Radis

Raphanus sativus

PotagerFamille : Brassicaceae (Brassicacées)Difficulté : Facile
Rangée de radis en terre, racines rouges et rondes affleurant sous des feuilles vert vif
Photo : Rasbak · CC BY-SA 3.0

Le radis (Raphanus sativus) est le légume le plus rapide du potager, prêt à croquer en trois à cinq semaines à peine après le semis. C’est la culture idéale pour débuter, pour occuper les enfants et pour combler les vides entre deux légumes plus lents. On peut le semer très tôt, dès la fin de l’hiver sous un châssis ou un voile, puis en pleine terre pendant toute la saison fraîche. Ses deux ennemis sont la mouche du chou et les altises, ces petits coléoptères qui criblent le feuillage de trous par temps sec.

Exposition et lumière

Au printemps et à l’automne, le radis aime le plein soleil, qui accélère sa croissance et concentre les sucres dans la racine, lui donnant tout son croquant. Réservez-lui la place la plus dégagée du potager pour les semis de la fin de l’hiver au milieu du printemps, puis de nouveau de la fin de l’été au milieu de l’automne, quand la lumière reste franche sans excès de chaleur.

En plein été, c’est l’inverse qui se produit, et la cause est plus subtile qu’un simple excès de soleil. Le radis est sensible à la photopériode : au-delà d’environ quatorze heures de jour, combinées à des températures moyennes supérieures à 25 degrés, il reçoit un signal qui déclenche la montée à graines, quelle que soit la taille de sa racine. Beaucoup de débutants croient qu’il suffit d’ombrager pour éviter ce problème, alors que c’est surtout la baisse de température apportée par l’ombre qui retarde la montaison, bien plus que la réduction de lumière.

Pendant les semaines les plus longues et les plus chaudes de l’année, choisissez un emplacement à mi-ombre, ou profitez de l’ombre légère d’un rang de haricots ou de tomates déjà hauts. Une exposition qui reçoit le soleil du matin et de l’ombre l’après-midi limite l’échauffement du sol sans priver le radis de la lumière nécessaire à sa racine.

Arrosage

L’eau est la clé d’un bon radis, davantage encore que pour la plupart des légumes racines, car sa croissance est trop rapide pour rattraper un accident d’arrosage en cours de route. Comptez environ cinq litres par mètre carré et par semaine au printemps et à l’automne, et deux à trois fois plus, soit dix à quinze litres, pendant les fortes chaleurs de l’été, répartis en deux ou trois apports plutôt qu’en un seul arrosage copieux.

Un manque d’eau ou une culture qui traîne rend le radis creux, fibreux et fort en piquant. Mais l’erreur la plus fréquente chez le débutant n’est pas le manque d’eau en soi, c’est l’irrégularité : un sol qui sèche plusieurs jours puis reçoit soudain un arrosage abondant fait éclater et fendiller les racines déjà formées, bien plus sûrement qu’une sécheresse modérée mais constante. Un binage superficiel après chaque pluie limite aussi l’évaporation.

Un paillis léger de deux à cinq centimètres, tontes séchées ou paille fine, posé après la levée, aide à garder cette régularité en été sans multiplier les arrosages. Un semis bien arrosé et sans interruption est prêt en un mois, c’est tout le secret.

Sol et rempotage

Le radis se plaît dans une terre légère, meuble et fraîche, ni trop riche ni trop caillouteuse. Un pH compris entre 6 et 7 lui convient le mieux ; il tolère un sol légèrement acide jusqu’à 5,5, mais végète en terre trop calcaire, qui donne des racines dures et fibreuses. Un sol trop fumé favorise le feuillage au détriment de la racine, un simple coup de griffe et un ratissage fin avant le semis suffisent le plus souvent.

En terre lourde ou caillouteuse, les racines se déforment et fourchent au moindre obstacle rencontré en poussant. Un peu de compost bien mûr et de sable pour alléger améliore nettement la forme et la régularité des radis ; évitez en revanche le fumier frais ou le compost mal décomposé, qui brûlent les jeunes racines et provoquent des fourches disgracieuses.

Comme toutes les Brassicacées, le radis ne devrait pas revenir sur la même planche avant quatre à cinq ans. Cette rotation limite le risque de hernie du chou, une maladie fongique qui peut persister plus de dix ans dans le sol une fois installée, bien au-delà de la durée d’une seule culture de radis.

Température et humidité

Le radis est rustique et supporte le frais bien mieux que la chaleur. Ses graines germent dès que le sol atteint 5 à 8 degrés, mais lentement, en dix à quinze jours ; au-dessus de 15 à 20 degrés, la levée est nette et rapide, trois à quatre jours seulement. Les jeunes plants tolèrent ensuite de petites gelées, jusqu’à moins deux ou moins trois degrés environ, sans dommage sérieux, ce qui autorise des semis très précoces.

Le semis direct est possible quatre à six semaines avant vos dernières gelées, sous un châssis, un tunnel ou un voile qui réchauffe le sol et protège des coups de froid. Un voile d’hivernage léger, de dix-sept à trente grammes au mètre carré, gagne facilement trois à cinq degrés par rapport à l’air libre, de quoi couvrir l’écart entre un sol encore froid et le seuil de germination. En pleine terre à découvert, attendez plutôt que le sol tienne dix degrés.

À l’inverse, la montée à graines n’est pas due à la seule chaleur : elle se déclenche surtout quand les journées dépassent environ quatorze heures de lumière combinées à des températures moyennes supérieures à 25 degrés, autrement dit au cœur de l’été sous les latitudes tempérées. Il faut alors semer à mi-ombre ou faire une pause jusqu’au retour de la fraîcheur.

Taille et entretien

Le radis ne se taille pas, mais il réclame un éclaircissage soigné, sans doute l’opération la plus décisive de sa culture. Semé trop dru, il fait beaucoup de feuilles et une racine minuscule, toute son énergie partant dans le feuillage plutôt que dans le renflement souterrain. Dès que les plantules ont deux à quatre vraies feuilles, éclaircissez sans attendre.

La distance à respecter dépend du type de radis, une nuance que beaucoup de débutants ignorent. Les variétés rondes et demi-longues, les plus courantes au potager, se contentent de trois à cinq centimètres entre chaque plant. Les variétés longues, et plus encore les radis d’hiver ou de type daikon qui grossissent bien davantage, réclament de huit à quinze centimètres, faute de quoi les racines restent chétives et se font concurrence pour l’eau et la lumière.

Pour limiter le travail d’éclaircissage, semez clair dès le départ, une graine tous les deux à trois centimètres environ ; les maraîchers professionnels utilisent des semoirs de précision réglés sur cet écartement pour n’avoir presque rien à éclaircir. Les jeunes plants arrachés se mangent d’ailleurs en salade, feuilles comprises, rien ne se perd.

Maladies et nuisibles

La mouche du chou (Delia radicum) peut pondre au collet des radis, et ses larves creusent des galeries dans les racines qui les rendent immangeables. L’insecte produit trois à quatre générations par an, du printemps au milieu de l’automne ; chaque cycle, de la ponte à l’émergence de l’adulte suivant, dure environ six à huit semaines, dont trois à quatre semaines de développement larvaire dans le sol. Un voile anti-insectes posé dès le semis est la parade la plus sûre : choisissez une maille inférieure à un millimètre, idéalement 0,8 millimètre, pour arrêter aussi bien la mouche du chou que les altises, et enterrez bien les bords, faute de quoi les femelles s’infiltrent par la moindre ouverture.

Les altises sont l’autre plaie, surtout par temps sec et chaud. Ces minuscules coléoptères sauteurs ne comptent qu’une génération par an, mais les adultes restent actifs de longs mois, du printemps jusqu’aux premières gelées, et criblent le feuillage de petits trous ronds qui affaiblissent les jeunes plants. Un sol maintenu humide les gêne beaucoup, car ils préfèrent nettement le temps sec.

Les limaces, elles, s’attaquent surtout aux plantules par temps humide, avant même la levée complète du semis.

Multiplication

Le radis se sème toujours en place, en pleine terre, car il n’aime pas être repiqué et fourche facilement si l’on dérange ses racines. Semez en lignes espacées de quinze à vingt centimètres, ou à la volée, à un à deux centimètres de profondeur seulement. Recouvrez de terre fine et arrosez au jet fin pour ne pas croûter la surface.

Le choix de la variété change la vitesse de récolte. 'Cherry Belle', rond et rouge vif, distingué dès 1949, reste une référence pour sa rapidité et sa bonne tenue sans creux ; 'French Breakfast', mi-long, rouge à pointe blanche, est un classique tout aussi ancien. 'De 18 jours' pousse encore plus vite mais se creuse rapidement une fois mûr, tandis que 'Flamboyant', semi-long et écarlate, se récolte quatre à six semaines après le semis.

Pour récolter en continu, semez une petite ligne toutes les deux ou trois semaines pendant toute la saison fraîche plutôt qu’un grand semis d’un coup. Récolter ses propres graines demande plus de précaution qu’on ne le croit : les fleurs, hermaphrodites mais largement autostériles, se croisent facilement entre variétés, il faut donc isoler chaque variété d’environ un kilomètre pour la garder pure. Bien séchées, les graines conservent leur pouvoir germinatif cinq à dix ans.

Climat et rusticité

Où et sous quel climat elle tient

Le radis n’a pas besoin d’être rustique longtemps : sa vie tient en trois à cinq semaines. Ce qui compte, c’est qu’il supporte le frais bien mieux que la chaleur. La graine germe dès cinq à huit degrés au sol, mais lentement, en dix à quinze jours ; entre quinze et vingt degrés, la levée tombe à trois ou quatre jours. Les jeunes plants encaissent de petites gelées, jusqu’à environ moins deux ou moins trois degrés, ce qui autorise un premier semis très en avance sur le reste du potager, quatre à six semaines avant la date moyenne des dernières gelées, dès que le sol est dégelé. La racine, elle, se forme au mieux entre dix et vingt degrés.

La limite haute est plus intéressante que la basse, parce qu’elle n’est pas seulement thermique. Le radis monte à graines quand la longueur du jour dépasse environ quatorze heures et que les températures moyennes passent 25 degrés : c’est la combinaison des deux qui déclenche la floraison, pas la chaleur seule. Sous une latitude élevée, où les jours d’été sont très longs, la fenêtre se referme même par temps modéré ; sous une latitude basse, où le jour dépasse rarement treize heures, c’est la chaleur qui commande, et le radis devient une culture de saison fraîche.

Concrètement, semez de part et d’autre du plein été, à mi-ombre pendant les semaines les plus chaudes, et gagnez trois à cinq degrés sous un voile léger aux deux bouts de la saison. Sous un climat doux sans gel sévère, la culture d’hiver est simplement la meilleure de l’année : jours courts, sol frais, aucune montaison.

Votre radis, suivi mois après mois

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRepos complet au jardin, ni germination ni croissance. Commandez les graines des variétés qui vous ont plu et préparez le châssis ou le tunnel pour les tout premiers semis de février ou mars.
FévrierSous châssis chauffé ou en véranda lumineuse, les tout premiers semis peuvent lever en dix à quinze jours à cette température encore fraîche. En pleine terre, le sol reste trop froid pour une germination correcte.
MarsPremier vrai semis de saison, sous châssis, tunnel ou voile qui réchauffe le sol au-dessus du seuil de germination. La levée prend encore une bonne semaine par ce froid, c’est le radis le plus précoce.
AvrilStade de grossissement racinaire pour les semis de mars, et première récolte du mois. Semez en pleine terre à découvert et posez un voile à maille fine contre la mouche du chou et les altises.
MaiSemis réguliers en pleine terre. Au stade deux à quatre feuilles, éclaircissez à trois à cinq centimètres pour les variétés rondes. Arrosez sans faille et semez une petite ligne toutes les deux semaines.
JuinLes jours dépassent quatorze heures et les chaleurs s’installent, le risque de montée à graines grimpe. Passez les semis à mi-ombre et arrosez chaque jour pour retarder la floraison et garder des racines charnues.
JuilletPlein été, le stade de montaison guette toute levée en plein soleil. Semez uniquement à mi-ombre, ou marquez une pause : au-dessus de 25 degrés en moyenne, le radis grossit à peine avant de fleurir.
AoûtFin de mois, la fraîcheur et des jours plus courts reviennent, la germination redevient franche en trois à quatre jours. Reprenez les semis pour les récoltes d’automne et arrosez bien les jeunes lignes.
SeptembreExcellente période de grossissement racinaire, croissance rapide dans la fraîcheur retrouvée, sans risque de montaison. Semis réguliers en pleine terre, récoltes abondantes trois à quatre semaines après chaque semis.
OctobreDernières récoltes à découvert des semis de septembre. Sous châssis ou voile d’hivernage, un ultime semis reste jouable ; la levée y sera plus lente qu’en été, mais possible tant que le sol reste hors gel.
NovembreLa saison de plein champ se termine avec les premières gelées. Récoltez les derniers radis protégés sous voile ou châssis avant qu’ils ne durcissent. Nettoyez les planches et amendez la terre avant l’hiver.
DécembreRepos complet du potager, aucune germination en pleine terre. Notez les variétés qui ont le mieux tenu et préparez le calendrier de semis échelonnés, une ligne toutes les deux à trois semaines, pour l’an prochain.

Les astuces de Green Hub

  • Mélangez quelques graines de radis à un semis de carottes sur le même rang : le radis lève vite et marque la ligne, ce qui permet de biner tôt sans arracher les jeunes carottes encore invisibles.
  • Semez quelques radis au milieu d’un rang de laitues. Le feuillage de la salade leur offre de l’ombre en été et semble les protéger des altises, tandis que le radis ameublit le sol autour des jeunes salades.
  • Le radis se cultive très bien en pot ou en jardinière, à partir de quinze centimètres de profondeur pour les variétés rondes ou demi-longues. Idéal sur un balcon ou pour un coin vide du potager.
  • Une fois la taille adulte atteinte, le radis ne patiente pas : récoltez-le sous quelques jours, car même bien arrosé, il devient vite spongieux s’il reste trop longtemps en terre après sa pleine maturité.
  • Les fanes des radis arrivés à maturité, plus fibreuses que celles des jeunes plants éclaircis, se cuisinent comme des épinards, en soupe ou en pesto, pour ne rien perdre de la récolte.

Les guides qui en parlent

Mise à jour le

Comment cette fiche est écrite

Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.