Rempoter ses plantes et choisir le bon terreau

On rempote la plupart des plantes d’intérieur au printemps (mars-avril), quand elles repartent en croissance, et seulement tous les un à deux ans, quand les racines sont à l’étroit. Le nouveau pot ne doit faire que 2 à 4 cm de diamètre de plus que l’ancien : un pot trop grand est la première cause de pourriture. Le terreau se choisit selon la plante, du mélange drainant pour cactus à la terre de bruyère acide pour la myrtille. En Belgique, on ne sort les plantes dehors qu’après la mi-mai.

Quand rempoter : les signes qui ne trompent pas

Le meilleur moment pour rempoter la plupart des plantes d’intérieur est le début du printemps, en mars-avril, quand la plante sort de son repos hivernal et repart en croissance. Une fin d’été, après la forte pousse, offre une seconde fenêtre acceptable. La plupart des plantes ne se rempotent que tous les un à deux ans, et seulement quand les racines sont vraiment à l’étroit et ne peuvent plus se développer : rempoter par habitude, une plante encore à l’aise dans son pot, ne sert à rien.

Six signes indiquent qu’un rempotage s’impose : des racines qui sortent par les trous de drainage ou en surface, une motte compacte qui glisse d’un seul bloc hors du pot, une croissance stoppée malgré de bonnes conditions, des feuilles plus petites et un jaunissement fréquent, une floraison en baisse, et un arrosage qui traverse le pot trop vite ou au contraire une eau qui stagne. En Belgique (zone 8a), on rempote au printemps mais on ne sort les plantes fraîchement rempotées dehors qu’après les Saints de Glace, à la mi-mai, une fois tout risque de gelée écarté : autour de Herve, les gelées tardives restent possibles jusque-là.

Le geste juste, étape par étape

Le point le plus important tient au diamètre du nouveau pot : il ne doit faire que 2 à 4 cm de plus que l’ancien. Un pot surdimensionné est à l’origine d’environ 70 pour cent des échecs de rempotage, par pourriture des racines : l’excès de terreau humide, non colonisé par les racines, reste détrempé et les asphyxie. On ajoute au fond une couche drainante d’environ 2 à 3 cm de billes d’argile ou de gravier, qui limite le contact direct entre la motte et l’eau résiduelle. Cette couche ne remplace pas le trou de drainage, qui reste indispensable.

Au moment de replacer la plante, on veille à ne jamais enterrer le collet, la jonction entre les racines et la tige : il reste à son niveau habituel, environ 2 cm sous le bord du pot pour ménager une réserve d’arrosage sans débordement. Après le rempotage, on arrose abondamment pour tasser le terreau et chasser les poches d’air qui nuisent aux racines, puis on complète avec un peu de terreau si le niveau s’affaisse. On attend ensuite 4 à 6 semaines avant tout apport d’engrais, le temps que la plante s’installe.

Quel terreau pour quelle plante

Le terreau universel ne convient aux plantes qui exigent du drainage que s’il est allégé d’un tiers d’éléments drainants (sable de rivière, perlite ou billes d’argile) : trop riche en matière organique, il retient l’eau et peut faire pourrir les racines. Pour les cactus et les succulentes comme l’aloe-vera, il faut un substrat très drainant : une recette type mélange environ 40 pour cent de terreau, 20 pour cent de sable non calcaire, 20 pour cent de pouzzolane ou de pierre ponce, 15 pour cent de terre de jardin et 5 pour cent de perlite, cette dernière améliorant l’aération et l’enracinement. Le terreau pour orchidées, lui, est fait d’écorces de pin : elles donnent une structure aérée qui ne se compacte pas, indispensable aux racines épiphytes.

Le terreau géranium ou plantes fleuries est plus léger et mieux drainant que l’universel, enrichi en phosphore et en engrais pour soutenir une floraison longue ; en jardinière, on l’améliore encore avec 20 à 40 pour cent de perlite ou de billes d’argile concassées. Un terreau à remplacer se reconnaît vite : substrat compact et déstructuré où l’eau stagne, motte feutrée qui n’absorbe plus l’eau, ou au contraire mélange épuisé trop drainant qui exige des arrosages incessants. À la dépotage, on vérifie les racines : saines, elles sont blanches et fermes ; pourries, elles sont brunes, molles et gluantes, avec une odeur de pourri. Une plante gourmande en substrat aéré, comme le monstera-deliciosa, le ficus-lyrata ou le pilea, apprécie un universel bien allégé.

Plantes acidophiles et terre acide

Certaines plantes ne prospèrent qu’en sol acide et refusent le terreau ordinaire. Les plantes acidophiles (myrtille, hortensia, azalée, camélia, rhododendron, érable du Japon, bruyère, magnolia, fougères) exigent une terre de bruyère au pH acide de 4 à 5, inférieur à 6, légère, drainante et peu minéralisée. Cette acidité n’est pas un caprice : elle permet l’assimilation du fer et des oligo-éléments et prévient la chlorose, ce jaunissement du feuillage qui survient quand un pH trop élevé bloque le fer.

La myrtille (Vaccinium corymbosum) ne prospère qu’en sol très acide, pH 4,5 à 5,5. En Belgique, où beaucoup de sols sont neutres ou calcaires, la culture en grand pot de terre de bruyère est la solution la plus fiable, à condition d’arroser à l’eau de pluie : l’eau du robinet, calcaire dans bien des communes autour de Herve, fait remonter le pH, jaunir puis dépérir la plante. Récupérer l’eau de pluie, fréquente dans la région, résout le problème. Un paillis acide (écorce de pin, aiguilles de conifères, copeaux de bois) étalé sur les plantes de terre de bruyère, comme l’hortensia, maintient la fraîcheur et l’acidité du sol dans la durée.

Les pièges à éviter

Le piège le plus courant est le pot trop grand, tentant parce qu’on croit offrir de la place, mais responsable de la majorité des racines pourries : mieux vaut un pot juste un peu plus large et rempoter plus souvent. Deux autres réflexes font du tort. On ne rempote jamais une plante en fleur : cela provoque systématiquement la chute des fleurs et des boutons, donc on attend la fin de la floraison. Et après l’achat, on ne rempote pas tout de suite : mieux vaut laisser la plante s’acclimater 10 à 15 jours, car environ 80 pour cent des plantes récupèrent mieux après cette période d’adaptation. Le rempotage n’est urgent, à l’achat, qu’en présence de signes nets de saturation racinaire.

Enfin, certaines plantes fleurissent mieux à l’étroit et n’aiment pas qu’on les dérange. Le clivia en est l’exemple type : il fleurit davantage quand il reste serré dans son pot, on ne le rempote donc que tous les 3 à 4 ans, uniquement quand ses racines charnues remplissent complètement le contenant. Le cactus-de-noel supporte aussi de rester à l’étroit. La règle générale reste la meilleure garde-fou : on rempote quand la plante le demande vraiment, pas par calendrier ni par envie de lui faire plaisir.

Les fiches d’entretien à consulter

Clivia

Clivia miniata

Le clivia (Clivia miniata) est une plante d’intérieur robuste et généreuse, venue des sous-bois d’Afrique du Sud. Ses…

Myrtille

Vaccinium corymbosum

La myrtille cultivée (Vaccinium corymbosum) est le grand cousin arbustif de la myrtille sauvage, aussi appelé bleuet en…

Hortensia

Hydrangea macrophylla

L’hortensia (Hydrangea macrophylla) est sans doute l’arbuste à fleurs le mieux adapté au climat de Herve. Originaire…

Orchidée papillon

Phalaenopsis

L’orchidée papillon (Phalaenopsis) est la reine des plantes d’intérieur, et pour de bonnes raisons : elle fleurit des…

Aloe vera (aloès)

Aloe vera

L’aloe vera (Aloe vera) est une plante grasse de la péninsule arabique, cultivée depuis l’Antiquité pour le gel…

Monstera (faux philodendron)

Monstera deliciosa

Le Monstera deliciosa, ou faux philodendron, est une liane tropicale d’Amérique centrale devenue la vedette des…

Figuier lyre

Ficus lyrata

Le Ficus lyrata, ou figuier lyre, est un arbre de sous-bois africain reconnaissable à ses grandes feuilles brillantes…

Pilea (plante à monnaie chinoise)

Pilea peperomioides

La Pilea (Pilea peperomioides) est une plante d’intérieur facile, reconnaissable à ses feuilles rondes et charnues,…

Géranium des balcons (pélargonium)

Pelargonium

Ce qu’on appelle géranium de balcon est en réalité un pélargonium, une plante venue d’Afrique du Sud, à ne pas…

Cactus de Noël

Schlumbergera

Le cactus de Noël (Schlumbergera) est un cactus sans épines, mais pas un cactus de désert : il vient des forêts de…

Menthe

Mentha

La menthe (Mentha) regroupe plusieurs espèces et hybrides, de la menthe verte à la menthe poivrée, tous vivaces et…

Olivier

Olea europaea

L’olivier (Olea europaea) est un arbre méditerranéen à la rusticité juste limite chez nous, en zone 8a. Un sujet bien…

Sansevière (langue de belle-mère)

Dracaena trifasciata

La sansevière (Dracaena trifasciata), longtemps classée sous le nom Sansevieria trifasciata et surnommée langue de…

Voir toutes les fiches du catalogue →

Questions fréquentes

Quand faut-il rempoter ses plantes d’intérieur ?

Au début du printemps, en mars-avril, quand la plante repart en croissance, avec une seconde fenêtre possible en fin d’été. La plupart se rempotent tous les un à deux ans, seulement quand les racines sont vraiment à l’étroit : racines qui sortent du pot, croissance stoppée, eau qui stagne ou file trop vite. En Belgique, on ne les sort dehors qu’après les Saints de Glace, mi-mai.

Quel terreau choisir selon la plante ?

Terreau universel pour la plupart des plantes vertes, allégé d’un tiers de drainants si elles craignent l’excès d’eau. Mélange très drainant (terreau, sable, pouzzolane, perlite) pour cactus et succulentes. Écorces de pin pour les orchidées. Terreau fleuries pour les géraniums. Terre de bruyère acide pour myrtille, hortensia, azalée et camélia.

Pourquoi un pot trop grand fait-il pourrir les racines ?

Un pot surdimensionné contient beaucoup de terreau que les racines ne colonisent pas. Ce terreau reste gorgé d’eau après chaque arrosage, prive les racines d’air et les fait pourrir : c’est la cause d’environ 70 pour cent des échecs de rempotage. Choisissez un pot de 2 à 4 cm de diamètre de plus que l’ancien, pas davantage, quitte à rempoter plus souvent.

Comment cultiver une myrtille en sol calcaire belge ?

La myrtille exige un sol très acide, pH 4,5 à 5,5, que la plupart des sols belges neutres ou calcaires n’offrent pas. La solution fiable est un grand pot de terre de bruyère, arrosé exclusivement à l’eau de pluie : l’eau du robinet calcaire fait remonter le pH, jaunir puis dépérir la plante. Un paillis d’écorce de pin maintient l’acidité dans la durée.

Green Hub s’occupe de vos plantes

Photographiez une plante : Green Hub l’identifie et écrit sa fiche de soin, sans compte. Connectez-vous ensuite pour garder ses photos datées et son historique dans le temps.

Identifier une plante