Diviser, bouturer, semer : multiplier ses plantes gratuitement

Multiplier ses plantes sans rien acheter repose sur quatre techniques : la division de touffe pour les vivaces comme l’hosta ou l’échinacée, le bouturage de tige pour le géranium, la lavande ou le buis, le bouturage de bois dur en hiver pour le groseillier et le cassissier, et le marcottage pour les arbustes récalcitrants comme l’hortensia ou la clématite. Chaque méthode a sa saison et son geste précis : une vivace se divise à la saison opposée de sa floraison, une bouture de bois tendre se prend en été, une bouture de bois dur se plante en hiver sur bois nu. Le climat humide de Belgique, avec ses hivers doux, favorise justement l’enracinement en pleine terre.

Diviser une touffe de vivace : hosta, échinacée, pivoine

La règle de base tient en une phrase : on divise une vivace à la saison opposée de sa floraison. Une plante qui fleurit au printemps se divise en automne, une plante qui fleurit à l’automne comme l’échinacée se sépare au printemps, en mars-avril, quand la reprise est la plus rapide. Les vivaces qui forment une touffe compacte, hosta, échinacée, marguerite, se prêtent bien à l’exercice : il suffit d’une bêche pour trancher net la motte en plusieurs éclats.

Chaque éclat doit conserver trois à cinq bourgeons et un volume de racines saines ; les fragments trop petits reprennent mal. L’hosta, robuste, peut attendre quatre à cinq ans entre deux divisions et se replante immédiatement après la coupe, dès l’apparition des cornets au printemps. La pivoine demande plus de délicatesse : on la divise fin août ou en septembre, trois à quatre yeux par section, en couvrant ces yeux de cinq centimètres de terre au maximum, jamais davantage, sous peine d’obtenir une touffe qui pousse sans jamais fleurir. Comptez une saison complète avant la reprise, parfois deux ans avant une vraie floraison.

Bouturer en été : bois tendre et semi-aoûté

Le bouturage de tige se pratique en deux temps selon la texture du bois. En début d’été, sur bois tendre encore herbacé, on prélève une tige de géranium sans fleur, longue de dix centimètres, coupée net sous un nœud, feuilles retirées sur la moitié inférieure, puis plantée dans un mélange de terreau tamisé et de sable grossier à parts égales. Sans hormone, le géranium s’enracine déjà à cinquante ou soixante pour cent.

À partir de juillet, le bois durcit : c’est la période semi-aoûtée, idéale pour la lavande, le romarin, la sauge et le buis, des méditerranéennes qui redoutent l’humidité stagnante plus que le manque d’hormone. Le buis, plus lent, se bouture de fin août à mi-octobre et met deux à trois mois avant ses premières radicelles : gardez le substrat frais sans le détremper. Pour stimuler l’enracinement sans produit du commerce, l’eau de saule reste l’option maison la plus fiable : faites tremper de jeunes pousses de saule vingt-quatre à quarante-huit heures dans l’eau, l’acide salicylique qu’elles libèrent agit comme précurseur naturel d’hormone et porte le taux de reprise à soixante-cinq ou soixante-quinze pour cent.

Bouturer en hiver : le bois dur du groseillier au figuier

De décembre à février, parfois jusqu’à début mars, la sève est au repos et le bois est nu : c’est la meilleure période pour bouturer les arbustes à bois dur, sans passer par le stade délicat de l’enracinement en pot chauffé. Prélevez des tronçons de vingt centimètres sur du bois de l’année, enfoncez-les aux deux tiers dans une terre meuble, en pleine terre ou sous châssis froid si l’hiver s’annonce très humide, et laissez-les tout l’hiver développer leurs racines sans autre soin qu’un arrosage occasionnel.

Cette technique convient particulièrement aux petits fruits : le groseillier reprend dans environ neuf cas sur dix, le cassissier dans huit ou neuf cas sur dix. Le figuier, lui, se bouture exclusivement sur bois dur et demande plus de patience, six à huit mois avant une reprise visible, mais un figuier adulte gratuit justifie l’attente. Le forsythia, arbuste increvable des haies fleuries, se prête à la même méthode avec un taux tout aussi confortable. Sur dix boutures plantées en novembre, huit ou neuf prennent racine sans protection ni hormone, ce qui en fait la méthode la plus économe en efforts de tout le multiplicateur de plantes.

Semer les graines récoltées : conservation et stratification à froid

Récoltez les graines à pleine maturité, capsule ou fruit sec bien ouvert, puis laissez-les sécher à plat sur du papier, à l’ombre et à l’air libre, jusqu’à disparition complète de l’humidité. Conservez-les dans une enveloppe en papier non blanchi ou, au-delà d’une saison, dans un bocal hermétique avec un sachet de silice pour absorber l’humidité résiduelle. Le lieu de stockage compte autant que le contenant : frais, sec, sombre, entre cinq et quinze degrés, toujours étiqueté avec la variété et la date de récolte.

Certaines graines, notamment celles de vivaces comme l’échinacée, ne germent qu’après un froid prolongé qui lève leur dormance naturelle : c’est la stratification. La méthode la plus simple reproduit l’hiver belge lui-même : semez en pleine terre ou en pot dès novembre, le froid et l’humidité de la saison font le travail jusqu’à la germination au printemps suivant. L’échinacée demande environ huit semaines de froid, la lavande quatre à six semaines ; la marguerite, elle, germe sans stratification et se sème directement au printemps. À défaut de semis d’automne, le réfrigérateur remplace l’hiver : sable humide et sachet de graines pour la durée requise.

Marcottage : la solution pour les arbustes récalcitrants

Certains arbustes s’enracinent mal en bouture mais se marcottent avec un taux proche de quatre-vingt-dix pour cent : c’est le cas de l’hortensia, de la clématite et de la viorne. Le principe : on force un rameau encore attaché à la plante mère à produire des racines avant de le séparer. Choisissez une tige souple, assez longue et basse pour toucher le sol sans casser, effeuillez une section de vingt centimètres en son milieu et entaillez légèrement l’écorce sur deux centimètres à cet endroit précis : c’est de cette blessure que partiront les nouvelles racines.

Enterrez cette portion entaillée sur dix centimètres de profondeur dans un mélange de terre et de terreau, maintenez-la avec un crochet ou une pierre, et laissez dépasser l’extrémité feuillée du rameau. Pour l’hortensia, opérez entre avril et juin, en pleine sève montante. La reprise prend en général une saison complète ; on ne sépare le nouveau plant qu’une fois les racines bien formées, à l’automne suivant ou au printemps d’après selon la vigueur observée. Le rameau reste nourri par la plante mère pendant tout l’enracinement, d’où un taux de réussite bien supérieur pour les espèces difficiles.

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Questions fréquentes

Quand diviser une vivace comme l’hosta ou l’échinacée ?

On divise toujours à la saison opposée de la floraison. Une vivace de printemps se divise en automne, une vivace d’automne comme l’échinacée se divise au printemps, idéalement en mars-avril. L’hosta tolère les deux périodes et peut rester en place quatre à cinq ans avant sa première division.

Comment fabriquer une hormone de bouturage maison ?

L’eau de saule est l’option la plus efficace sans produit du commerce. Faites tremper de jeunes pousses de saule vingt-quatre à quarante-huit heures dans l’eau : l’acide salicylique qu’elles relâchent agit comme précurseur naturel d’auxine et porte le taux de reprise à soixante-cinq ou soixante-quinze pour cent, contre quatre-vingts à quatre-vingt-dix pour cent pour un gel du commerce.

Comment conserver des graines récoltées au jardin jusqu’au printemps ?

Faites-les d’abord sécher complètement à l’ombre sur une feuille de papier, puis rangez-les dans une enveloppe en papier non blanchi ou un bocal hermétique avec un sachet de silice. Stockez-les dans un endroit frais, sec et sombre, entre cinq et quinze degrés, en notant la variété et la date de récolte sur le contenant.

Quels arbustes multiplier par marcottage plutôt que par bouturage ?

L’hortensia, la clématite et la viorne sont les candidats classiques du marcottage, avec un taux de reprise proche de quatre-vingt-dix pour cent contre un résultat bien plus aléatoire en bouture. Le principe consiste à enterrer un rameau encore relié à la plante mère jusqu’à ce qu’il forme ses propres racines, avant de le séparer.

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