Chèvrefeuille
Lonicera
Le chèvrefeuille (Lonicera) est une plante familière de nos haies et de nos jardins, connue pour ses fleurs tubulaires très parfumées dont l’odeur s’intensifie au crépuscule et attire les papillons de nuit. Dans la région de Herve, l’espèce indigène, le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), grimpe naturellement dans les haies champêtres et les lisières, tandis que sa cousine asiatique, le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), se plante en haie basse bien taillée, comme un petit buis feuillu. On confond souvent les deux alors qu’ils n’ont ni le même port ni le même usage au jardin.
Exposition et lumière
Le chèvrefeuille grimpant aime avoir la tête au soleil et les pieds au frais, exactement comme la clématite. Installez-le contre un mur exposé au sud ou à l’ouest, sur un treillis ou une pergola, pour qu’il profite de la chaleur en hauteur tout en gardant sa base à l’ombre d’un paillage ou d’un couvre-sol voisin. Une exposition mi-ombragée convient aussi très bien et donne même parfois une floraison plus longue, moins brûlée par le plein soleil de juillet.
Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), utilisé en haie basse, est beaucoup moins exigeant et pousse aussi bien au soleil qu’à mi-ombre. Il tolère même des situations plus ombragées sans broncher, ce qui en fait une haie pratique le long d’une façade orientée au nord.
Arrosage
Les deux premières années suivant la plantation, arrosez régulièrement le chèvrefeuille, surtout par temps sec, le temps que ses racines s’installent en profondeur. Un paillage épais au pied, feuilles mortes, tontes séchées ou écorces, garde la fraîcheur et évite d’avoir à arroser trop souvent, ce qui correspond exactement à ce qu’il aime : le pied au frais.
Une fois bien enraciné, le chèvrefeuille grimpant supporte des périodes sèches, mais un sol qui s’assèche complètement au pied, associé à un été chaud, favorise nettement l’apparition de l’oïdium sur le feuillage. Arrosez au pied plutôt que sur les feuilles, et pensez à un bon arrosage en cas de canicule prolongée, même sur un sujet adulte.
Sol et rempotage
Le chèvrefeuille des bois pousse naturellement dans les sols frais et riches en humus des lisières et des haies, une terre de feuilles qui ne se dessèche jamais complètement. Au jardin, reproduisez cette ambiance avec un sol ordinaire enrichi de compost bien mûr ou de terreau de feuilles à la plantation, et gardez-le frais grâce à un paillage.
Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida) est nettement moins difficile sur la nature du sol : il pousse aussi bien en terre calcaire qu’en sol ordinaire de jardin, et supporte des conditions plus sèches une fois installé. C’est d’ailleurs pour cette tolérance qu’on l’utilise si souvent en haie facile d’entretien.
Température et humidité
Le chèvrefeuille des bois est totalement rustique dans notre région : il pousse à l’état sauvage dans les haies de la campagne hervienne et encaisse sans aucune protection les hivers les plus rigoureux que nous connaissons en zone 8a. Aucune précaution particulière n’est nécessaire, pas même pour les plants tout juste installés une fois qu’ils ont passé leur premier hiver.
Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida) est lui aussi très rustique et garde ses petites feuilles persistantes presque toute l’année. Lors d’un hiver particulièrement froid ou venteux, il peut perdre une partie de son feuillage, sans que cela mette la haie en danger. Elle repart normalement dès le retour des beaux jours.
Taille et entretien
Le chèvrefeuille grimpant fleurit surtout sur le bois de l’année précédente. Taillez-le donc juste après la floraison, en été, en réduisant les pousses qui ont fleuri et en supprimant le bois mort ou emmêlé, jamais en fin d’hiver au risque de couper tous les futurs boutons floraux. Une taille légère et régulière évite aussi qu’il ne parte dans tous les sens et n’étouffe son support.
Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida) se taille au contraire comme une haie classique, plusieurs fois par an, de préférence en fin de printemps et à la fin de l’été, pour garder une forme nette. Contrairement au grimpant, il ne perd pas sa floraison en étant taillé court puisqu’on le cultive avant tout pour son feuillage.
Maladies et nuisibles
L’oïdium est le problème le plus fréquent sur le chèvrefeuille grimpant, surtout lors des étés secs et chauds : un feutrage blanc farineux couvre les feuilles et les jeunes pousses, souvent quand le pied a manqué d’eau ou de fraîcheur. Un bon paillage et un arrosage au pied en cas de sécheresse limitent nettement le problème, et les pousses trop atteintes peuvent être coupées et sorties du jardin.
Les pucerons s’installent volontiers sur les jeunes pousses tendres au printemps, formant des amas verts ou noirs qui déforment les extrémités. Un jet d’eau ferme ou une pulvérisation de savon noir suffit en général, d’autant que les coccinelles et les syrphes, attirés par les fleurs mellifères, s’en chargent souvent tout seuls dans un jardin qui n’est pas traité.
Multiplication
Le bouturage est la méthode la plus simple et la plus fiable pour multiplier un chèvrefeuille. Prélevez en été des boutures semi-ligneuses de dix à quinze centimètres, retirez les feuilles du bas et plantez-les dans un mélange léger de terreau et de sable, à l’ombre et au frais. L’enracinement prend plusieurs semaines mais réussit facilement.
Le marcottage est une autre solution, particulièrement adaptée au chèvrefeuille grimpant : couchez une tige souple dans une petite tranchée, en laissant l’extrémité dépasser, et maintenez-la en terre avec une pierre ou une agrafe. Des racines se forment à l’endroit enterré en quelques mois, et vous pouvez alors séparer la nouvelle plante du pied mère.
Le conseil local
En Belgique (climat de Herve, zone 8a)
Dans la région de Herve, en zone 8a, le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum) fait partie du paysage : c’est une plante indigène qu’on retrouve spontanément dans les haies champêtres et les lisières de bois, parfaitement rustique et très mellifère, appréciée des papillons de nuit pour son parfum qui devient entêtant à la tombée du jour. Il est important de le distinguer du chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), une espèce d’origine asiatique à petites feuilles persistantes, utilisée chez nous en haie basse bien taillée ou en couvre-sol, et qui ne grimpe pas. Le chèvrefeuille grimpant aime avoir la tête au soleil et le pied à l’ombre fraîche, exactement comme la clématite. Installez-le contre un mur ensoleillé avec une plante basse ou un paillage à son pied pour lui garder les racines au frais. Sous notre climat humide, surveillez l’oïdium en été sec, le seul vrai souci récurrent de cette plante par ailleurs sans histoire.
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Identifier ma planteCalendrier d’entretien mois par mois
| Janvier | Le chèvrefeuille des bois est parfaitement rustique et ne demande aucune protection. Si le sol n’est pas gelé, c’est encore une bonne période pour planter un sujet à racines nues. |
|---|---|
| Février | Dernier moment pour planter à racines nues avant le réveil de la végétation. Profitez-en pour tailler le bois mort ou abîmé par l’hiver. |
| Mars | Les premiers bourgeons éclatent. Guidez les jeunes pousses sur leur support et surveillez l’arrivée des premiers pucerons sur les pousses tendres. |
| Avril | La croissance s’accélère nettement. Palissez les nouvelles tiges du grimpant et paillez le pied pour garder la fraîcheur promise aux racines. |
| Mai | Les boutons floraux se forment. Arrosez en cas de printemps sec, surtout les sujets récemment plantés, et continuez à surveiller les pucerons. |
| Juin | C’est la pleine floraison, parfumée surtout en soirée. Arrosez au pied par temps sec et donnez une première taille à la haie de chèvrefeuille arbustif. |
| Juillet | Taillez le grimpant juste après sa floraison en réduisant les pousses fanées, jamais plus tard. Surveillez l’oïdium si l’été est chaud et sec. |
| Août | Bonne période pour prélever des boutures semi-ligneuses. Poursuivez la surveillance de l’oïdium et redonnez un coup de taille à la haie arbustive. |
| Septembre | Les baies se forment sur le chèvrefeuille des bois et nourrissent les oiseaux. C’est aussi une bonne saison pour marcotter une tige basse. |
| Octobre | Le sol encore tiède et les pluies qui reviennent en font une excellente période de plantation, la meilleure de l’année avec le printemps. |
| Novembre | Poursuivez les plantations tant que le sol se travaille facilement. Paillez le pied des jeunes sujets avant les premiers froids marqués. |
| Décembre | Repos complet de la plante. Profitez du calme du jardin pour observer la charpente du grimpant et prévoir un renfort de palissage si besoin. |
Les astuces de Green Hub
- Donnez la tête au soleil et le pied à l’ombre, exactement comme pour une clématite : un paillage ou une plante basse au pied du chèvrefeuille grimpant lui garde les racines fraîches.
- Taillez le chèvrefeuille grimpant juste après sa floraison, jamais en fin d’hiver : il fleurit sur le bois de l’année précédente, et une taille trop tardive sacrifie toutes les fleurs suivantes.
- Surveillez l’oïdium lors des étés secs et chauds : ce feutrage blanc sur les feuilles signale presque toujours un pied qui a manqué d’eau ou de fraîcheur.
- Ne confondez pas le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), grimpant et parfumé, avec le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), utilisé en haie basse taillée : ils ne se cultivent pas du tout de la même manière.
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