Pothos (lierre du diable)

Epipremnum aureum

Plante d’intérieurFamille : Araceae (Aracées)Difficulté : FacileToxicité : voir fiche

Le pothos (Epipremnum aureum), aussi appelé lierre du diable, est une liane tropicale des îles Salomon devenue la plante d’intérieur la plus indulgente qui soit. On la surnomme lierre du diable parce qu’elle survit presque à tout, y compris à l’oubli d’arrosage et à la pénombre. Dès que l’hiver descend sous zéro, elle se cultive en pot à l’intérieur : elle ne tolère aucune gelée, mais elle encaisse sans broncher la faible lumière de la mauvaise saison, ce qui en fait la plante idéale pour débuter.

Exposition et lumière

Le pothos accepte presque toutes les expositions, de la lumière vive tamisée jusqu’à un coin assez sombre. À la lumière vive filtrée, les variétés panachées gardent leurs belles marbrures crème ou jaunes. Dans la pénombre, la plante continue de pousser mais ses feuilles reverdissent et perdent leurs dessins.

Évitez seulement le soleil direct de l’été, qui décolore et brûle le feuillage. C’est justement sa tolérance à l’ombre qui fait du pothos un candidat parfait pour les pièces peu lumineuses, et pour les hivers courts et gris des latitudes tempérées, là où d’autres plantes s’étiolent.

Arrosage

Laissez sécher la moitié supérieure du pot avant de réarroser. Le pothos préfère largement un léger manque d’eau à un excès : c’est une des rares plantes qui vous pardonne un oubli, mais jamais un arrosage de trop. Comptez un arrosage par semaine en été, un tous les dix à quinze jours en hiver.

La plante vous prévient elle-même. Quand ses feuilles se ramollissent et pendent, elle a soif : un bon arrosage la redresse en quelques heures. Des feuilles qui jaunissent en masse, au contraire, signalent presque toujours un excès d’eau. Videz toujours la soucoupe après avoir arrosé.

Sol et rempotage

Un terreau pour plantes vertes classique, léger et bien drainé, suffit amplement. Ajoutez une poignée de perlite si votre terreau est lourd, pour que l’eau s’évacue vite. Le pot doit être percé.

Le pothos se contente longtemps d’un pot un peu juste. Rempotez au printemps tous les deux ou trois ans, ou quand les racines sortent par les trous de drainage, dans un contenant à peine plus grand. Inutile de le dépoter chaque année, il pousse très bien à l’étroit.

Température et humidité

La plage confortable va de 18 à 26 degrés. En dessous de 10 degrés, la croissance s’arrête et les feuilles peuvent noircir. Le pothos ne supporte aucune gelée et déteste les courants d’air froid.

Sous notre climat, l’hiver pose surtout un problème d’air sec plus que de froid, car la plante vit à température de pièce. L’air asséché par le chauffage central de novembre à mars peut brunir la pointe des feuilles. Un pothos posé sur une étagère au-dessus d’un radiateur souffre : décalez-le, ou brumisez-le de temps en temps. C’est une contrainte mineure comparée à sa tolérance générale.

Taille et entretien

Taillez sans crainte au printemps ou en été pour densifier la plante. Coupez une tige juste au-dessus d’un noeud, cette petite bosse d’où partent une feuille et une racine : la plante repartira en deux pousses sous la coupe et deviendra plus fournie.

Ne jetez pas les morceaux coupés, ils se bouturent tout seuls. Vous pouvez aussi rediriger les longues tiges retombantes vers le haut le long d’un tuteur de mousse : le pothos est une liane grimpante, et sur un support ses feuilles deviennent nettement plus grandes qu’en suspension.

Maladies et nuisibles

Le pothos est très peu sujet aux maladies. Les rares ennuis viennent des cochenilles farineuses, petits amas cotonneux aux aisselles, favorisées par l’air sec de l’hiver. Un coton imbibé d’alcool à brûler dilué en vient facilement à bout.

Le vrai danger reste l’excès d’eau. Des tiges qui noircissent à la base et des feuilles qui jaunissent en nombre annoncent une pourriture des racines. Sortez la motte, coupez les racines molles et brunes, laissez sécher, et rempotez dans un terreau neuf. Mieux vaut un pothos un peu assoiffé qu’un pothos noyé.

Multiplication

C’est l’une des plantes les plus faciles à bouturer. Coupez une tige de dix centimètres portant au moins un noeud et une feuille, retirez la feuille du bas, et plongez le noeud dans un verre d’eau claire. Changez l’eau chaque semaine : des racines apparaissent en une à deux semaines.

Dès que les racines atteignent quelques centimètres, rempotez la bouture en terre. Vous pouvez planter plusieurs boutures dans le même pot pour obtenir une plante bien touffue plus vite. Une bouture sans noeud ne fera jamais de racines, c’est le noeud qui compte, pas la feuille.

Toxicité

Toute la plante contient des cristaux d’oxalate de calcium. Mâchée, une feuille irrite fortement la bouche, la langue et la gorge. Tenez le pothos hors de portée des chats, des chiens et des jeunes enfants, d’autant qu’il pend souvent à hauteur de curieux.

Climat et rusticité

Où et sous quel climat elle tient

Le pothos tient entre 10 et 32 °C et donne le meilleur de lui-même entre 18 et 29 °C. Sous 10 °C il stagne, et une exposition prolongée en dessous le marque durablement ; la moindre gelée le tue. En pleine terre, il ne se cultive que sous un climat sans gel, zones USDA 10 à 12, où il devient d’ailleurs une liane envahissante qu’il vaut mieux contenir. Partout où l’hiver passe sous zéro, c’est une plante d’intérieur à l’année.

Sa vraie force est de traverser la saison sombre sans se plaindre. Là où beaucoup de plantes s’étiolent quand le jour tombe à huit heures, le pothos continue tranquillement, et une fenêtre au nord lui suffit. Il accepte même l’éclairage artificiel d’un bureau. En contrepartie, plus la lumière baisse, plus son panachage s’efface au profit du vert uni : c’est le prix à payer, pas une maladie.

L’air chauffé, lui, brunit la pointe de ses feuilles. Il se contente de 40 à 70 % d’humidité, donc d’un logement ordinaire, mais il n’aime ni être posé sur un radiateur, ni le courant d’une climatisation. En hiver, dans peu de lumière, il boit beaucoup moins : laissez sécher le premier centimètre du substrat avant chaque arrosage, et souvenez-vous qu’il pardonne toujours mieux la sécheresse que l’excès d’eau.

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRepos léger. Arrosez tous les 12 à 15 jours, quand la moitié haute du pot a séché. Éloignez la plante de l’air brûlant du radiateur.
FévrierToujours au ralenti. Surveillez les cochenilles favorisées par l’air sec. Un chiffon humide sur les feuilles fait du bien.
MarsLa croissance repart avec la lumière. Reprenez un arrosage un peu plus régulier. Bon moment pour rempoter si les racines débordent.
AvrilPleine reprise. Taillez pour densifier, bouturez les morceaux coupés. Première fertilisation légère de l’année.
MaiCroissance active. Arrosez environ une fois par semaine. Fertilisez tous les 15 jours avec un engrais plantes vertes dilué.
JuinBelle pousse. Guidez les longues tiges sur un tuteur de mousse pour de plus grandes feuilles, ou laissez-les retomber.
JuilletPlein été. Arrosez dès que la surface a séché. Évitez le soleil direct qui décolore le feuillage panaché.
AoûtCroissance encore soutenue. Continuez l’engrais léger. C’est le bon moment pour multiplier par boutures d’eau.
SeptembreLa pousse ralentit avec la lumière déclinante. Espacez un peu les arrosages et allégez la fertilisation.
OctobreEntrée dans la saison calme. Dernière fertilisation légère. Nettoyez le feuillage avant l’hiver.
NovembreRepos. Réduisez l’eau, coupez l’engrais. Rapprochez la plante d’une fenêtre pour capter la faible lumière du jour.
DécembreRepos hivernal. Arrosez avec parcimonie. Tenez le pot loin du radiateur pour éviter les pointes brunes.

Les astuces de Green Hub

  • Le pothos vous parle : des feuilles molles et pendantes veulent de l’eau et se redressent en quelques heures après un arrosage.
  • Pour de plus grandes feuilles, faites-le grimper sur un tuteur de mousse plutôt que de le laisser retomber : c’est une liane, pas une plante tombante.
  • Plantez plusieurs boutures dans un même pot pour obtenir une plante bien fournie beaucoup plus vite qu’avec un seul plant.
  • En cas de doute, n’arrosez pas. Le pothos pardonne l’oubli mais rarement l’excès d’eau.