Marguerite

Leucanthemum vulgare

ExtérieurFamille : Asteraceae (Astéracées)Difficulté : Facile
Marguerites blanches à cœur jaune ouvertes sur leurs longues tiges, au milieu de l’herbe
Photo : Victor M. Vicente Selvas · Public domain

La marguerite (Leucanthemum vulgare) est cette fleur blanche à cœur jaune qui pousse spontanément dans nos prairies, le long des chemins et sur les talus non fauchés. Vivace rustique et sans histoire, elle demande si peu d’entretien qu’on la range souvent parmi les fleurs sauvages plutôt que parmi les plantes de jardin, et pourtant elle mérite parfaitement sa place en massif. C’est la fleur de champ par excellence, celle qu’on effeuille depuis toujours en comptant les pétales un par un.

Exposition et lumière

La marguerite veut du plein soleil pour fleurir généreusement. Plantez-la dans l’endroit le plus dégagé du jardin, en bordure de prairie fleurie, en massif ou au pied d’une haie basse. Elle supporte une mi-ombre légère, mais la floraison s’en ressent nettement, avec moins de fleurs et des tiges plus étiolées qui cherchent la lumière.

Sous un été frais et souvent nuageux, mieux vaut ne pas lésiner sur le soleil. Un emplacement qui reçoit le soleil du milieu de journée et de l’après-midi, à l’abri des grands arbres, lui donne toutes ses chances de fleurir dès les premières chaleurs du printemps et de tenir jusqu’à l’automne si on la taille au bon moment. Sous un climat chaud et sec, l’excès inverse guette : quelques heures d’ombre l’après-midi prolongent la floraison au lieu de l’écourter.

Arrosage

Une fois installée, la marguerite se contente très bien de l’eau de pluie. C’est une plante de prairie, habituée aux sols qui s’assèchent l’été, et un arrosage excessif lui nuit plus qu’il ne l’aide, car les tiges s’allongent, deviennent molles et couchent au premier coup de vent.

Seule la première année, le temps que les racines s’installent, un arrosage occasionnel en cas de sécheresse prolongée aide la jeune plante à bien démarrer. Ensuite, oubliez l’arrosoir. La marguerite se débrouille seule, même lors des étés secs, et c’est justement ce qui en fait une valeur sûre pour un massif qu’on ne veut pas surveiller sans arrêt.

Sol et rempotage

La marguerite n’est pas exigeante sur la nature du sol, c’est même l’une de ses grandes qualités. Elle pousse aussi bien dans une terre pauvre et caillouteuse que dans un sol de jardin ordinaire, du moment qu’il est bien drainé. Un sol trop riche en azote la pousse à produire beaucoup de feuillage au détriment des fleurs.

Le seul point à surveiller, c’est le drainage. Elle craint l’eau stagnante en hiver, qui fait pourrir la souche. Sur une terre lourde et argileuse, comme on en trouve dans beaucoup de jardins, un peu de sable ou de gravier grossier mélangé à la terre de plantation évite bien des déconvenues.

Température et humidité

La marguerite est parfaitement rustique des zones USDA 3 à 8 et ne craint aucun hiver, même les plus rudes. Une fois installée, elle tolère sans broncher des gelées de moins trente degrés, ce qui en fait une valeur sûre en pleine terre, contrairement à sa cousine la marguerite arbustive qui, elle, abandonne à la première gelée.

Elle apprécie les étés modérément chauds, entre dix-huit et vingt-cinq degrés, et supporte très bien les périodes plus fraîches et pluvieuses. Une chaleur excessive et prolongée, au-delà de trente degrés, raccourcit en revanche la floraison : la plante monte à graine plus vite et la touffe se dégarnit par le centre. C’est cette intolérance à la chaleur, et non le froid, qui marque sa limite.

Taille et entretien

Retirez les fleurs fanées au fur et à mesure, en coupant la tige juste au-dessus d’une feuille ou d’une ramification. Ce geste simple, appelé étêtage, évite que la plante mette son énergie dans la formation de graines et prolonge nettement la période de floraison.

Après la première grosse vague de floraison, quand la majorité des capitules sont fanés, rabattez l’ensemble de la touffe à une dizaine de centimètres du sol. La marguerite repart alors du pied et offre souvent une seconde floraison, plus modeste mais bienvenue, avant la fin de la belle saison.

Maladies et nuisibles

La marguerite est une plante robuste, peu sujette aux maladies graves. Le principal souci vient de l’oïdium, ce feutrage blanc qui apparaît parfois sur le feuillage en fin d’été, surtout lors d’étés qui alternent chaleur et humidité. Il reste rarement grave et n’empêche pas la plante de refleurir l’année suivante.

Les pucerons s’installent parfois sur les jeunes pousses et les boutons floraux au printemps, sans grande conséquence si la colonie reste limitée. La mineuse des feuilles, qui creuse des galeries visibles dans le feuillage, touche occasionnellement la marguerite sans mettre sa survie en jeu. Un sol qui draine bien reste la meilleure prévention contre la pourriture du collet.

Multiplication

La marguerite se ressème spontanément si on laisse quelques fleurs monter en graines en fin de saison. C’est souvent la façon la plus simple de la voir se répandre naturellement dans un massif ou une prairie fleurie, sans aucune intervention de votre part.

La division de la touffe reste la méthode la plus fiable pour obtenir rapidement de nouveaux pieds identiques au plant mère. Tous les deux à trois ans, au printemps ou en automne, déterrez la touffe et séparez-la en plusieurs éclats à l’aide d’une bêche, chaque éclat portant des racines et quelques pousses. C’est aussi le meilleur moyen de garder une touffe vigoureuse, car le centre a tendance à s’épuiser et à fleurir moins bien avec les années.

Climat et rusticité

Où et sous quel climat elle tient

La marguerite est rustique des zones USDA 3 à 8 : une souche installée passe l’hiver sans la moindre protection sous des froids de moins trente degrés, et son feuillage bas reste vert en rosette sous la neige. C’est une vivace de prairie européenne, aujourd’hui naturalisée sur presque tous les continents, et sa limite n’est pas le froid mais la chaleur. Au-delà de la zone 8, un été long et brûlant grille la touffe et la fait monter à graine en quelques semaines, tandis qu’un hiver trop doux la prive du repos froid qui déclenche une floraison groupée.

Elle donne le meilleur d’elle-même en climat tempéré, océanique ou continental, tant que les étés restent modérés. Sous un été frais et souvent couvert, la floraison démarre lentement : donnez-lui alors l’emplacement le plus dégagé du jardin, celui qui reçoit le soleil du milieu de journée, loin de l’ombre des grands arbres. Sous un climat chaud et sec, elle tient mieux à mi-ombre avec un arrosage d’appoint. Là où l’hiver est doux et détrempé, ce n’est pas le gel qui la tue mais l’eau stagnante, qui fait pourrir la souche : plantez en sol drainant ou sur une légère butte.

Un point à connaître avant de la semer : hors de son aire d’origine, elle est classée plante envahissante ou adventice réglementée dans plusieurs États américains, en Australie et en Nouvelle-Zélande, où sa vente est parfois interdite. Vérifiez la réglementation locale avant d’en faire une prairie fleurie.

Elle trouve toute sa place en massif naturel ou en prairie fleurie, où elle attire papillons et abeilles sauvages en nombre. Attention cependant à ne pas la confondre avec la marguerite arbustive (Argyranthemum), qu’on trouve couramment en jardinerie au printemps dans les bacs de plantes à massif. C’est une tout autre plante, gélive, qui ne passe aucun hiver dehors et se cultive en pot pour être rentrée avant les gelées.

Votre marguerite, suivi mois après mois

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRien à faire au jardin. La touffe est au repos, le feuillage bas reste vert même sous la neige.
FévrierToujours au repos. C’est le bon moment pour préparer un nouveau massif ou une prairie fleurie où l’installer au printemps.
MarsLa touffe repart visiblement, de nouvelles feuilles apparaissent au centre. Si la plante est en pot, c’est le moment de la mettre en pleine terre.
AvrilCroissance rapide du feuillage. Désherbez autour des jeunes touffes, qui supportent mal la concurrence des herbes plus hautes.
MaiDébut de la floraison. Les premières fleurs blanches à cœur jaune s’ouvrent, parfois dès la fin du mois selon la météo.
JuinPleine floraison, le grand moment de la marguerite. Retirez les fleurs fanées au fur et à mesure pour prolonger le spectacle.
JuilletFin de la première vague de floraison. Rabattez la touffe à une dizaine de centimètres du sol pour stimuler une remontée en fin d’été.
AoûtLa touffe rabattue produit un nouveau feuillage et parfois une seconde floraison plus discrète. Surveillez l’oïdium si l’été a été humide.
SeptembreBon moment pour diviser les touffes âgées de deux ou trois ans, qui commencent à s’épuiser au centre.
OctobreLe feuillage persiste en rosette basse. Laissez quelques fleurs monter en graines si vous voulez que la marguerite se ressème.
NovembreLa touffe entre en dormance. Aucun entretien particulier, ne coupez pas le feuillage bas qui protège la souche.
DécembreRepos complet. La marguerite passe l’hiver sans aucune protection, même lors des gelées les plus dures.

Les astuces de Green Hub

  • Retirez les fleurs fanées au fur et à mesure. Ce geste tout simple prolonge nettement la floraison, des premières fleurs jusqu’à l’automne.
  • Divisez la touffe tous les deux à trois ans, au printemps ou en automne, pour la garder vigoureuse. Le centre s’épuise et fleurit moins bien avec l’âge.
  • Ne confondez pas la marguerite des prés avec la marguerite arbustive (Argyranthemum) vendue en jardinerie au printemps. Cette dernière est gélive et se cultive en pot, alors que la vraie marguerite est une vivace increvable en pleine terre.
  • Laissez quelques fleurs monter en graines en fin de saison si vous voulez qu’elle se ressème toute seule dans le massif ou la prairie fleurie.

Mise à jour le

Comment cette fiche est écrite

Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.