Potager, saison par saison

Le calendrier du potager, du semis à la récolte

Un calendrier de potager écrit en mois ne vaut que pour l’endroit où il a été écrit : il se décale de plusieurs semaines entre le sud de l’Europe et la Scandinavie, et il est carrément inversé dans l’hémisphère sud. Le calendrier qui marche partout repose sur deux dates que vous déterminez chez vous, la dernière gelée de printemps et la première gelée d’automne, et sur une mesure que personne ne peut deviner à votre place : la température de votre sol.

Le calendrier du potager ne se lit pas en mois mais en écarts par rapport à deux ancres locales. La première est la date moyenne de vos dernières gelées de printemps : elle commande les semis à l’abri, de deux à huit semaines avant selon l’espèce, les semis rustiques en pleine terre, de deux à six semaines avant, et la sortie des cultures gélives, de une à trois semaines après. La seconde est la date de vos premières gelées d’automne : elle commande à rebours les semis de fin de saison, auxquels on ajoute une quinzaine de jours parce que la croissance ralentit quand les jours raccourcissent. Entre les deux, un thermomètre de sol tranche : presque rien ne lève sous 4 °C, la tomate demande 10 °C, le haricot et les courges 16 °C. Ces repères se transposent d’un hémisphère à l’autre, ce qu’aucune liste de mois ne sait faire.

Deux dates, pas douze mois

Presque tous les calendriers de potager sont écrits en mois, et presque tous sont faux pour vous. Un conseil daté ne vaut que pour une bande de quelques centaines de kilomètres : entre le sud de l’Europe et la Scandinavie, le même semis se décale de six à huit semaines, et il change carrément de saison dès qu’on passe l’équateur. Un jardinier australien qui suivrait à la lettre un calendrier européen planterait ses tomates en plein hiver.

Ce qui se transpose, en revanche, ce sont les événements. Une année de potager n’est pas une suite de mois, c’est une suite de seuils : le sol dégèle, il se réchauffe assez pour que les graines rustiques lèvent, le risque de gel nocturne disparaît, les jours s’allongent au point de déclencher la bulbaison des oignons, les nuits fraîchissent, la première gelée tombe. Ces seuils arrivent partout, dans le même ordre ; seules leurs dates changent.

Ce guide repose donc sur trois repères que vous cherchez une fois pour toutes : la date moyenne de vos dernières gelées de printemps, celle de vos premières gelées d’automne, et la température de votre sol à cinq centimètres. Il parle de saisons nommées ; pour les situer dans votre propre année civile, la correspondance est immédiate.

Les saisons du potager et leur correspondance dans les deux hémisphères
Saison du potagerHémisphère nordHémisphère sudRepère astronomique
Fin de saison froide : on planifie et on sème à l’abride janvier à marsde juillet à septembreaprès le solstice d’hiver
Printemps : semis rustiques, puis sortie des gélivesde mars à juinde septembre à décembrede l’équinoxe au solstice d’été
Saison chaude : récoltes et semis pour l’automnede juin à septembrede décembre à marsdu solstice d’été à l’équinoxe
Automne : récoltes de garde et plantations d’hiverde septembre à décembrede mars à juinde l’équinoxe au solstice d’hiver
Cœur de l’hiver : jour sous dix heures, croissance à l’arrêtde décembre à févrierde juin à aoûtautour du solstice d’hiver

Seuls les repères astronomiques sont communs aux deux hémisphères : un même équinoxe ouvre le printemps d’un côté de l’équateur et l’automne de l’autre.

Trouver la date de vos dernières gelées de printemps

C’est la date pivot de tout le calendrier de printemps, et c’est une statistique, pas une prophétie. Elle se lit dans les archives de votre service météorologique national, qui publie la probabilité qu’une température de zéro degré survienne après une date donnée : aux États-Unis, les normales climatiques de la NOAA donnent la date à laquelle ce risque descend sous 40, 30, 20 puis 10 %.

L’essentiel est de comprendre la différence entre ces seuils. La date dite moyenne est la date à 50 % : une année sur deux, il gèlera encore après. Repère acceptable pour un semis de carottes, très mauvaise idée pour un plant de tomate qu’une nuit à zéro degré suffit à tuer. Pour les gélives, retenez la date à 10 %, souvent deux à trois semaines plus tard.

Corrigez ensuite pour votre jardin, car le gel est très local et la station météo n’est pas chez vous. L’air froid est plus dense : il descend et s’accumule dans les creux, derrière un mur plein, au bas d’une pente. Un fond de vallée peut geler plusieurs semaines plus tard qu’un coteau deux cents mètres au-dessus ; un jardin de ville gagne une semaine sur la campagne voisine.

Les plantes du voisinage font un bon contrôle croisé : elles intègrent l’historique thermique de l’année en cours, pas une moyenne sur trente ans. Les repères classiques de l’hémisphère nord sont de ce type : semer les pois quand forsythias et narcisses fleurissent, le maïs quand les feuilles de chêne atteignent la taille d’une oreille d’écureuil. Choisissez chez vous deux ou trois plantes bien visibles et notez leur stade l’année où les gelées s’arrêtent.

Les premières gelées d’automne, et la longueur réelle de votre saison

La seconde ancre se cherche de la même façon, dans les mêmes archives. L’écart entre les deux est votre saison sans gel, et c’est lui qui décide de ce que vous pouvez cultiver : une saison de cent vingt jours interdit tout ce qui demande davantage, une saison de deux cent cinquante jours autorise deux cultures successives sur la même planche.

L’automne se planifie à rebours, et c’est là que la plupart des potagers se plantent. Partez de la date de votre première gelée, retranchez le délai semis-récolte de la variété, puis retranchez encore une quinzaine de jours : les délais imprimés sur les sachets sont mesurés en conditions optimales, et une plante qui grandit avec des journées qui raccourcissent met nettement plus longtemps. Pour une gélive, comptez deux semaines de plus.

Une seconde limite, plus brutale, n’a rien à voir avec la température. En dessous de dix heures de jour, la plupart des légumes cessent pratiquement de pousser, même sous abri et même si l’air reste doux : la lumière ne suffit plus à alimenter la croissance. Le maraîcher américain Eliot Coleman a baptisé cette fenêtre la période de Perséphone. Sa durée ne dépend que de votre latitude : nulle sous les tropiques, elle s’allonge vers les pôles jusqu’à trois mois environ vers quarante-cinq degrés.

D’où une règle universelle : une culture d’hiver ne pousse pas pendant l’hiver, elle se conserve. Elle doit atteindre les trois quarts de sa taille définitive avant que le jour ne passe sous dix heures, sans quoi elle restera figée jusqu’au retour de la lumière.

Le thermomètre de sol, le seul repère qui ne ment pas

La température de l’air se ressent, celle du sol se mesure, et c’est pourtant elle qui décide si une graine lève ou pourrit. Un thermomètre de sol coûte le prix de deux sachets de graines et remplace la moitié des calendriers.

Le protocole tient en trois gestes. Enfoncez la sonde de cinq à huit centimètres pour un semis, de dix à quinze pour une plantation. Lisez tôt le matin, vers neuf heures, quand le sol est au plus froid de sa journée : c’est cette valeur basse qui compte, pas le pic de l’après-midi. Recommencez trois matins de suite et faites la moyenne, parce qu’une journée de soleil ne réchauffe pas une planche durablement.

Les seuils se répartissent en quatre groupes. Autour de zéro degré germent déjà, très lentement, la laitue, l’épinard, l’oignon, le poireau et le panais. À partir de 4 °C s’y mettent la carotte, la betterave, le radis, le navet, les choux et le pois. À 10 °C démarrent la tomate et le maïs doux. Il faut atteindre 16 °C pour le haricot, le concombre, le poivron, l’aubergine, la courgette et les courges : semés plus froid, ils ne lèvent pas, ils moisissent. Ce sont des planchers, pas des recommandations : juste au-dessus, la graine germe si lentement qu’elle pourrit ou se fait manger avant de sortir.

Nombre de jours avant la levée selon la température du sol, d’après les mesures de J. F. Harrington, université de Californie
CultureSol à 10 °CSol à 15 °CSol à 20 °CSol à 25 °C
Laitue7,03,92,62,2
Radis11,26,34,23,5
Épinard11,76,95,75,1
Oignon13,47,14,63,6
Pois13,59,47,56,2
Betterave16,79,76,25,0
Carotte17,310,16,96,2
Maïs doux21,612,46,94,0
Panais26,619,313,614,9
Tomate42,913,68,25,9
Haricotlevée nulle16,111,48,1
Concombrelevée nulle13,06,24,0
Poivronlevée nulle25,012,58,4

Une tomate semée dans un sol à 10 °C met plus de six semaines à lever, contre six jours à 25 °C. À l’autre bout, la laitue cesse de germer au-delà d’une trentaine de degrés : cette thermodormance explique pourquoi les semis de salade ratent en pleine chaleur.

Le tableau de bord, culture par culture

Voici le cœur opérationnel du guide : pour chaque légume courant, quand il se sème par rapport à vos dernières gelées, quelle température de sol il exige, et combien de temps il met du semis à la récolte. C’est cette colonne de décalages, en semaines, qui remplace les mois.

Repères de semis et de plantation, en semaines par rapport aux dernières gelées de printemps
CultureSemis ou plantationSol minimumSemis à récolte
Pois5 à 6 semaines avant4 °C55 à 85 jours
Épinard4 à 6 semaines avant0 °C45 à 60 jours
Laitue3 à 6 semaines avant, puis en continu0 °C45 à 60 jours
Radis de printemps3 à 4 semaines avant, puis tous les 7 jours4 °C25 à 40 jours
Navet2 à 4 semaines avant4 °C45 à 70 jours
Betterave2 à 4 semaines avant4 °C50 à 70 jours
Carotte2 à 4 semaines avant4 °C60 à 80 jours
Oignon de conservation4 semaines avant, en plants ou bulbilles0 °C100 à 120 jours
Poireau, en plants4 semaines avant0 °C120 à 150 jours
Brocoli et chou, en plants2 à 4 semaines avant4 °C50 à 90 jours
Pomme de terre2 à 4 semaines avant, sol à 7 °Csans objet90 à 120 jours
Panaisvers la dernière gelée, sol ressuyé0 °C110 à 130 jours
Haricotdernière gelée passée16 °C50 à 70 jours
Tomate, en plants1 à 3 semaines après10 °C70 à 90 jours
Poivron et aubergine, en plants1 à 3 semaines après16 °C70 à 90 jours
Concombre2 semaines après16 °C55 à 65 jours
Courgette2 semaines après16 °C50 à 60 jours
Potiron et courges d’hiver2 semaines après16 °C95 à 120 jours

La colonne des décalages sépare deux familles. Les rustiques se sèment avant la dernière gelée : le froid ne les tue pas et elles profitent de l’humidité du sol au sortir de l’hiver. Les gélives ne sortent qu’après, sans exception : tomate, poivron, aubergine, haricot, concombre, courgette, courge et melon meurent à zéro degré, pas à moins cinq.

Le délai semis-récolte, lui, se cumule avec la date de départ pour vérifier qu’une culture rentre dans votre saison. Un poireau demande de cent vingt à cent cinquante jours, un panais de cent dix à cent trente. À l’autre extrémité, un radis de printemps est prêt en vingt-cinq à quarante jours et une laitue en quarante-cinq à soixante : parfaits pour occuper une planche entre deux cultures longues. Si votre saison sans gel est courte, ce sont ces colonnes qui décident.

Deux cultures échappent en partie à la logique des gelées. L’oignon forme son bulbe en réponse à la durée du jour, indépendamment de sa date de plantation : les variétés de jours courts bulbent vers dix à douze heures et conviennent aux latitudes basses, celles de jours intermédiaires vers douze à quatorze heures, celles de jours longs vers quatorze à seize heures. Une variété de jours longs plantée près de l’équateur ne bulbera jamais. L’ail, lui, réclame six à huit semaines entre zéro et dix degrés pour que la tête se divise en caïeux.

Saison froide avant le printemps : on planifie et on sème à l’abri

Quand le sol est gelé ou détrempé, il n’y a rien à faire dehors, et c’est précisément là que se gagne la saison suivante. Trois chantiers l’occupent.

Le plan de rotation d’abord. Notez ce qui a poussé où l’année précédente et déplacez chaque famille botanique : solanacées (tomate, pomme de terre, poivron, aubergine), cucurbitacées, alliacées, brassicacées, légumineuses, apiacées. Une famille qui revient trop vite au même endroit entretient les maladies du sol et les ravageurs qui l’attendent : trois à quatre ans d’intervalle est la règle courante.

L’amendement ensuite. Compost mûr épandu en surface, planches vides couvertes par un paillage ou un engrais vert : un sol nu se tasse sous la pluie, perd ses éléments nutritifs par lessivage et se réchauffe plus mal. En climat océanique humide, où l’excès d’eau hivernal fait plus de dégâts que le froid, une planche surélevée qui ressuie vite fait gagner deux à trois semaines sur la reprise.

Le semis à l’abri enfin, et le compte à rebours commence pour de bon. Huit semaines avant la dernière gelée pour le céleri, le persil et le poireau ; six à huit semaines pour la tomate, le poivron, l’aubergine et l’oignon semé en graines ; quatre à six semaines pour les choux, la laitue et les aromatiques ; deux à trois semaines seulement pour le concombre, la courgette et les melons, qui supportent mal de rester bloqués en godet. Un semis lancé trop tôt donne un plant étiolé, qui reprendra moins bien qu’un plant plus jeune et trapu.

C’est aussi le moment de pré-germer les pommes de terre, six semaines environ avant la plantation : une seule couche, germes vers le haut, autour de vingt degrés et en lumière vive mais indirecte. Les germes restent courts et la récolte gagne sept à quatorze jours.

Le réchauffement : semis rustiques dehors et endurcissement

Le premier vrai signal du printemps n’est pas une date, c’est un état du sol : il ne colle plus à la bêche, et une poignée pressée dans la main s’effrite au lieu de se mouler en boule. Travailler une terre gorgée d’eau détruit sa structure pour toute la saison.

Dès ce moment, tout ce qui est rustique peut partir, jusqu’à quatre à six semaines avant la dernière gelée pour les plus résistants. Les pois d’abord, dès que le sol est praticable ; puis l’épinard et la laitue, puis le radis, le navet, la betterave et la carotte, puis les plants d’oignon, de poireau et de choux. Ces cultures ne se contentent pas de tolérer le froid, elles le préfèrent : une laitue semée dans un sol déjà chaud monte en graines beaucoup plus vite et devient amère.

Deux semaines avant la dernière gelée commence l’endurcissement des plants élevés à l’abri, l’étape que l’on saute le plus souvent. Un plant qui a grandi à température constante, sans vent et sous une lumière filtrée n’a ni cuticule épaisse ni tige rigide : sorti d’un coup en plein soleil, il brûle en une après-midi. Comptez sept à quatorze jours, une à deux heures dehors le premier jour, puis une heure de plus chaque jour jusqu’à une nuit complète dehors.

C’est également la fenêtre des pommes de terre, deux à quatre semaines avant la dernière gelée, une fois le sol à sept degrés au moins ; en dessous, le plant de semence pourrit avant de démarrer. Le feuillage est gélif, mais s’il est pris par une gelée tardive, on butte de la terre par-dessus et la plante repart. Le buttage protège aussi les tubercules de la lumière : un tubercule exposé verdit, accumule de la solanine et ne se consomme pas.

Saison chaude : sortir les gélives, échelonner, semer déjà l’automne

Une à trois semaines après la dernière gelée, selon votre tolérance au risque, les cultures gélives sortent : tomate, poivron, aubergine et melon en tête ; concombre, courgette, courge et potiron plutôt deux semaines après, parce qu’ils réclament un sol nettement plus chaud que l’air ne le laisse croire. Le haricot se sème directement dès que le sol tient seize degrés au petit matin.

La question n’est plus alors quoi semer, mais à quel rythme. Le semis échelonné sépare le potager qui donne toute la saison de celui qui donne tout la même semaine. Les intervalles usuels des maraîchers sont courts : sept jours pour les jeunes pousses, le radis et l’épinard ; dix jours pour la laitue pommée, le pois et le haricot nain ; quatorze jours pour la betterave, le navet et la roquette ; vingt et un jours pour la carotte et le concombre ; trente jours pour la courgette.

La règle du sol jamais nu vaut ici aussi : une planche libérée par les pois se replante dans la journée, sinon vous perdez trois semaines de saison. C’est le moment, en pleine chaleur et sans que cela paraisse logique, où l’on travaille pour l’automne. Poireaux à repiquer, choux d’hiver, chou de Bruxelles, mâche, épinard d’automne, carottes de garde : tout cela se sème quand les premières tomates rougissent.

Deux difficultés propres à la chaleur s’anticipent. La thermodormance des salades bloque la germination au-delà d’une trentaine de degrés : semez à l’ombre d’une culture haute, arrosez la ligne juste avant, ou démarrez en godets au frais. La montée à graines, déclenchée par les jours longs et la chaleur, se contourne avec des variétés résistantes à la montaison.

Retour du froid : récoltes de garde, cultures d’hiver et plantations pour l’année suivante

À l’approche des premières gelées, l’ordre des opérations est dicté par la résistance au froid de chaque culture, pas par une date. Tout ce qui est gélif est perdu dès que le thermomètre touche zéro : tomate, poivron, aubergine, haricot, concombre, courgette, courge, potiron et basilic se récoltent avant. Entre zéro et moins deux degrés tiennent la betterave, la carotte, le chou-fleur, la laitue, l’oignon, l’ail, le persil, le pois, le radis et l’épinard. De moins deux à moins quatre degrés et souvent au-delà résistent le brocoli, le chou, le chou de Bruxelles, le chou frisé, le navet et le panais.

Ces derniers ne se contentent pas de survivre, ils s’améliorent. Exposés au froid, ils convertissent une partie de leur amidon en sucres solubles, saccharose et fructose, qui abaissent le point de congélation de leurs cellules et jouent le rôle d’un antigel. L’effet est aussi gustatif : un panais ou un chou de Bruxelles récolté après une gelée est franchement plus sucré. On les laisse en terre sous un paillage épais et on les cueille au fur et à mesure.

C’est enfin la saison des plantations qui préparent l’année suivante. L’ail se plante quelques semaines avant que le sol ne gèle, le temps de s’enraciner, puis il reçoit en terre ses six à huit semaines de froid. Oignons de conservation et échalotes suivent la même logique, et les fèves d’hiver passent le froid sans difficulté. Là où les hivers sont doux mais très mouillés, drainez avant de pailler : l’excès d’eau y tue plus sûrement que le gel.

Notez tout, pour finir : votre dernière gelée réelle, la première, ce qui a levé et ce qui a raté. Trois carnets d’affilée valent mieux que n’importe quel calendrier imprimé.

Les pièges classiques à éviter

PiègeSortir les cultures gélives à la date moyenne des dernières gelées, en la prenant pour une date sûre.

Pourquoi :Cette date moyenne correspond à une probabilité de 50 % : une année sur deux, il gèlera encore après. Or une tomate ou un basilic ne survit pas à une seule nuit à zéro degré, et il n’y a pas de dégât partiel à rattraper.

La bonne pratique :Utilisez plutôt la date à 10 % de risque, souvent deux à trois semaines plus tard, ou gardez un voile prêt à poser dès qu’une nuit claire et sans vent est annoncée.

PiègeSemer parce que la saison est arrivée, sans jamais mesurer la température du sol.

Pourquoi :L’air se réchauffe bien avant la terre, surtout dans un sol lourd. Une graine de haricot ou de courge semée sous seize degrés ne germe pas, elle moisit ; une tomate semée à dix degrés met plus de six semaines à lever au lieu de six jours.

La bonne pratique :Mesurez à cinq centimètres, trois matins de suite, avant chaque semis direct. Si le sol est trop froid, réchauffez la planche sous une bâche une à deux semaines, ou démarrez en godets à l’abri.

PiègeAppliquer tel quel un calendrier de semis trouvé en ligne, sans savoir pour quel climat il a été écrit.

Pourquoi :Un calendrier daté ne vaut que pour la région où il a été rédigé. Entre le sud et le nord de l’Europe, le même semis se décale de six à huit semaines, et dans l’hémisphère sud les saisons sont inversées.

La bonne pratique :Traduisez tout calendrier en écarts par rapport à vos propres dates de gelées. Si l’auteur ne précise ni sa zone de rusticité ni sa date de dernière gelée, le document n’est pas exploitable.

PiègeSemer les cultures d’automne et d’hiver quand les nuits commencent à fraîchir.

Pourquoi :Il ne reste alors plus assez de jours de croissance. Les délais imprimés sur les sachets sont mesurés en conditions optimales, et avec des journées qui raccourcissent il faut compter une quinzaine de jours de plus. Pire, la croissance s’arrête presque dès que le jour passe sous dix heures.

La bonne pratique :Semez les cultures d’hiver au cœur de la saison chaude, au moment où cela paraît absurde : première gelée moins le délai semis-récolte moins quinze jours, et trois quarts de la taille adulte atteints avant les journées de dix heures.

PiègePlanter l’ail au printemps, comme un légume de printemps ordinaire.

Pourquoi :L’ail a besoin de six à huit semaines entre zéro et dix degrés pour que la tête se divise en caïeux. Planté au printemps, il ne reçoit jamais ce froid : il produit un bulbe rond unique, non divisé, plus petit et qui se conserve mal.

La bonne pratique :Plantez-le à l’automne, quelques semaines avant que le sol ne gèle. Là où les hivers sont trop doux pour fournir ce froid, placez les caïeux au réfrigérateur six à huit semaines avant la plantation.

Les fiches d’entretien à consulter

Tomate

Solanum lycopersicum

La tomate (Solanum lycopersicum) est la reine du potager, mais c’est une plante de soleil et de chaleur qui joue serré…

Pomme de terre

Solanum tuberosum

La pomme de terre (Solanum tuberosum) est une des cultures les plus satisfaisantes du potager belge : facile,…

Carotte

Daucus carota

La carotte (Daucus carota) est un légume racine de base au potager, qui se conserve tout l’hiver et se sème directement…

Courgette

Cucurbita pepo

La courgette (Cucurbita pepo) est le légume d’été facile par excellence, un plant en donne plus qu’une famille n’en…

Haricot vert

Phaseolus vulgaris

Le haricot vert (Phaseolus vulgaris) est un des légumes les plus faciles du potager, à condition de respecter une règle…

Laitue

Lactuca sativa

La laitue (Lactuca sativa) est la salade la plus cultivée au potager, facile et rapide, on la récolte six à dix…

Radis

Raphanus sativus

Le radis (Raphanus sativus) est le légume le plus rapide du potager, prêt à croquer en trois à cinq semaines à peine…

Poireau

Allium porrum

Le poireau (Allium porrum) est le légume d’hiver par excellence sous nos latitudes, capable de tenir en pleine terre…

Oignon

Allium cepa

L’oignon (Allium cepa) est un légume-bulbe rustique et sans histoires, l’un des plus faciles à réussir au potager…

Ail

Allium sativum

L’ail (Allium sativum) est un des légumes les plus faciles du potager belge, à condition de comprendre deux choses. On…

Épinard

Spinacia oleracea

L’épinard (Spinacia oleracea) est un légume-feuille de saison fraîche, rustique et pressé de vivre. En Belgique, notre…

Petit pois

Pisum sativum

Le petit pois (Pisum sativum) est une légumineuse de saison fraîche, rustique au froid mais qui déteste la chaleur :…

Potiron

Cucurbita maxima

Le potiron (Cucurbita maxima) est une courge coureuse originaire des Andes, capable de porter des fruits de plusieurs…

Panais

Pastinaca sativa

Le panais (Pastinaca sativa) est un vieux légume-racine rustique, cousin de la carotte, à la chair blanche et au goût…

Chou de Bruxelles

Brassica oleracea var. gemmifera

Le chou de Bruxelles (Brassica oleracea var. gemmifera) est un légume belge dans l’âme : il a été sélectionné dans les…

Mâche

Valerianella locusta

La mâche (Valerianella locusta) est la salade d’hiver par excellence, et il n’y a sans doute pas plus belge comme…

Betterave rouge

Beta vulgaris

La betterave rouge (Beta vulgaris) est un légume-racine facile, l’un des plus indulgents du potager belge. On la sème…

Navet

Brassica rapa

Le navet (Brassica rapa) est une racine rustique et rapide, l’une des cultures les plus faciles du potager belge.…

Concombre

Cucumis sativus

Le concombre (Cucumis sativus) est une cucurbitacée annuelle originaire du sud de l’Himalaya, et son goût du chaud ne…

Poivron

Capsicum annuum

Le poivron (Capsicum annuum) est un légume-fruit annuel et franchement frileux, cousin doux du piment, venu des régions…

Fève

Vicia faba

La fève (Vicia faba) est un des tout premiers légumes de l’année, une légumineuse rustique et costaud qui se sème quand…

Maïs doux

Zea mays var. saccharata

Le maïs doux (Zea mays var. saccharata) est une grande graminée annuelle et frileuse, cultivée pour ses épis sucrés que…

Voir toutes les fiches du catalogue →

Questions fréquentes

Quand puis-je sortir mes tomates sans risque ?

Une à trois semaines après la date moyenne de vos dernières gelées, et seulement si le sol tient dix degrés au petit matin. La tomate est gélive : une seule nuit à zéro degré la tue, il n’y a pas de demi-mesure. Si vous voulez avancer, plantez à la date moyenne mais gardez un voile de forçage à portée de main pour les nuits claires et sans vent. Prévoyez aussi sept à quatorze jours d’endurcissement, sinon le plant brûle même sans gelée.

Comment trouver la date de mes dernières gelées si je n’ai pas de données locales ?

Commencez par les archives de votre service météorologique national, qui publie en général des probabilités de gel par station. Si votre station de référence est loin ou mal placée, corrigez : l’air froid s’accumule dans les creux et derrière les obstacles, un fond de vallée gèle plus tard qu’un coteau, un jardin de ville moins qu’un jardin de campagne. Interrogez ensuite les jardiniers installés dans votre rue depuis dix ans, et notez chaque année votre dernière gelée réelle : au bout de trois saisons, vous avez votre propre statistique.

À quelle profondeur et à quel moment mesurer la température du sol ?

À cinq ou huit centimètres pour un semis, à dix ou quinze centimètres pour une plantation, tôt le matin, vers neuf heures. C’est à ce moment que le sol est au plus froid, et c’est cette valeur qui décide du sort de la graine, pas le pic de l’après-midi. Faites la mesure trois matins de suite et prenez la moyenne : une seule journée ensoleillée ne réchauffe pas une planche en profondeur.

Une gelée tardive est annoncée et j’ai déjà tout planté, que faire ?

Arrosez copieusement le sol en fin d’après-midi : une terre humide stocke la chaleur du jour et la restitue la nuit, ce qui fait gagner un à deux degrés au ras du sol. Couvrez ensuite chaque plant avec un voile d’hivernage, un carton ou un seau retourné, en veillant à ce que la couverture touche le sol tout autour. Retirez tout tôt le lendemain matin. Les nuits sans nuage et sans vent sont les plus dangereuses.

Jusqu’à quand puis-je encore semer pour récolter avant l’hiver ?

Partez de la date de vos premières gelées, retranchez le délai semis-récolte de la variété, puis retranchez encore une quinzaine de jours parce que la croissance ralentit quand les jours raccourcissent. Pour une culture gélive, retranchez deux semaines de plus. Il faut aussi que la plante ait atteint environ les trois quarts de sa taille avant que la durée du jour ne descende sous dix heures : sous ce seuil, la croissance s’arrête pratiquement, même si l’air reste doux et même sous abri.

Ce calendrier fonctionne-t-il dans l’hémisphère sud et sous les tropiques ?

Oui, parce qu’il ne repose sur aucun mois. Dans l’hémisphère sud, tout est décalé d’environ six mois par rapport aux repères habituels, comme le montre la table de correspondance des saisons ; les décalages en semaines par rapport aux gelées, les températures de sol et les délais semis-récolte, eux, ne changent pas. Sous les tropiques et en climat subtropical sans gel, les deux ancres cèdent la place à la saison des pluies et à la saison sèche, et les variétés d’oignon de jours courts s’imposent.

Green Hub s’occupe de vos plantes

Photographiez une plante : Green Hub l’identifie et écrit sa fiche de soin, sans compte. Connectez-vous ensuite pour garder ses photos datées et son historique dans le temps.

Identifier une plante