Glycine
Wisteria sinensis
La glycine (Wisteria sinensis) est une grimpante ligneuse originaire de Chine, capable de couvrir une façade entière en quelques années. En Belgique, elle est surtout connue pour ses longues grappes mauves et parfumées qui s’ouvrent en mai, un spectacle qui arrête les passants dans nos rues. Mais c’est une plante d’une vigueur redoutable, qui exige une taille rigoureuse deux fois par an sous peine d’envahir tout ce qui se trouve à sa portée, gouttières, châssis et toitures comprises.
Exposition et lumière
La glycine veut du soleil, beaucoup de soleil. Plantez-la contre un mur exposé au sud ou à l’ouest, le plus chaud possible, c’est ce qui déclenche vraiment la floraison. À l’ombre ou même à mi-ombre, elle pousse tout de même, produit du feuillage en abondance, mais boude les fleurs ou n’en donne que quelques grappes chétives.
Un mur bien exposé apporte aussi la chaleur emmagasinée qui protège les jeunes pousses des gelées tardives d’avril, un vrai risque pour les bourgeons déjà gonflés à cette période chez nous. Évitez les emplacements trop ventés en plaine ouverte, la glycine adulte offre une prise au vent considérable une fois chargée de feuillage.
Arrosage
Une glycine bien installée se contente de la pluie belge la plupart du temps, ses racines profondes vont chercher l’eau loin sous la surface. Les deux premières années après plantation sont différentes : arrosez régulièrement, surtout l’été, le temps que le système racinaire se développe et explore le sol en profondeur.
Une fois adulte, un arrosage supplémentaire n’est utile que lors des sécheresses prolongées, quand le feuillage commence à flétrir en pleine journée. En pot, ce qui reste possible quelques années avant qu’elle ne s’étouffe, surveillez le substrat de près l’été, il sèche vite et la plante souffre en silence avant de montrer des signes visibles.
Sol et rempotage
La glycine n’est pas exigeante sur la nature du sol, elle s’accommode d’une terre de jardin ordinaire, sableuse ou argileuse, du moment qu’elle est bien drainée. Ce qu’elle déteste, c’est l’excès d’eau stagnante au niveau des racines, qui favorise le pourrissement.
Un sol trop riche en azote, par exemple près d’un compost frais ou d’une pelouse copieusement fertilisée, pousse la plante à produire du feuillage tout l’été au détriment des fleurs. Sur sol calcaire, une chlorose ferrique peut apparaître, feuilles jaunes aux nervures encore vertes, un apport de fer chélaté corrige le problème en quelques semaines.
Température et humidité
Sous notre climat de la région de Herve, la glycine est parfaitement rustique une fois installée, elle encaisse sans broncher des hivers à moins dix ou moins quinze degrés. Le bois ligneux ne craint rien, seuls les jeunes bourgeons déjà développés au printemps redoutent une gelée tardive.
C’est justement le piège chez nous : un mois de mars ou début avril doux fait gonfler les bourgeons floraux plus tôt que prévu, puis une nuit de gel les brûle net et compromet la floraison de l’année. Rien à faire contre ce risque sinon choisir un emplacement abrité qui limite les écarts de température brutaux.
Taille et entretien
C’est le geste qui décide de tout, la glycine se taille deux fois par an et ce n’est pas facultatif si vous voulez des fleurs. Fin août, raccourcissez toutes les longues pousses vertes de l’année, celles qui filent dans tous les sens, à environ cinq ou six feuilles depuis leur base. Cette taille d’été arrête la croissance en longueur et pousse la plante à former des bourgeons à fleurs plutôt que du bois.
En hiver, entre janvier et février, revenez sur ces mêmes rameaux déjà raccourcis en août et rabattez-les encore, à deux ou trois yeux seulement. Ce sont ces coursonnes courtes, formées année après année sur la charpente, qui portent les grappes de mai. Sans cette seconde taille hivernale, la glycine continue de s’étirer en tous sens et fleurit de moins en moins, toute son énergie partant dans le bois.
Maladies et nuisibles
La glycine est une plante robuste qui traverse les saisons avec peu de soucis sanitaires. Sur sol calcaire, la chlorose ferrique reste le problème le plus fréquent, elle se traduit par un jaunissement du feuillage entre les nervures qui restent vertes, sans gravité si elle est corrigée par un apport de fer.
Les cochenilles s’installent parfois sur les vieux rameaux ligneux, on les repère à leurs petites carapaces brunes collées à l’écorce et au miellat poisseux qui attire ensuite la fumagine noire. Un traitement à l’huile blanche en fin d’hiver, avant le débourrement, en vient à bout sans difficulté. Les pucerons visitent parfois les jeunes pousses au printemps, sans grande conséquence sur une plante de cette vigueur.
Multiplication
Le marcottage est la méthode la plus fiable pour obtenir un plant qui fleurit rapidement. Couchez une longue pousse souple de l’année dans une tranchée peu profonde, blessez légèrement l’écorce à l’endroit enterré, maintenez-la en place avec un crochet et recouvrez de terre en laissant dépasser l’extrémité. Les racines se forment en une saison, vous séparez alors le nouveau plant de la plante mère.
Le bouturage de rameaux semi-aoûtés en été fonctionne aussi mais reste capricieux, comptez sur un taux de réussite modeste. Évitez le semis si vous êtes pressé de voir des fleurs, une glycine issue de graine met couramment de dix à quinze ans avant sa première floraison, parfois davantage, c’est la déception la plus fréquente chez les jardiniers qui ont semé sans le savoir une graine ramassée sous une belle plante du voisin.
Toxicité
Toutes les parties de la glycine contiennent des substances toxiques, en particulier les graines et les gousses, et à moindre degré l’écorce. Leur ingestion provoque des troubles digestifs, nausées, vomissements et diarrhées, particulièrement dangereux chez le jeune enfant attiré par les gousses brunes qui pendent en fin d’été. Ne laissez jamais un enfant jouer avec les gousses ou les graines, et tenez les animaux domestiques à l’écart si vous savez qu’ils mâchonnent tout ce qui traîne.
Le conseil local
En Belgique (climat de Herve, zone 8a)
Dans la région de Herve, en zone huit a, la glycine est rustique sans souci une fois bien installée, le bois résiste à nos hivers les plus rudes. Deux pièges reviennent sans cesse chez les jardiniers du coin. Le premier, c’est la patience : un sujet issu de semis met souvent dix à quinze ans avant de fleurir, alors que le même Wisteria sinensis acheté greffé ou marcotté chez un pépiniériste sérieux peut fleurir dès la deuxième ou troisième année après plantation, un détail qui change tout et qui justifie de payer le plant un peu plus cher au départ. Le second piège, c’est la vigueur : une glycine adulte pèse lourd et pousse fort, elle soulève sans effort une gouttière mal fixée, déforme une pergola légère en quelques années et arrache un treillage improvisé. Prévoyez d’emblée un support solide, fer forgé scellé ou câbles tendus sur mur porteur, pensé pour durer plusieurs décennies. Plantez-la plein sud ou plein ouest contre un mur abrité pour obtenir une vraie floraison sous notre climat, et ne lésinez jamais sur la double taille annuelle, en août puis en hiver, qui fait toute la différence entre une glycine couverte de grappes et une glycine qui ne produit que du feuillage.
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Identifier ma planteCalendrier d’entretien mois par mois
| Janvier | Repos complet pour la glycine, le bois dort. Profitez-en pour observer la charpente à nu et repérer les rameaux mal placés à corriger lors de la taille d’hiver. |
|---|---|
| Février | Deuxième et dernière chance pour la taille d’hiver si elle n’est pas encore faite, rabattez les rameaux raccourcis en août à deux ou trois yeux. Faites-le avant le débourrement des bourgeons. |
| Mars | Les bourgeons gonflent visiblement dès les premiers redoux. Surveillez les nuits encore fraîches, un coup de gel tardif peut brûler les bourgeons floraux déjà bien avancés. |
| Avril | Le feuillage démarre et les premières grappes se dessinent en bout de rameau. Un dernier arrosage de soutien profite aux plants installés depuis moins de deux ans. |
| Mai | C’est le grand mois, la floraison éclate en longues grappes mauves parfumées qui retombent le long des façades. Profitez du spectacle, il ne dure que trois à quatre semaines. |
| Juin | La floraison décline et les nouvelles pousses vertes s’allongent très vite, parfois plus d’un mètre en quelques semaines. Guidez-les sur leur support pour éviter qu’elles n’envahissent gouttières et châssis. |
| Juillet | Croissance débridée du feuillage et des jeunes pousses. Continuez à palisser et à orienter les longues tiges, sans encore les couper, la vraie taille attend fin août. |
| Août | Moment de la taille d’été, la plus importante avec celle d’hiver. Raccourcissez toutes les longues pousses de l’année à environ cinq ou six feuilles depuis leur base. |
| Septembre | La croissance ralentit avec les jours plus courts. Les gousses vertes issues de la floraison de mai grossissent, ne les laissez jamais à portée des jeunes enfants. |
| Octobre | Le feuillage jaunit puis tombe progressivement. Les gousses brunissent et deviennent bien visibles sur le bois dénudé, restez vigilant si des enfants jouent au jardin. |
| Novembre | La plante entre en repos complet, plus rien à faire sinon vérifier que le support tient bon avant les tempêtes d’hiver. |
| Décembre | Repos hivernal. Profitez d’une journée sèche pour inspecter fixations et câbles du support, une glycine adulte est lourde et le moindre point faible finit par céder. |
Les astuces de Green Hub
- Achetez un plant greffé ou marcotté plutôt qu’un semis anonyme, c’est la seule façon d’avoir des fleurs avant dix ou quinze ans d’attente.
- Installez un support solide dès la plantation, fer forgé scellé ou câbles tendus sur mur porteur. Une glycine adulte soulève une gouttière et déforme une pergola légère sans effort.
- Ne sautez jamais la double taille annuelle, en août sur les longues pousses puis en hiver sur les mêmes rameaux raccourcis à deux ou trois yeux. C’est ce geste qui fait fleurir la plante.
- Gardez les gousses et les graines hors de portée des enfants en fin d’été et en automne, elles sont toxiques et peuvent attirer leur curiosité.
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