Romarin
Salvia rosmarinus

Le romarin (Salvia rosmarinus, longtemps nommé Rosmarinus officinalis) est un arbuste méditerranéen persistant, aux feuilles en aiguilles et au parfum résineux. Contrairement au thym ou à la ciboulette, il n’est que semi-rustique dès qu’on s’éloigne de son climat d’origine : il tient des gelées modérées mais souffre lors des grands froids, surtout si ses pieds sont dans une terre humide. On le réussit en le plantant au sec et au soleil, ou en pot pour pouvoir l’abriter lors des hivers rudes. Un romarin bien placé peut devenir un bel arbuste de plusieurs années.
Exposition et lumière
Le romarin exige le plein soleil et la chaleur. Offrez-lui l’endroit le plus chaud et le plus abrité du jardin, idéalement contre un mur qui reçoit le soleil du milieu et de la fin de journée : il restitue le soir la chaleur emmagasinée et le protège des vents froids dominants. Comptez au moins six heures de soleil direct par jour : en dessous, la floraison se raréfie, le port s’étiole et le feuillage perd de son parfum.
Cette exposition chaude a un double intérêt sous un climat frais : elle favorise sa croissance en été et lui donne les meilleures chances de passer l’hiver, en le tenant au sec et en gagnant quelques degrés au pied du mur. En pot, placez-le au soleil et prévoyez de pouvoir le déplacer à l’abri en hiver.
Le choix de la variété oriente aussi l’usage de cette exposition. Les romarins dressés comme 'Miss Jessopp’s Upright', au port colonnaire pouvant atteindre deux mètres, forment une haie basse dense contre un mur chaud ou en isolé, et encaissent mieux le vent une fois bien enracinés. À l’inverse, les formes prostrées comme 'Prostratus' donnent leur plein effet en cascade sur un muret ou dans un grand pot placé en plein soleil, où la chaleur réfléchie par la pierre ou la terre cuite accélère leur floraison.
Arrosage
Le romarin, comme les autres plantes de garrigue, redoute l’excès d’eau bien plus que le manque. Une fois installé en pleine terre depuis deux ou trois saisons, il se contente le plus souvent de l’eau du ciel et ne réclame un arrosage qu’en cas de sécheresse marquée et prolongée. Un romarin qui jaunit et dépérit souffre bien plus souvent d’un sol détrempé que de soif, l’erreur de débutant classique étant d’arroser par habitude plutôt que de vérifier l’état réel du sol.
L’erreur inverse guette tout autant : un jeune plant fraîchement mis en terre, aux racines encore courtes, a besoin d’un arrosage régulier le temps de bien s’installer, généralement sur sa première saison complète. Mieux vaut alors un arrosage copieux mais espacé, qui pousse les racines à descendre en profondeur, qu’un apport léger et fréquent qui les maintient en surface et fragilise la plante au moindre coup de chaud.
En pot, laissez sécher le substrat sur plusieurs centimètres en surface entre deux arrosages, et posez toujours le contenant sur des pieds ou des cales pour que l’eau s’évacue librement de la soucoupe. En hiver, réduisez fortement : un pot gorgé d’eau et gelé est la cause la plus fréquente de perte du romarin sous un hiver pluvieux.
Sol et rempotage
Le drainage est le point non négociable. Le romarin veut un sol léger, caillouteux ou sableux, plutôt pauvre et calcaire, où l’eau ne stagne jamais, même quelques heures. Une terre lourde et argileuse, humide tout l’hiver, lui est fatale à plus ou moins court terme.
Côté pH, le romarin se sent chez lui dans un sol neutre à franchement alcalin, entre 6,5 et 8, et tolère très bien le calcaire actif qui fait fuir tant d’autres aromatiques. Un sol acide et détrempé, à l’opposé de son terrain d’origine, ralentit sa croissance et le rend plus sensible aux maladies racinaires.
En terrain lourd, plantez-le sur une butte surélevée de vingt à trente centimètres, incorporez du gravier ou du sable grossier sur toute la profondeur de plantation, ou cultivez-le en grand pot avec un substrat drainant et une épaisse couche de drainage au fond. Évitez les apports riches en azote et le compost trop frais, qui produisent des pousses tendres et gorgées d’eau : plus sensibles au gel, elles sont aussi nettement moins parfumées, l’erreur classique du jardinier qui veut trop bien faire.
Température et humidité
C’est le point délicat dès qu’on quitte le climat méditerranéen. Le romarin n’est que semi-rustique : il supporte des gelées modérées, de l’ordre de moins dix à moins douze degrés pour les variétés courantes, mais souffre voire meurt lors des grands froids prolongés, surtout combinés à un sol humide. Ce n’est donc pas une vivace de plein hiver aussi sûre que le thym ou la ciboulette.
Le choix variétal fait une vraie différence. La variété 'Arp', sélectionnée aux États-Unis pour sa résistance au froid, encaisse des froids nettement plus sévères que les romarins ordinaires, de l’ordre de moins quinze à moins dix-huit degrés dans un sol resté sec en hiver, ce qui en fait une option intéressante pour une plantation en pleine terre là où l’hiver descend sous la limite des variétés ordinaires. Les variétés dressées sont par ailleurs un peu plus résistantes que les formes rampantes, dont le feuillage plaqué au sol capte davantage l’humidité stagnante.
Deux stratégies fonctionnent. En pleine terre, plantez-le au pied d’un mur qui reçoit le soleil du milieu de journée, en sol très drainé, et protégez la souche d’un paillage sec et le feuillage d’un voile d’hivernage lors des coups de froid annoncés. Plus sûr encore, cultivez-le en pot que vous rentrez dans un local frais, lumineux et hors gel, une véranda ou une serre froide, pendant les grands froids.
Taille et entretien
Taillez le romarin après la floraison pour le garder compact et éviter qu’il ne se dégarnisse et ne devienne trop ligneux avec l’âge. Rabattez les pousses de l’année d’un tiers maximum, toujours dans la partie verte et souple des tiges, sans jamais couper dans le vieux bois brun et dénudé, qui ne repart pas ou très mal : contrairement à beaucoup d’arbustes, le romarin ne régénère pas de bourgeons dormants sur du bois âgé.
Sur un jeune plant, pincez régulièrement l’extrémité des jeunes pousses, un centimètre ou deux, dès les premières années : ce geste simple, répété au printemps, densifie la ramification depuis la base et retarde l’apparition du bois dur, pour un arbuste plus fourni et plus résistant au vent que s’il avait poussé sans intervention.
Une taille légère et régulière prolonge la vie de l’arbuste et maintient une belle forme sur plusieurs années. Évitez de tailler à l’entrée de l’hiver : les jeunes pousses issues d’une taille tardive seraient tendres et gèleraient les premières. Réservez la taille de structure au printemps et la taille d’entretien juste après la floraison, au début de l’été.
Maladies et nuisibles
Bien placé au sec, le romarin est un arbuste robuste, peu sujet aux maladies. Son principal ennemi sous un hiver humide reste la pourriture des racines et du collet, souvent due au Phytophthora, un champignon du sol qui prospère dans une terre lourde et détrempée. Un pied qui brunit et se dessèche a le plus souvent eu les racines dans l’eau ou a gelé, bien plus rarement subi une véritable attaque parasitaire.
Parmi les ravageurs, le criocère du romarin (Chrysolina americana), un petit coléoptère strié de vert et de violet métallique, peut s’installer. Il ne produit qu’une seule génération par an sous climat tempéré, mais les adultes vivent longtemps et se chevauchent d’une génération à l’autre, si bien qu’on peut en observer presque toute l’année. Les femelles pondent en fin d’été, et les larves grises rayées, actives tout l’hiver sur le feuillage, se nymphosent au printemps avant l’émergence des nouveaux adultes.
L’oïdium feutre parfois les jeunes pousses par temps humide et confiné, surtout sur un plant trop à l’ombre ou trop serré contre ses voisins. Une bonne aération entre les pieds, un sol drainé et une exposition ensoleillée suffisent en général à garder l’arbuste sain sans le moindre traitement, chimique ou non.
Multiplication
Le romarin se multiplie surtout par bouturage semi-ligneux, la méthode la plus fiable et de loin la plus rapide. En été, prélevez des boutures de tiges semi-ligneuses de dix centimètres sur la pousse de l’année, retirez les feuilles du bas et plantez-les dans un mélange sableux maintenu juste humide, à l’abri du soleil direct. L’enracinement prend en général quatre à six semaines, avec un taux de reprise très élevé pour peu que le substrat ne soit jamais détrempé.
Le marcottage réussit tout aussi bien et demande encore moins de matériel : couchez une tige basse et souple sur le sol, couvrez-la de terre en laissant dépasser l’extrémité, elle s’enracine seule en quelques mois sans se détacher du pied mère tant qu’elle n’a pas repris.
Le semis est possible mais nettement moins satisfaisant : la germination est lente et irrégulière, généralement deux à quatre semaines, avec un taux de levée naturellement faible, et les plants obtenus ne sont jamais garantis conformes à la variété mère. On lui préfère donc nettement la bouture, qui donne un plant identique au pied d’origine et déjà robuste en quelques semaines.
Climat et rusticité
Où et sous quel climat elle tient
Le romarin est rustique jusqu’à moins dix à moins douze degrés pour les variétés courantes, ce qui le situe en zone USDA 8 ; la sélection américaine 'Arp' descend à moins quinze, voire moins dix-huit degrés dans un sol resté sec, et gagne ainsi la zone 7. Ces chiffres ne valent toutefois qu’en terre drainée : le froid et l’eau réunis tuent le pied bien avant que le thermomètre seul n’y parvienne.
Il est chez lui sous un climat méditerranéen ou semi-aride, hiver doux et été sec, où il devient un arbuste de plein vent qu’on oublie une fois installé. Il peine partout où l’hiver est à la fois froid et mouillé : sous un climat océanique, ses racines baignent des semaines dans une terre froide et gorgée d’eau, et c’est là qu’il se perd, bien plus que pendant les gelées elles-mêmes. Sous un climat continental à hiver franc, en dessous de sa limite de rusticité, il se cultive en pot et s’hiverne à l’abri. Sous un climat subtropical humide, la chaleur ne le gêne pas, l’humidité de l’air et les pluies d’été si.
Deux conduites en découlent. La pleine terre est réservée aux situations bien exposées : plantez une fois les dernières gelées passées, contre un mur qui reçoit le soleil du milieu de journée, dans un sol allégé de gravier, puis protégez la souche d’un paillage sec et le feuillage d’un voile d’hivernage lors des grands froids annoncés ; là, une variété réputée rustique comme 'Arp' offre une vraie marge de sécurité. En terrain lourd ou sous un hiver plus rude, la culture en pot est plus sûre : la belle saison dehors en plein soleil, l’hivernage dans un local frais, lumineux et hors gel, véranda ou serre froide. Dans tous les cas, réduisez fortement l’arrosage pendant la saison froide, et préférez une variété dressée aux formes rampantes, dont le feuillage plaqué au sol capte l’humidité stagnante.
Votre romarin, suivi mois après mois
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Identifier ma planteCalendrier d’entretien mois par mois
| Janvier | Cœur de l’hiver, la période la plus à risque : les racines sont au repos et ne tolèrent aucune stagnation d’eau. Protégez la souche d’un paillage sec, rentrez les pots hors gel. Arrosage quasi nul. |
|---|---|
| Février | Le bois reste dormant, les jours rallongent. Maintenez les protections, ne les retirez pas au premier redoux trompeur. Vérifiez qu’aucune eau ne stagne au pied. Larves de criocère parfois actives par temps doux. |
| Mars | La sève reprend avec les températures plus douces. Retirez progressivement voiles et paillis épais dès que les gelées sévères s’espacent. Bon moment pour planter en sol drainé, rempoter en pot ou tenter un semis. |
| Avril | Les jeunes pousses vertes démarrent leur élongation. Plantation idéale en pleine terre pour un enracinement complet avant le premier hiver. Ressortez progressivement les pots hivernés, acclimatés d’abord à mi-ombre avant le plein soleil. |
| Mai | Floraison bleutée en pleine ouverture, très visitée par les abeilles. Belle pousse au soleil, premières récoltes de tiges. Attendez que les dernières gelées soient passées pour ressortir sans risque un pot resté fragile. |
| Juin | Pleine végétation, la floraison s’achève. Taillez juste après pour garder l’arbuste compact, dans le bois vert, sans jamais entamer le vieux bois. Pincez les jeunes pousses pour densifier la ramification. Récolte abondante. |
| Juillet | Croissance active, récolte continue. Pic de la saison pour bouturer des tiges semi-ligneuses souples : l’enracinement est plus rapide grâce à la chaleur. Arrosez seulement en cas de sécheresse marquée, jamais par habitude. |
| Août | Récolte qui se poursuit sur le bois de l’année. Marcottage possible sur les tiges basses encore souples. Le romarin supporte bien la chaleur estivale, n’arrosez qu’en cas de canicule prolongée. |
| Septembre | Fin de la belle saison, le bois commence à s’aoûter et durcir. Ne taillez plus : les repousses tendres d’une coupe tardive ne résisteraient pas au froid. Les femelles du criocère pondent sur le feuillage. |
| Octobre | Entrée dans la saison à risque, les nuits fraîchissent nettement. Réduisez l’arrosage au minimum. Paillez la souche en pleine terre et prévoyez le rapatriement des pots fragiles avant les premières gelées franches. |
| Novembre | Mettez en place les protections avant les premières gelées fortes : voile d’hivernage dehors, local hors gel pour les pots. Les larves du criocère poursuivent leur développement au ras du feuillage malgré le froid. |
| Décembre | Repos hivernal, feuillage persistant que vous pouvez encore récolter par petits brins. Protégez la souche du grand froid, gardez le pied au sec, et surveillez les pots rentrés pour éviter tout excès d’arrosage. |
Les astuces de Green Hub
- Le romarin n’est pas totalement rustique hors de son aire méditerranéenne : protégez la souche en pleine terre lors des grands froids, ou cultivez-le en pot que vous rentrez hors gel pendant les pires épisodes de l’hiver.
- Froid et terre humide réunis font le pied mort, bien plus que le gel seul : le drainage et un arrosage quasi nul en hiver comptent autant que la protection contre les basses températures.
- Plantez au pied d’un mur qui reçoit le soleil du milieu de journée : la chaleur restituée le soir et l’abri du vent lui donnent ses meilleures chances de franchir l’hiver, surtout les premières années après plantation.
- Multipliez par bouture plutôt que par semis : la bouture s’enracine en quelques semaines et donne un plant conforme et déjà robuste, alors que le semis reste lent, capricieux et peu fidèle à la variété.
- Pour une plantation en pleine terre exposée, une variété réputée rustique comme 'Arp' encaisse des froids nettement plus sévères que les romarins ordinaires ; réservez les formes rampantes comme 'Prostratus' aux murets et pots abrités.
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Comment cette fiche est écrite
Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.