Chèvrefeuille

Lonicera

ExtérieurFamille : Caprifoliaceae (Caprifoliacées)Difficulté : Facile
Fleurs de chèvrefeuille en long tube, rose et crème, groupées au bout d’un rameau feuillu
Photo : Donald Judge · CC BY 2.0

Le chèvrefeuille (Lonicera) est une plante familière des haies et des jardins, connue pour ses fleurs tubulaires très parfumées dont l’odeur s’intensifie au crépuscule et attire les papillons de nuit. L’espèce européenne, le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), grimpe naturellement dans les haies champêtres et les lisières, tandis que sa cousine asiatique, le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), se plante en haie basse bien taillée, comme un petit buis feuillu. On confond souvent les deux alors qu’ils n’ont ni le même port ni le même usage au jardin.

Exposition et lumière

Le chèvrefeuille grimpant aime avoir la tête au soleil et les pieds au frais, exactement comme la clématite. Installez-le contre un mur qui reçoit le soleil du milieu de journée et de l’après-midi, sur un treillis ou une pergola, pour qu’il profite de la chaleur en hauteur tout en gardant sa base à l’ombre d’un paillage ou d’un couvre-sol voisin. Une exposition mi-ombragée convient aussi très bien et donne même parfois une floraison plus longue, moins brûlée par le plein soleil du cœur de l’été.

Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), utilisé en haie basse, est beaucoup moins exigeant et pousse aussi bien au soleil qu’à mi-ombre. Il tolère même des situations plus ombragées sans broncher, ce qui en fait une haie pratique le long d’une façade qui ne voit jamais le soleil direct.

Arrosage

Les deux premières années suivant la plantation, arrosez régulièrement le chèvrefeuille, surtout par temps sec, le temps que ses racines s’installent en profondeur. Un paillage épais au pied, feuilles mortes, tontes séchées ou écorces, garde la fraîcheur et évite d’avoir à arroser trop souvent, ce qui correspond exactement à ce qu’il aime : le pied au frais.

Une fois bien enraciné, le chèvrefeuille grimpant supporte des périodes sèches, mais un sol qui s’assèche complètement au pied, associé à un été chaud, favorise nettement l’apparition de l’oïdium sur le feuillage. Arrosez au pied plutôt que sur les feuilles, et pensez à un bon arrosage en cas de canicule prolongée, même sur un sujet adulte.

Sol et rempotage

Le chèvrefeuille des bois pousse naturellement dans les sols frais et riches en humus des lisières et des haies, une terre de feuilles qui ne se dessèche jamais complètement. Au jardin, reproduisez cette ambiance avec un sol ordinaire enrichi de compost bien mûr ou de terreau de feuilles à la plantation, et gardez-le frais grâce à un paillage.

Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida) est nettement moins difficile sur la nature du sol : il pousse aussi bien en terre calcaire qu’en sol ordinaire de jardin, et supporte des conditions plus sèches une fois installé. C’est d’ailleurs pour cette tolérance qu’on l’utilise si souvent en haie facile d’entretien.

Température et humidité

Le chèvrefeuille des bois est d’une rusticité à toute épreuve : il pousse à l’état sauvage dans les haies de campagne de toute l’Europe tempérée et encaisse sans aucune protection des gelées de l’ordre de -20 °C, ce qui le rend cultivable des zones USDA 5 à 9. Aucune précaution particulière n’est nécessaire, pas même pour les plants tout juste installés une fois qu’ils ont passé leur premier hiver.

Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida) est un peu moins résistant au grand froid, plutôt zones 7 à 9, et garde ses petites feuilles persistantes presque toute l’année. Lors d’un hiver particulièrement froid ou venteux, il peut perdre une partie de son feuillage, sans que cela mette la haie en danger. Elle repart normalement dès le redémarrage de la végétation.

Taille et entretien

Le chèvrefeuille grimpant fleurit surtout sur le bois de l’année précédente. Taillez-le donc juste après la floraison, en été, en réduisant les pousses qui ont fleuri et en supprimant le bois mort ou emmêlé, jamais en fin d’hiver au risque de couper tous les futurs boutons floraux. Une taille légère et régulière évite aussi qu’il ne parte dans tous les sens et n’étouffe son support.

Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida) se taille au contraire comme une haie classique, plusieurs fois par an, de préférence en fin de printemps et à la fin de l’été, pour garder une forme nette. Contrairement au grimpant, il ne perd pas sa floraison en étant taillé court puisqu’on le cultive avant tout pour son feuillage.

Maladies et nuisibles

L’oïdium est le problème le plus fréquent sur le chèvrefeuille grimpant, surtout lors des étés secs et chauds : un feutrage blanc farineux couvre les feuilles et les jeunes pousses, souvent quand le pied a manqué d’eau ou de fraîcheur. Un bon paillage et un arrosage au pied en cas de sécheresse limitent nettement le problème, et les pousses trop atteintes peuvent être coupées et sorties du jardin.

Les pucerons s’installent volontiers sur les jeunes pousses tendres au printemps, formant des amas verts ou noirs qui déforment les extrémités. Un jet d’eau ferme ou une pulvérisation de savon noir suffit en général, d’autant que les coccinelles et les syrphes, attirés par les fleurs mellifères, s’en chargent souvent tout seuls dans un jardin qui n’est pas traité.

Multiplication

Le bouturage est la méthode la plus simple et la plus fiable pour multiplier un chèvrefeuille. Prélevez en été des boutures semi-ligneuses de dix à quinze centimètres, retirez les feuilles du bas et plantez-les dans un mélange léger de terreau et de sable, à l’ombre et au frais. L’enracinement prend plusieurs semaines mais réussit facilement.

Le marcottage est une autre solution, particulièrement adaptée au chèvrefeuille grimpant : couchez une tige souple dans une petite tranchée, en laissant l’extrémité dépasser, et maintenez-la en terre avec une pierre ou une agrafe. Des racines se forment à l’endroit enterré en quelques mois, et vous pouvez alors séparer la nouvelle plante du pied mère.

Climat et rusticité

Où et sous quel climat elle tient

Le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum) est l’un des grimpants les plus rustiques : il encaisse des gelées de l’ordre de -20 °C sans la moindre protection et se cultive des zones USDA 5 à 9, ce qui couvre aussi bien un hiver continental franc qu’un climat océanique doux. Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), d’origine chinoise, est nettement plus frileux : comptez plutôt les zones 7 à 9 et une résistance de l’ordre de -15 °C, avec une perte partielle de feuillage après un hiver froid et venteux dont la haie se remet au redémarrage de la végétation. Là où la plante est vraiment à l’aise, c’est en climat tempéré, frais et un peu humide, celui des lisières de bois dont elle vient : un sol qui ne sèche jamais complètement et un air qui ne devient jamais brûlant. Elle peine sous une chaleur sèche prolongée, où le feuillage se couvre d’oïdium dès que le pied manque d’eau : sous ce type de climat, installez-la à mi-ombre plutôt qu’en plein soleil et paillez épais. En climat méditerranéen ou subtropical, la floraison reste correcte mais la plante réclame un arrosage suivi toute la saison chaude. Sous un hiver doux et pluvieux, en revanche, aucun risque particulier : le chèvrefeuille ne craint pas l’excès d’eau hivernal tant que le sol n’est pas gorgé en permanence. La règle qui vaut partout tient en une image : la tête au soleil, le pied à l’ombre fraîche, exactement comme la clématite.

Votre chèvrefeuille, suivi mois après mois

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierLe chèvrefeuille des bois est parfaitement rustique et ne demande aucune protection. Si le sol n’est pas gelé, c’est encore une bonne période pour planter un sujet à racines nues.
FévrierDernier moment pour planter à racines nues avant le réveil de la végétation. Profitez-en pour tailler le bois mort ou abîmé par l’hiver.
MarsLes premiers bourgeons éclatent. Guidez les jeunes pousses sur leur support et surveillez l’arrivée des premiers pucerons sur les pousses tendres.
AvrilLa croissance s’accélère nettement. Palissez les nouvelles tiges du grimpant et paillez le pied pour garder la fraîcheur promise aux racines.
MaiLes boutons floraux se forment. Arrosez en cas de printemps sec, surtout les sujets récemment plantés, et continuez à surveiller les pucerons.
JuinC’est la pleine floraison, parfumée surtout en soirée. Arrosez au pied par temps sec et donnez une première taille à la haie de chèvrefeuille arbustif.
JuilletTaillez le grimpant juste après sa floraison en réduisant les pousses fanées, jamais plus tard. Surveillez l’oïdium si l’été est chaud et sec.
AoûtBonne période pour prélever des boutures semi-ligneuses. Poursuivez la surveillance de l’oïdium et redonnez un coup de taille à la haie arbustive.
SeptembreLes baies se forment sur le chèvrefeuille des bois et nourrissent les oiseaux. C’est aussi une bonne saison pour marcotter une tige basse.
OctobreLe sol encore tiède et les pluies qui reviennent en font une excellente période de plantation, la meilleure de l’année avec le printemps.
NovembrePoursuivez les plantations tant que le sol se travaille facilement. Paillez le pied des jeunes sujets avant les premiers froids marqués.
DécembreRepos complet de la plante. Profitez du calme du jardin pour observer la charpente du grimpant et prévoir un renfort de palissage si besoin.

Les astuces de Green Hub

  • Donnez la tête au soleil et le pied à l’ombre, exactement comme pour une clématite : un paillage ou une plante basse au pied du chèvrefeuille grimpant lui garde les racines fraîches.
  • Taillez le chèvrefeuille grimpant juste après sa floraison, jamais en fin d’hiver : il fleurit sur le bois de l’année précédente, et une taille trop tardive sacrifie toutes les fleurs suivantes.
  • Surveillez l’oïdium lors des étés secs et chauds : ce feutrage blanc sur les feuilles signale presque toujours un pied qui a manqué d’eau ou de fraîcheur.
  • Ne confondez pas le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), grimpant et parfumé, avec le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), utilisé en haie basse taillée : ils ne se cultivent pas du tout de la même manière.

Mise à jour le

Comment cette fiche est écrite

Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.