Bien arroser ses plantes : décider plutôt que suivre une fréquence
Bien arroser, ce n’est pas trouver la bonne fréquence, c’est apprendre à décider : un arrosage utile mouille toute la zone racinaire, puis on laisse le sol ressuyer avant le suivant. La faute la plus répandue va toujours dans le même sens, de petites doses trop rapprochées qui n’humidifient que les premiers centimètres et fabriquent un enracinement de surface. Le trop et le pas assez donnent d’ailleurs les mêmes feuilles molles : seul l’état du sol en profondeur tranche.
Pour bien arroser, oubliez la fréquence et raisonnez en volume et en profondeur. Un arrosage réussi descend jusqu’au bas des racines, puis on attend que la couche supérieure sèche : c’est ce qui pousse les racines vers le bas et rend la plante autonome. Un petit apport quotidien, lui, ne mouille que deux ou trois centimètres de sol, concentre les racines en surface et maintient le fond du pot saturé, où l’oxygène disparaît en quelques heures. Comme une plante asphyxiée flétrit exactement comme une plante assoiffée, on ne décide jamais sur la mine du feuillage : doigt enfoncé sur 3 à 5 cm en pot, poids du pot, trou de 20 cm en pleine terre. La dose se règle ensuite sur la texture du sol, le contenant et le stade de la plante, jamais sur le calendrier.
Arroser plus souvent ne veut pas dire arroser mieux
Le réflexe du débutant est toujours le même : un peu d’eau chaque jour ou presque. La physique du sol dit l’inverse. L’eau ne se répartit pas dans la terre, elle descend en front d’humidité depuis la surface : au-dessus du front la terre est mouillée, en dessous elle reste rigoureusement aussi sèche qu’avant. Un litre par mètre carré vaut un millimètre de lame d’eau, et 25 mm apportés d’un coup descendent d’environ 30 cm dans un sol sableux, 18 cm dans un limon et seulement 10 à 12 cm dans une argile. Un arrosoir de deux litres répandu sur un mètre carré humidifie donc un à deux centimètres et demi de terre. Les racines situées en dessous ne voient jamais cette eau.
Répété des semaines, ce geste fabrique le problème qu’il croit résoudre. Les racines poussent là où l’eau et l’air coexistent : si la seule zone humide est la surface, tout le système racinaire s’y installe. Les essais sur gazon sont sans ambiguïté, un arrosage profond et espacé donne un enracinement plus profond et une meilleure tenue en période sèche qu’un arrosage quotidien. La plante devient dépendante de vous : trois jours chauds d’absence et elle s’effondre.
La règle qui remplace la fréquence tient en une phrase : détremper toute la zone racinaire, puis attendre que les premiers centimètres sèchent. Deux exceptions seulement, les semis et boutures dont la racine vit entièrement dans la couche superficielle, et le petit contenant en saison chaude, où le substrat est à lui seul toute la zone racinaire et passe de saturé à sec en une journée.
Ce que l’eau fait vraiment dans le sol
Après un arrosage copieux, la gravité vide les plus gros pores en vingt-quatre à quarante-huit heures ; ce qui reste retenu par capillarité, c’est la capacité au champ, le réservoir plein. Quand les racines ont extrait tout ce qu’elles pouvaient, on atteint le point de flétrissement permanent. L’écart entre les deux, la réserve utile, est le seul chiffre qui compte. Un sol sableux n’a pas davantage soif qu’un autre, son réservoir est plus petit : 60 à 100 mm d’eau utilisable par mètre de sol, contre 150 à 200 mm pour un limon ou une argile. Même demande, réservoir deux fois moindre, donc des apports plus rapprochés et plus modestes : c’est le seul cas où la fréquence répond.
La vitesse d’infiltration est l’autre moitié de l’histoire. Une argile absorbe lentement : versée trop vite, l’eau ruisselle ou stagne en flaque. Deux passages d’un quart d’heure règlent le problème, le premier lève la résistance, le second pénètre. Un sol sableux fait l’inverse, tout traverse, et ce qui descend sous les racines est perdu.
| Sol | Réserve utile par mètre de sol | Profondeur mouillée par 25 mm d’eau | Ce que ça impose | Erreur classique |
|---|---|---|---|---|
| Sableux | 60 à 100 mm | Environ 30 cm | Doses modérées, rapprochées | Un apport massif qui file sous les racines |
| Limoneux | 150 à 200 mm | Environ 18 cm | Gros apports, bien espacés | Se croire à l’abri sans jamais vérifier |
| Argileux | 150 à 200 mm, en partie inaccessibles | 10 à 12 cm | Deux passages espacés d’un quart d’heure | Verser vite : l’eau ruisselle ou stagne |
| Terreau en pot | Volume fermé, aucune réserve autour | Toute la motte en un arrosage | Arroser jusqu’à écoulement, puis vider | Un verre qui ne mouille que le haut |
L’évapotranspiration donne le vrai calendrier, valable sous tous les climats et dans les deux hémisphères. Elle tourne autour de 1 mm par jour à la saison froide en climat tempéré, monte à 4 à 6 mm par jour au cœur de la saison de croissance, et atteint 5 à 8 mm par temps chaud, sec et venté. Un massif perd donc 4 à 6 litres par mètre carré et par jour en pleine période, et presque rien quand la végétation ralentit.
La plante noyée a exactement l’air d’avoir soif
Les racines respirent, et tout est là. L’oxygène diffuse environ dix mille fois plus lentement dans l’eau que dans l’air. Dès que les pores du sol sont pleins d’eau, les échanges gazeux s’arrêtent, et l’oxygène dissous restant est consommé en quelques heures par les racines et par les micro-organismes du sol. Privée d’oxygène, une racine cesse d’absorber activement l’eau. Le résultat est contre-intuitif : la plante flétrit les pieds dans l’eau, et le feuillage ne distingue pas les deux situations.
Vient ensuite l’infection. Les agents de la pourriture racinaire, Pythium et Phytophthora, produisent des spores mobiles qui se déplacent dans les films d’eau : c’est l’engorgement qui les amène jusqu’à des racines déjà affaiblies. Les racines brunissent et ramollissent, leur enveloppe se détache entre les doigts en laissant un filament central, le collet fonce et devient visqueux, une odeur d’eau croupie monte du pot, et le jaunissement commence par les feuilles du bas. La soif donne l’inverse : racines fermes mais sèches et cassantes, motte rétractée qui se décolle de la paroi, bords de feuilles secs et craquants.
En cas d’excès avéré, le pire geste est d’ajouter de l’eau. On dépote, on coupe au propre tout ce qui est mou, on rempote dans un substrat neuf à peine humide, sans engrais, dans un endroit lumineux mais pas brûlant. L’asymétrie entre les deux accidents mérite d’être retenue : une plante assoiffée se relève en quelques heures après un bon arrosage, une plante noyée met des semaines et souvent n’y arrive pas. C’est tout l’argument pour pécher par la sécheresse avec ce qui stocke de l’eau, aloe-vera, sansevieria, zamioculcas, echeveria, cactus-de-noel. Même un pothos, un peperomia ou un pilea meurt plus souvent noyé que desséché.
Quatre tests qui remplacent le calendrier
Le test du doigt reste le premier réflexe : l’index enfoncé sur 3 à 5 cm dans un pot, on arrose si c’est sec, on attend sinon. Sa limite est qu’il ne renseigne que sur la couche du dessus, celle qui sèche la première et qui ment le plus. La baguette comble ce trou : un pic à brochette enfoncé jusqu’au fond du pot, laissé trente secondes, puis retiré. Sombre et couvert de substrat collé, c’est humide en profondeur ; propre et sec, la motte est sèche jusqu’en bas.
Le poids du pot est le plus fiable des indicateurs, et le moins utilisé. L’eau est lourde, un litre pèse un kilo, et un pot de cinq litres qui a consommé la moitié de sa réserve a perdu plusieurs centaines de grammes, ce qui se sent immédiatement. Soupesez une fois juste après le ressuyage, puis une fois au moment où la plante réclame vraiment : la comparaison devient instantanée, y compris à travers un cache-pot.
En pleine terre, seul un transplantoir répond : on creuse un trou de 20 à 25 cm à côté de la plante et on regarde. La surface peut être en poussière alors que la zone racinaire est encore à capacité au champ, et l’inverse est vrai après une averse de 5 mm qui n’a mouillé que le paillage. Quant aux sondes à deux pointes métalliques, elles mesurent la conductivité et non l’eau : les sels d’engrais leur font annoncer humide, un terreau neuf leur fait annoncer sec, et les électrodes se corrodent. À employer comme comparateur sur un même pot, jamais comme valeur absolue.
Lire les feuilles sans se faire piéger
Les signaux foliaires sont tardifs et ambigus, ce qui en fait de mauvais déclencheurs. Le cas le plus trompeur est le flétrissement de milieu de journée. Une courgette, un hortensia, une tomate s’affaissent au plus fort du soleil alors que le sol est parfaitement humide, parce que la transpiration dépasse un moment ce que les racines peuvent absorber : la plante replie ses feuilles pour réduire sa surface exposée, c’est une protection, pas une détresse. Le verdict se rend au petit matin. Encore molle au lever du jour, la plante a un vrai problème ; redressée, l’arrosage de quatorze heures n’aurait fait qu’ajouter un excès.
La couleur se lit avec la même prudence. Un jaunissement mou qui remonte depuis les feuilles les plus basses, substrat encore humide, pointe vers l’excès. Des bords secs et craquants qui s’effritent pointent vers le manque, ou vers une accumulation de sels. Un limbe qui jaunit alors que les nervures restent franchement vertes n’a rien à voir avec la soif : c’est une chlorose ferrique, le fer étant bloqué par un sol ou une eau calcaire, cas classique chez la myrtille et l’hortensia arrosés en eau dure.
Enfin, le contexte l’emporte sur la feuille. Un ficus qui perd son feuillage après un rempotage réagit au changement, et arroser davantage l’achève. Une laitue ou un fraisier, enracinés dans les quinze premiers centimètres, décrochent bien avant une tomate installée deux fois plus profond, sur le même sol au même moment. La feuille dit qu’il se passe quelque chose, le substrat dit quoi.
Pot et pleine terre : deux physiques, deux gestes
En pleine terre, le sol joue le rôle de tampon. L’eau s’infiltre, la capillarité la redistribue latéralement, et les racines vont la chercher. Sur un arbre ou un grand arbuste, l’essentiel du système racinaire, de l’ordre de 90 %, se tient dans les 60 premiers centimètres, mais il s’étend sur deux à trois fois la largeur du houppier. Arroser au pied du tronc d’un laurier-cerise ou d’un olivier établi n’arrose donc pratiquement rien : c’est à l’aplomb du feuillage et au-delà qu’il faut verser.
Un pot est un volume fermé, sans continuité capillaire avec le sol, et deux conséquences y sont sous-estimées. D’abord, au fond de tout contenant existe une zone saturée dont l’épaisseur dépend du substrat employé, pas de la hauteur du pot : à substrat identique, une coupe large et basse reste donc proportionnellement bien plus humide qu’un pot haut. Ensuite, le matériau fixe le rythme : une terre cuite non émaillée sèche bien plus vite qu’un plastique ou une céramique vernissée. Les trous d’évacuation ne se négocient pas, et la soucoupe se vide dix minutes après l’arrosage.
Le troisième piège est propre au pot. Un substrat de tourbe ou de coco desséché à cœur devient hydrophobe et se rétracte : l’eau emprunte alors l’espace libre entre la motte et la paroi et ressort par le fond en quelques secondes sans rien avoir mouillé. L’arrosoir est vide, le pot est resté léger, et la plante décline alors qu’on jurerait l’avoir arrosée. Seule solution, le bassinage : poser le pot dans quelques centimètres d’eau tiède vingt à trente minutes, jusqu’à ce que les bulles cessent, puis laisser égoutter.
| Situation | Ce qu’on vérifie | Signal du bon moment | Dose et rythme | Piège propre à ce cas |
|---|---|---|---|---|
| Semis et boutures | Le premier centimètre | La surface commence à blanchir | Peu, souvent, en pluie fine | Un jet qui déchausse les graines |
| Pot d’intérieur, saison froide | Le poids du pot | Nettement plus léger qu’après ressuyage | À fond, puis dix à vingt jours | Garder le rythme d’été |
| Pot dehors, saison chaude | Le doigt à 3 cm, puis le poids | Sec sur 3 cm et pot léger | Jusqu’à écoulement, parfois chaque jour | Une soucoupe pleine laissée au soleil |
| Plantation de l’année | La motte, pas la terre autour | Motte sèche à 10 cm | Copieux, espacé, sur la motte et au-delà | Peu et souvent : la motte reste sèche |
| Massif établi en pleine terre | Le sol à 20 cm, au transplantoir | Sec à 20 cm après des semaines sans pluie | Un gros apport, puis une à deux semaines | Arroser au pied du tronc |
| Potager en production | Le sol à 15 cm sous le paillage | Sec sous le paillage | Régulier plutôt qu’abondant, au pied | Alterner sécheresse et gros arrosage |
| Aromatiques sèches et plantes grasses | Le substrat à cœur | Complètement sec à cœur | À fond, puis dessèchement complet | Traiter thym et lavande comme un basilic |
Le stade de la plante commande la dose
Chez le semis et la bouture, la racine mesure un à deux centimètres et vit dans la couche que le soleil sèche en premier : ici, et uniquement ici, peu et souvent est le bon geste, en pluie très fine ou par le bas. Contre-intuitif à ce stade, l’eau de pluie stockée est le mauvais choix : une cuve peut héberger Pythium et Phytophthora, agents de la fonte des semis, et l’eau du réseau est plus sûre pour les jeunes plants.
Une plantation de l’année vit encore sur la motte avec laquelle elle est arrivée. Le manque d’eau pendant les deux premières saisons est la cause principale des reprises ratées chez les arbres et arbustes, et un sujet déjà développé peut demander deux à trois saisons avant d’être autonome. La bonne pratique est copieuse et espacée : verser sur la motte et un peu au-delà pour appeler les racines vers l’extérieur, maintenir une cuvette, garder un cercle d’environ 1,2 m libre de concurrence. À l’opposé, un arbuste établi ne demande rien en dehors d’une sécheresse prolongée.
En production, c’est la régularité qui compte, pas le total. La nécrose apicale de la tomate et du poivron, ces fonds de fruits noircis, n’est pas un manque de calcium dans le sol mais un défaut de transport du calcium provoqué par des apports d’eau irréguliers. Le même mécanisme explique l’éclatement : un gros arrosage après une période sèche fait gonfler la chair plus vite que l’épiderme ne peut s’étendre, et la tomate comme la carotte se fendent. Enfin, à la saison froide et sous faible lumière, une plante d’intérieur cesse de pousser : garder le rythme de la belle saison est la première cause de mortalité des monstera-deliciosa et spathiphyllum d’appartement.
L’eau elle-même : dureté, sodium, température
La dureté se mesure en carbonate de calcium : sous 60 mg par litre l’eau est douce, de 60 à 120 moyennement dure, de 120 à 180 dure, au-delà de 180 très dure. Les unités changent selon les pays : un degré français vaut 10 mg par litre, un degré allemand 17,8 mg. Mais le paramètre qui agit sur le substrat n’est pas la dureté, c’est l’alcalinité, autrement dit la teneur en bicarbonates. Au-delà d’environ 60 mg par litre, chaque arrosage se comporte comme un petit chaulage : le pH du substrat monte, le fer et le manganèse deviennent indisponibles, et le feuillage jaunit entre des nervures restées vertes.
Les plantes de terre acide paient en premier, au jardin la myrtille et l’hortensia, en intérieur le calathea, l’orchidée et la fougere-de-boston. L’eau de pluie règle le problème : quasiment dépourvue de calcium, naturellement un peu acide, autour de pH 5,5 à 6. Deux règles absolues côté robinet. Ne jamais arroser avec l’eau d’un adoucisseur domestique, qui échange le calcium contre du sodium : celui-ci s’accumule dans le substrat, brûle les extrémités racinaires et dégrade la structure du sol, d’où l’intérêt d’une prise extérieure en amont de l’appareil. Et relativiser le chlore : les quelques dixièmes de milligramme par litre de l’eau potable n’abîment pas les plantes de jardin, et s’évaporent en une journée dans un arrosoir ouvert. La chloramine, employée de plus en plus à sa place, ne s’évapore pas : il faut alors un filtre à charbon actif, ou l’eau de pluie.
Reste la température : une eau nettement plus froide que le substrat ralentit l’absorption et marque parfois le feuillage des tropicales, d’où l’intérêt de remplir l’arrosoir la veille.
| Paramètre | Ordre de grandeur | Qui le remarque | Quoi faire |
|---|---|---|---|
| Dureté, en carbonate de calcium | Douce sous 60 mg/L, dure de 120 à 180, très dure ensuite | Dépôts blancs sur substrat et feuillage | Eau de pluie pour les acidophiles |
| Alcalinité, les bicarbonates | Au-delà de 60 mg/L, agit comme un chaulage | Myrtille, hortensia, calathea, orchidée | Eau de pluie, substrat acide renouvelé |
| Sodium de l’eau adoucie | Le calcium y est remplacé par du sodium | Bords de feuilles brûlés, sol dégradé | Jamais d’eau adoucie : prise en amont |
| Chloramine | Stable, contrairement au chlore : ne s’évapore pas | Cultures très sensibles | Charbon actif, ou eau de pluie |
| Température de l’eau | Plus froide que le substrat, elle freine l’absorption | Tropicales d’intérieur | Remplir l’arrosoir la veille |
| Eau de pluie stockée | pH proche de 5,5 à 6, sans calcaire | Semis, vulnérables à la fonte | Acidophiles oui, semis au réseau |
Le geste : quand, comment, avec quoi
Le matin est le meilleur compromis, pour trois raisons : l’évaporation est au plus bas, le feuillage sèche pendant la journée, et la plante aborde les heures chaudes le réservoir plein. Le soir arrive en second par forte chaleur, mais il laisse le feuillage humide toute la nuit, ce qu’attendent le mildiou, l’oïdium et le botrytis : on arrose alors au pied.
Quant à la goutte d’eau qui ferait loupe et brûlerait les feuilles au soleil, la question a été mesurée et modélisée : sur une feuille lisse, la goutte s’étale et son foyer optique tombe sous le limbe, donc aucune brûlure n’est possible. Le phénomène ne devient réel que sur des feuilles velues, dont les poils maintiennent la goutte en sphère au-dessus de la surface. La raison d’éviter le plein midi n’est pas optique mais pratique : on perd beaucoup en évaporation, et le premier jet d’un tuyau resté au soleil sort brûlant. Une plante réellement en détresse à quatorze heures s’arrose à quatorze heures.
Côté matériel, l’arrosoir à pomme fine sert aux semis, l’arrosoir sans pomme et au pied à tout le reste. Une ligne de goutte-à-goutte délivre couramment 2 litres par heure et par goutteur, ce qui rend la dose calculable ; un tuyau poreux se pose tous les 30 à 45 cm en plantation dense. L’asperseur, lui, perd beaucoup dans l’air et mouille le feuillage. Enfin, 5 à 7 cm de paillage posés sur un sol déjà humide réduisent fortement l’évaporation du sol nu, de 40 à 90 % selon le matériau, à condition de dégager le collet. Menthe et hosta, qui acceptent un sol frais en permanence, en profitent le plus ; thym, romarin et lavande s’en passent.
Les pièges classiques à éviter
PiègeDonner un petit verre d’eau tous les jours, par précaution.
Pourquoi :Deux litres répartis sur un mètre carré n’humidifient qu’un à deux centimètres et demi de sol, moins encore en terre argileuse : sous cette couche, la terre reste aussi sèche qu’avant. Les racines s’installent là où l’eau arrive, en surface, et la plante ne tient plus trois jours chauds sans vous.
La bonne pratique :Arroser à fond, jusqu’à mouiller toute la zone racinaire, puis attendre que les premiers centimètres sèchent. Vérifier une fois au transplantoir jusqu’où l’eau descend : c’est le seul étalonnage de son arrosoir.
PiègeRajouter de l’eau à une plante qui flétrit, sans avoir touché le substrat.
Pourquoi :L’asphyxie racinaire donne le même flétrissement que la soif : privées d’oxygène, les racines cessent d’absorber et le feuillage retombe alors que la motte est gorgée d’eau. Un arrosage de plus achève la plante.
La bonne pratique :Toucher avant de verser. Substrat détrempé, collet sombre, odeur d’eau croupie, racines molles : dépoter, couper au propre, rempoter dans un substrat neuf à peine humide et attendre le redémarrage.
PiègeArroser un pot desséché et croire que c’est fait parce que l’eau ressort par le fond.
Pourquoi :Une tourbe ou une fibre de coco desséchée à cœur devient hydrophobe et se rétracte. L’eau emprunte l’espace libre entre la motte et la paroi et ressort en quelques secondes sans rien mouiller. Le pot reste léger et la plante décline alors qu’on jurerait l’avoir arrosée.
La bonne pratique :Bassiner : poser le pot dans quelques centimètres d’eau tiède vingt à trente minutes, jusqu’à ce que les bulles cessent, puis laisser égoutter. Et ne plus laisser la motte atteindre ce stade.
PiègeCompter sur une couche de billes d’argile pour compenser un cache-pot fermé ou un contenant non percé.
Pourquoi :Une couche drainante ne crée aucune sortie : l’eau excédentaire s’accumule au fond et remonte dans le substrat, là où sont les racines. Tout contenant possède déjà à sa base une zone saturée dont l’épaisseur dépend du substrat, pas de la hauteur du pot, et un cache-pot plein d’eau ne fait que l’épaissir.
La bonne pratique :Percer, ou cultiver dans un pot intérieur que l’on sort pour arroser. Arroser jusqu’à écoulement franc, puis vider la soucoupe ou le cache-pot dans les dix minutes.
PiègeConserver le rythme d’arrosage de la belle saison quand la demande s’effondre.
Pourquoi :L’évapotranspiration passe de 4 à 6 mm par jour en pleine croissance à environ 1 mm à la saison froide, et une plante d’intérieur sous faible lumière cesse de pousser. Même quantité apportée, consommation divisée par cinq ou dix : le substrat reste saturé des semaines, et la pourriture s’installe.
La bonne pratique :Repasser en mode vérification : soupeser le pot ou enfoncer une baguette avant chaque arrosage, et accepter d’espacer à dix, quinze ou vingt jours. Reprendre un rythme soutenu quand la croissance repart.
Les fiches d’entretien à consulter
Chaque plante citée a sa fiche complète : arrosage, exposition, sol, maladies et calendrier mois par mois.
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Questions fréquentes
À quelle fréquence faut-il arroser ses plantes ?
Il n’existe pas de bonne fréquence, et c’est le piège. La même plante peut réclamer de l’eau chaque jour dans un petit pot en saison chaude et une fois par mois à l’intérieur quand la lumière baisse. Ce qui se fixe, ce n’est pas le rythme mais la règle : arroser à fond quand la zone racinaire est sèche, puis attendre. Vérifiez au doigt sur 3 à 5 cm en pot, au poids du pot, ou au transplantoir en pleine terre.
Comment savoir si j’arrose trop ou pas assez ?
Pas par les feuilles : molles et jaunissantes, elles disent la même chose dans les deux cas. Regardez le substrat et les racines. Terre détrempée, collet sombre, odeur d’eau croupie, racines brunes et molles dont l’enveloppe se détache : excès. Terre rétractée, sèche à 20 cm, racines fermes mais cassantes, bords de feuilles craquants : manque. Un critère tranche : une plante assoiffée se relève en quelques heures, une plante noyée met des semaines.
Combien d’eau faut-il donner à chaque arrosage ?
Assez pour mouiller toute la profondeur des racines, ce qui dépend du sol. Vingt-cinq millimètres, soit 25 litres par mètre carré, descendent d’environ 30 cm en sol sableux, 18 cm en limon et seulement 10 à 12 cm en argile. En pot, le repère est visuel : on arrose jusqu’à écoulement franc par les trous du fond, puis on vide la soucoupe. Creusez une fois juste après avoir arrosé pour voir jusqu’où l’eau est descendue.
Faut-il arroser le matin ou le soir, et le soleil brûle-t-il les feuilles mouillées ?
Le matin est le meilleur compromis : peu d’évaporation, feuillage qui sèche dans la journée, donc moins de maladies fongiques. Le soir limite l’évaporation par forte chaleur mais laisse le feuillage humide la nuit ; arrosez alors au pied. Quant aux gouttes qui feraient loupe, la mesure a tranché : sur une feuille lisse, le foyer tombe sous le limbe et aucune brûlure n’est possible. Seules les feuilles velues, qui tiennent la goutte en sphère, sont concernées.
Eau de pluie ou eau du robinet ?
Pour l’essentiel du jardin, l’eau du robinet convient très bien. Elle devient utile quand l’eau du réseau est dure, au-delà de 120 mg par litre de carbonate de calcium, et surtout riche en bicarbonates : chaque arrosage agit alors comme un chaulage, que les plantes de terre acide ne supportent pas. Réservez-la à la myrtille, à l’hortensia, au calathea et à l’orchidée. Jamais d’eau d’adoucisseur, qui remplace le calcium par du sodium, et l’eau du réseau pour les semis.
Comment gérer deux ou trois semaines d’absence ?
En pleine terre, un arrosage profond avant de partir et 5 à 7 cm de paillage sur sol déjà humide suffisent pour les plantes établies : ce sont les plantations de l’année et le potager en production qui souffrent. En pot, regroupez tout à l’ombre claire et à l’abri du vent, un pot isolé au soleil séchant plusieurs fois plus vite. Bassinez les gros contenants, posez les petits sur un lit de sable humide, et testez un goutte-à-goutte plusieurs jours avant de partir.
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Photographiez une plante : Green Hub l’identifie et écrit sa fiche de soin, sans compte. Connectez-vous ensuite pour garder ses photos datées et son historique dans le temps.
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