder la menthe dans un pot séparé ?

La menthe émet des racines traçantes qui filent sous la terre et ressortent partout, étouffant les plantes voisines en une seule saison. En pleine terre elle devient vite ingérable. Un pot à elle seule la contient tout en la laissant produire abondamment ; la mélisse pose le même souci en se ressemant.

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