Marguerite
Leucanthemum vulgare
La marguerite (Leucanthemum vulgare) est cette fleur blanche à cœur jaune qui pousse spontanément dans nos prairies, le long des chemins et sur les talus non fauchés. Vivace rustique et sans histoire, elle demande si peu d’entretien qu’on la range souvent parmi les fleurs sauvages plutôt que parmi les plantes de jardin, et pourtant elle mérite parfaitement sa place en massif. C’est la fleur de champ par excellence, celle qu’on effeuille depuis toujours en comptant les pétales un par un.
Exposition et lumière
La marguerite veut du plein soleil pour fleurir généreusement. Plantez-la dans l’endroit le plus dégagé du jardin, en bordure de prairie fleurie, en massif ou au pied d’une haie basse. Elle supporte une mi-ombre légère, mais la floraison s’en ressent nettement, avec moins de fleurs et des tiges plus étiolées qui cherchent la lumière.
Dans la région de Herve, où les étés restent frais et parfois nuageux, mieux vaut ne pas lésiner sur le soleil. Un emplacement orienté sud ou ouest, à l’abri des grands arbres, lui donne toutes ses chances de fleurir dès le mois de mai et de tenir jusqu’à l’automne si on la taille au bon moment.
Arrosage
Une fois installée, la marguerite se contente très bien de l’eau de pluie. C’est une plante de prairie, habituée aux sols qui s’assèchent l’été, et un arrosage excessif lui nuit plus qu’il ne l’aide, car les tiges s’allongent, deviennent molles et couchent au premier coup de vent.
Seule la première année, le temps que les racines s’installent, un arrosage occasionnel en cas de sécheresse prolongée aide la jeune plante à bien démarrer. Ensuite, oubliez l’arrosoir. La marguerite se débrouille seule, même lors des étés secs, et c’est justement ce qui en fait une valeur sûre pour un massif qu’on ne veut pas surveiller sans arrêt.
Sol et rempotage
La marguerite n’est pas exigeante sur la nature du sol, c’est même l’une de ses grandes qualités. Elle pousse aussi bien dans une terre pauvre et caillouteuse que dans un sol de jardin ordinaire, du moment qu’il est bien drainé. Un sol trop riche en azote la pousse à produire beaucoup de feuillage au détriment des fleurs.
Le seul point à surveiller, c’est le drainage. Elle craint l’eau stagnante en hiver, qui fait pourrir la souche. Sur une terre lourde et argileuse comme on en trouve souvent autour de Herve, un peu de sable ou de gravier grossier mélangé à la terre de plantation évite bien des déconvenues.
Température et humidité
La marguerite est parfaitement rustique sous notre climat et ne craint aucun de nos hivers, même les plus rudes. Une fois installée, elle tolère sans broncher des gelées bien en dessous de moins quinze degrés, ce qui en fait une valeur sûre en pleine terre, contrairement à sa cousine la marguerite arbustive qui, elle, redoute le gel.
Elle apprécie les étés modérément chauds, comme on en connaît dans la région de Herve, et supporte bien les périodes plus fraîches et pluvieuses. Une chaleur excessive et prolongée peut en revanche raccourcir la floraison, la plante montant alors à graine plus vite.
Taille et entretien
Retirez les fleurs fanées au fur et à mesure, en coupant la tige juste au-dessus d’une feuille ou d’une ramification. Ce geste simple, appelé étêtage, évite que la plante mette son énergie dans la formation de graines et prolonge nettement la période de floraison.
Après la première grosse vague de floraison, généralement fin juin ou début juillet, rabattez l’ensemble de la touffe à une dizaine de centimètres du sol. La marguerite repart alors du pied et offre souvent une seconde floraison, plus modeste mais bienvenue, en fin d’été.
Maladies et nuisibles
La marguerite est une plante robuste, peu sujette aux maladies graves. Le principal souci vient de l’oïdium, ce feutrage blanc qui apparaît parfois sur le feuillage en fin d’été, surtout lors d’étés qui alternent chaleur et humidité. Il reste rarement grave et n’empêche pas la plante de refleurir l’année suivante.
Les pucerons s’installent parfois sur les jeunes pousses et les boutons floraux au printemps, sans grande conséquence si la colonie reste limitée. La mineuse des feuilles, qui creuse des galeries visibles dans le feuillage, touche occasionnellement la marguerite sans mettre sa survie en jeu. Un sol qui draine bien reste la meilleure prévention contre la pourriture du collet.
Multiplication
La marguerite se ressème spontanément si on laisse quelques fleurs monter en graines en fin de saison. C’est souvent la façon la plus simple de la voir se répandre naturellement dans un massif ou une prairie fleurie, sans aucune intervention de votre part.
La division de la touffe reste la méthode la plus fiable pour obtenir rapidement de nouveaux pieds identiques au plant mère. Tous les deux à trois ans, au printemps ou en automne, déterrez la touffe et séparez-la en plusieurs éclats à l’aide d’une bêche, chaque éclat portant des racines et quelques pousses. C’est aussi le meilleur moyen de garder une touffe vigoureuse, car le centre a tendance à s’épuiser et à fleurir moins bien avec les années.
Le conseil local
En Belgique (climat de Herve, zone 8a)
Dans la région de Herve, en zone 8a, la marguerite est chez elle. C’est une plante indigène de nos prairies et de nos bords de chemins, celle qu’on croise en pleine floraison sur les talus non fauchés dès le mois de mai. Increvable, elle traverse nos hivers sans la moindre protection et revient fidèlement chaque année au même endroit, se ressemant même volontiers si on la laisse faire.
Elle trouve toute sa place en massif naturel ou en prairie fleurie, où elle attire papillons et abeilles sauvages en nombre. Attention cependant à ne pas la confondre avec la marguerite arbustive (Argyranthemum), qu’on trouve en jardinerie au printemps dans les bacs de plantes à massif. C’est une tout autre plante, gélive, qui ne supporte pas nos hivers et se cultive en pot pour être rentrée à l’automne.
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Identifier ma planteCalendrier d’entretien mois par mois
| Janvier | Rien à faire au jardin. La touffe est au repos, le feuillage bas reste vert même sous la neige. |
|---|---|
| Février | Toujours au repos. C’est le bon moment pour préparer un nouveau massif ou une prairie fleurie où l’installer au printemps. |
| Mars | La touffe repart visiblement, de nouvelles feuilles apparaissent au centre. Si la plante est en pot, c’est le moment de la mettre en pleine terre. |
| Avril | Croissance rapide du feuillage. Désherbez autour des jeunes touffes, qui supportent mal la concurrence des herbes plus hautes. |
| Mai | Début de la floraison. Les premières fleurs blanches à cœur jaune s’ouvrent, parfois dès la fin du mois selon la météo. |
| Juin | Pleine floraison, le grand moment de la marguerite. Retirez les fleurs fanées au fur et à mesure pour prolonger le spectacle. |
| Juillet | Fin de la première vague de floraison. Rabattez la touffe à une dizaine de centimètres du sol pour stimuler une remontée en fin d’été. |
| Août | La touffe rabattue produit un nouveau feuillage et parfois une seconde floraison plus discrète. Surveillez l’oïdium si l’été a été humide. |
| Septembre | Bon moment pour diviser les touffes âgées de deux ou trois ans, qui commencent à s’épuiser au centre. |
| Octobre | Le feuillage persiste en rosette basse. Laissez quelques fleurs monter en graines si vous voulez que la marguerite se ressème. |
| Novembre | La touffe entre en dormance. Aucun entretien particulier, ne coupez pas le feuillage bas qui protège la souche. |
| Décembre | Repos complet. La marguerite passe l’hiver sans aucune protection, même lors des gelées les plus dures. |
Les astuces de Green Hub
- Retirez les fleurs fanées au fur et à mesure. Ce geste tout simple prolonge nettement la floraison, du mois de mai jusqu’à l’automne.
- Divisez la touffe tous les deux à trois ans, au printemps ou en automne, pour la garder vigoureuse. Le centre s’épuise et fleurit moins bien avec l’âge.
- Ne confondez pas la marguerite des prés avec la marguerite arbustive (Argyranthemum) vendue en jardinerie au printemps. Cette dernière est gélive et se cultive en pot, alors que la vraie marguerite est une vivace increvable en pleine terre.
- Laissez quelques fleurs monter en graines en fin de saison si vous voulez qu’elle se ressème toute seule dans le massif ou la prairie fleurie.
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