Lilas

Syringa vulgaris

ExtérieurFamille : Oleaceae (Oléacées)Difficulté : Facile
Grosse panicule de lilas mauve épanouie au bout d’un rameau, entourée de feuilles en cœur
Photo : Екатерина Борисова · CC BY-SA 4.0

Le lilas commun (Syringa vulgaris) est un arbuste caduc que l’on retrouve dans presque tous les vieux jardins de campagne. Son parfum de fin de printemps est reconnaissable entre tous, et ses grappes de fleurs mauves, parfois blanches ou roses selon les variétés, annoncent le vrai retour de la belle saison. C’est une plante increvable une fois installée, faite pour les hivers francs et les sols drainés, qui demande surtout de la patience et un bon emplacement ensoleillé.

Exposition et lumière

Le lilas veut du plein soleil, c’est la condition numéro un pour une belle floraison. Comptez au moins six heures de soleil direct par jour. À l’ombre ou même à mi-ombre, l’arbuste survit très bien mais fleurit à peine, avec des grappes maigres et clairsemées.

On le plante souvent en isolé au milieu d’une pelouse, en fond de massif ou le long d’une clôture qui reçoit le soleil du milieu et de la fin de journée. Il ne craint ni le vent ni les emplacements ouverts, un vrai atout en rase campagne.

Arrosage

Le jeune lilas, planté depuis moins de deux ans, a besoin d’un arrosage régulier le temps de bien s’enraciner, surtout lors des étés secs. Un arrosage copieux mais espacé vaut mieux qu’un petit filet quotidien, cela pousse les racines à descendre en profondeur.

Une fois installé, c’est une plante remarquablement sobre. Un lilas adulte se passe pratiquement d’arrosage, sauf sécheresse prolongée exceptionnelle. Ce qu’il redoute vraiment, c’est l’excès d’eau. Un sol détrempé en hiver fait pourrir les racines bien plus sûrement qu’un été sec ne l’affaiblit.

Sol et rempotage

Le lilas n’est pas difficile sur la nature du sol, du moment qu’il est bien drainé. Il tolère très bien le calcaire, contrairement à beaucoup d’arbustes, et préfère même un sol neutre à légèrement alcalin plutôt qu’acide.

Ce qu’il ne supporte pas, c’est un sol lourd et argileux qui reste gorgé d’eau. Si votre terrain retient l’humidité, plantez-le en petite butte pour surélever le collet. Un apport de compost bien mûr à la plantation suffit, inutile d’enrichir davantage par la suite.

Température et humidité

C’est un des arbustes de jardin les plus rustiques qui soient. Il encaisse sans broncher jusqu’à -25, -30 °C, ce qui le place dans les zones USDA 3 à 7 et lui fait voir venir à peu près n’importe quel hiver.

Paradoxalement, le lilas a justement besoin de ce froid hivernal marqué pour bien fleurir au printemps suivant. C’est cette période de dormance au froid qui déclenche la formation des grappes. Dans les régions à hiver doux, en zone 9 et au-delà, la floraison reste souvent pauvre et clairsemée, un problème qui ne se pose pas sous un hiver franc.

Taille et entretien

Il faut d’abord retenir une chose. Le lilas fleurit sur le bois formé l’année précédente, et les boutons floraux du printemps prochain se mettent en place dès l’été qui suit la floraison. Tailler en hiver ou au début du printemps revient donc à couper les fleurs de l’année, une erreur très fréquente.

Le bon geste consiste à supprimer les inflorescences fanées juste après la floraison, en coupant la tige juste sous la grappe, au-dessus de la première paire de jeunes pousses. Cela évite à la plante de gaspiller son énergie dans la formation de graines et favorise une floraison généreuse l’année suivante. Tous les trois ou quatre ans, on peut aussi rabattre à la base une ou deux des plus vieilles tiges pour rajeunir la touffe, le lilas rejette très facilement de souche.

Maladies et nuisibles

L’oïdium est le souci le plus fréquent, surtout en fin d’été. Un feutrage blanc grisâtre couvre alors les feuilles, souvent sur des sujets à l’étroit ou en sol sec au pied. C’est disgracieux mais sans réelle gravité, l’arbuste refleurira normalement l’année suivante. Aérer les plantations et éviter de coller plusieurs pieds trop serrés limite déjà bien le problème.

Plus gênante, la bactériose du lilas, due à Pseudomonas syringae, provoque le noircissement et le flétrissement de jeunes pousses au printemps, surtout après un temps frais et humide. Il faut alors couper largement sous la partie touchée et détruire le bois retiré. La teigne du lilas fait des galeries dans les feuilles qui s’enroulent, un dégât surtout esthétique. Les cochenilles s’installent parfois sur les vieux sujets affaiblis, un brossage suffit en général à les déloger.

Multiplication

La méthode la plus simple et la plus courante consiste à récupérer les drageons, ces rejets qui partent des racines autour du pied mère. Il suffit d’en déterrer un avec un peu de racine pendant le repos végétatif et de le replanter ailleurs.

Une précaution s’impose toutefois. La plupart des lilas vendus en pépinière sont greffés sur un porte-greffe différent, souvent un lilas commun de semis. Les drageons d’un sujet greffé redonnent alors le porte-greffe, pas la variété achetée. Cette technique ne marche donc à coup sûr que sur un lilas franc de pied, souvent le cas des vieux sujets de famille. Le marcottage à l’entrée du repos, en couchant une branche basse et en enterrant un nœud sous quelques centimètres de terre, fonctionne bien aussi et donne la garantie de retrouver la bonne variété.

Climat et rusticité

Où et sous quel climat elle tient

Le lilas commun est un des arbustes de jardin les plus rustiques qui soient : le bois encaisse -25 à -30 °C sans la moindre protection, ce qui le rend cultivable des zones USDA 3 à 7. Il est à son aise sous un climat continental à hiver franc comme sous un climat océanique tempéré, du moment que le sol draine. Sa vraie exigence n’est pas la chaleur, c’est le froid : le lilas a besoin d’une dormance hivernale marquée pour former ses boutons floraux, et c’est ce passage au froid qui commande la floraison du printemps suivant. Dans les régions à hiver doux, en zone 9 et au-delà, la floraison reste souvent pauvre et clairsemée quelle que soit la conduite ; c’est la limite chaude de l’espèce, pas une erreur de culture. À l’autre bout, le grand froid ne lui pose aucun problème tant que le sol ne reste pas gorgé d’eau : c’est un hiver détrempé, pas un hiver rude, qui fait pourrir ses racines. En terrain lourd, plantez sur une légère butte pour surélever le collet. Il tolère très bien le calcaire, ce qui le rend précieux sur les sols alcalins où beaucoup d’arbustes d’ornement décrochent. La floraison est courte mais intense, quelques semaines à la fin du printemps, et le seul entretien à ne pas négliger reste l’arrachage régulier des drageons, sans quoi le lilas colonise vite tout le massif.

Votre lilas, suivi mois après mois

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRepos complet. C’est une bonne période pour planter un lilas à racines nues si le sol n’est pas gelé. Ne taillez surtout pas maintenant, les boutons floraux sont déjà en place sur le bois de l’an dernier.
FévrierToujours en dormance. Dernière fenêtre confortable pour une plantation à racines nues avant le réveil de la végétation. Repérez les drageons apparus au pied, ils seront plus faciles à arracher avant le plein débourrement.
MarsLes bourgeons gonflent puis éclatent, les premières feuilles pointent. Plantez de préférence en conteneur à partir de maintenant plutôt qu’à racines nues, la reprise est meilleure.
AvrilLe feuillage se développe vite et les grappes de boutons floraux apparaissent, encore fermées et vertes. Vers la fin du mois, les premières fleurs s’ouvrent dans les années précoces.
MaiLa pleine floraison, le grand moment du lilas, avec ce parfum reconnaissable entre tous. Dès que les fleurs commencent à brunir, coupez les grappes fanées juste en dessous, c’est le seul vrai moment de l’année pour tailler.
JuinLa plante met en place le bois qui portera les fleurs de l’an prochain. Arrachez les drageons qui pointent régulièrement autour du pied plutôt que de les laisser s’installer.
JuilletCroissance plus calme, le bois commence à s’aoûter. Un jeune sujet planté cette année ou l’an dernier apprécie un arrosage en cas de sécheresse marquée.
AoûtSurveillez l’apparition d’un feutrage blanc sur les feuilles, signe d’oïdium en fin d’été. Aucun traitement n’est nécessaire, aérez simplement les plantations trop serrées.
SeptembreBonne période pour planter un nouveau lilas en conteneur, le sol est encore chaud et les racines s’installent avant l’hiver. Ne taillez pas, vous supprimeriez les futurs boutons.
OctobreLes feuilles jaunissent et tombent, l’arbuste entre en dormance. C’est aussi une bonne période de plantation, à racines nues ou en conteneur.
NovembreLa plantation à racines nues redevient possible et c’est la meilleure période pour déterrer et replanter les drageons. Paillez le pied des sujets plantés récemment.
DécembreRepos hivernal complet. Le froid qui s’installe maintenant est justement ce dont le lilas a besoin pour bien fleurir au printemps prochain.

Les astuces de Green Hub

  • Ne taillez jamais le lilas en hiver ou au début du printemps. Les boutons floraux de l’année sont déjà formés sur le bois de l’an dernier, vous couperiez la floraison à venir.
  • Coupez les grappes fanées juste après la floraison. C’est le seul geste de taille qui compte vraiment, et il favorise une belle floraison l’année suivante.
  • Plantez-le en plein soleil, jamais à l’ombre. Un lilas ombragé survit très bien mais fleurit à peine, c’est de loin l’erreur la plus fréquente.
  • Arrachez les drageons dès qu’ils apparaissent au pied, sinon ils envahissent tout le massif. Sur un sujet greffé, ils ne redonnent d’ailleurs pas la variété achetée.

Mise à jour le

Comment cette fiche est écrite

Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.