Clématite

Clematis

ExtérieurFamille : Ranunculaceae (Renonculacées)Difficulté : MoyenToxicité : voir fiche

La clématite (Clematis) est la reine des grimpantes à fleurs, capable de couvrir un mur, un treillage ou un vieux pommier de centaines de fleurs en une seule saison. En Belgique, elle pousse bien dans presque tous les jardins, du moment qu’on respecte sa règle d’or : la tête au soleil et les pieds à l’ombre. Le vrai piège n’est pas la culture mais la taille. Chaque clématite appartient à l’un de trois groupes qui se taillent différemment, et se tromper de groupe explique la plupart des floraisons décevantes.

Exposition et lumière

La clématite veut sa tête en plein soleil ou à mi-ombre lumineuse, avec au moins cinq à six heures de lumière par jour pour bien fleurir. Un mur exposé au sud ou à l’est convient parfaitement, à condition de ne jamais négliger ce qui se passe au niveau du sol.

Ses racines, elles, détestent la chaleur directe et le dessèchement. Paillez généreusement le pied ou installez une petite vivace basse devant elle, un géranium vivace, une hosta ou simplement quelques cailloux plats, pour maintenir les racines fraîches et à l’ombre pendant que le feuillage grimpe vers la lumière.

Arrosage

Les deux premières années après la plantation sont décisives : la clématite installe un système racinaire profond et a besoin d’un sol qui reste frais en permanence, sans jamais être détrempé. Arrosez copieusement une à deux fois par semaine en été plutôt qu’un peu tous les jours, l’eau doit descendre en profondeur pour encourager les racines à s’enfoncer.

Une fois bien installée, la clématite supporte mieux les périodes sèches, mais une plante en pot ou contre un mur abrité de la pluie reste vulnérable toute sa vie. Un paillis épais au pied réduit nettement les besoins d’arrosage et protège les racines superficielles.

Sol et rempotage

La clématite aime un sol frais, riche et bien drainé, plutôt neutre à légèrement calcaire. Un sol trop acide freine sa croissance, un apport de compost bien mûr chaque printemps et, si nécessaire, un peu de chaux ou de cendre de bois suffisent à corriger le tir.

Évitez absolument les sols lourds et gorgés d’eau en hiver, les racines pourrissent vite dans une terre asphyxiée. Sur un sol argilo-calcaire comme on en trouve souvent dans la région de Herve, plantez en surélevant légèrement la motte et en ajoutant du compost et un peu de sable grossier pour ouvrir la structure.

Température et humidité

La plupart des clématites cultivées chez nous sont parfaitement rustiques en zone 8a et passent l’hiver dehors sans aucune protection une fois adultes. Les jeunes plants de la première année profitent en revanche d’un bon paillis au pied pour l’hiver, le temps que les racines s’enfoncent suffisamment.

Le vrai risque n’est pas le froid hivernal mais les gelées tardives du printemps, qui peuvent brûler les jeunes pousses tendres en avril. Gardez un voile d’hivernage à portée de main si un coup de gel est annoncé alors que la clématite a déjà démarré.

Taille et entretien

La taille est ce qui décourage le plus de débutants, alors que la règle est simple une fois qu’on a identifié son groupe. Avant de sortir le sécateur, il faut savoir à quel groupe appartient sa clématite, l’étiquette d’achat le précise en général, sinon on peut le déduire de la période de floraison et de l’espèce.

Le groupe un fleurit au printemps sur le bois formé l’année précédente, c’est le cas de Clematis montana et des clématites à petites fleurs de printemps. On les taille légèrement, juste pour équilibrer la silhouette, tout de suite après la floraison, jamais en hiver sinon on supprime les fleurs de l’année suivante. Le groupe deux regroupe les grandes fleurs de mai-juin qui refleurissent souvent plus modestement en fin d’été, ce sont les hybrides classiques type Nelly Moser. On les taille légèrement en fin d’hiver, en février ou mars, en gardant la charpente et en enlevant seulement le bois mort et les tiges trop désordonnées. Le groupe trois fleurit en été et en automne sur le bois de l’année, viticella et jackmanii en sont les exemples types. Ceux-là se rabattent franchement en fin d’hiver, à environ trente centimètres du sol, sans crainte, ils repartent vigoureusement et fleuriront quand même l’été suivant.

Maladies et nuisibles

Le fléau de la clématite est le flétrissement, ou clematis wilt, causé par un champignon du genre Calophoma, autrefois appelé Ascochyta clematidina. Une tige entière s’effondre brutalement, parfois en l’espace de quelques jours, alors que le reste de la plante semble en pleine santé. C’est spectaculaire et ça inquiète, mais ce n’est presque jamais fatal.

Coupez la tige atteinte au ras du sol, voire un peu en dessous, et éliminez ce bois avec les déchets, pas au compost. La plante repart très souvent de la souche ou des racines dans les semaines qui suivent. Planter la motte quelques centimètres plus profond que dans le pot d’origine, avec un ou deux nœuds enterrés, aide beaucoup à la reprise après une attaque : la plante dispose alors de bourgeons de secours sous terre. Les limaces s’attaquent aussi volontiers aux jeunes pousses tendres au printemps, protégez-les tant qu’elles n’ont pas durci.

Multiplication

Le marcottage est la méthode la plus simple et la plus fiable pour multiplier une clématite déjà installée. Couchez une tige souple dans une petite tranchée au sol, en laissant dépasser l’extrémité, maintenez-la avec une pierre ou une agrafe, et recouvrez de terre au niveau d’un nœud. Le marcottage s’enracine en une saison, on peut alors le séparer du pied mère.

Le bouturage fonctionne aussi mais demande plus de soin : prélevez une bouture semi-aoûtée à un nœud en plein été, avec une seule paire de feuilles réduite de moitié, et maintenez-la à l’étouffée le temps qu’elle s’enracine. Le semis n’est réservé qu’aux espèces botaniques, les hybrides ne redonnent jamais la même plante que le pied mère.

Toxicité

La sève fraîche est irritante pour la peau et les muqueuses au contact, et toute la plante est toxique si elle est ingérée : elle provoque des troubles digestifs, irritation de la bouche, nausées, vomissements. Portez des gants pour la taille et gardez les enfants et les animaux à distance de la sève fraîche.

Le conseil local

En Belgique (climat de Herve, zone 8a)

Dans la région de Herve, en zone 8a, la clématite est chez elle et passe l’hiver dehors sans souci une fois bien installée. La règle qui fait toute la différence ici comme ailleurs est simple à retenir : la tête au soleil, les pieds à l’ombre. Plantez-la contre un mur ou un treillage exposé, mais paillez toujours copieusement le pied ou installez une petite plante basse devant pour garder les racines fraîches, nos étés peuvent taper fort sur un sol nu exposé plein sud.

Elle apprécie particulièrement les sols de la région, plutôt frais et argilo-calcaires, à condition qu’ils ne restent jamais détrempés en hiver. Plantez de préférence à l’automne, en octobre ou novembre, la terre encore tiède favorise l’enracinement avant l’hiver, ou au printemps si le sol de votre jardin reste lourd et humide en automne. Et surtout, avant le premier coup de sécateur, identifiez le groupe de taille de votre clématite : c’est ce qui distingue un jardinier qui obtient des murs fleuris de celui qui se retrouve chaque année avec une plante qui grimpe mais ne fleurit jamais.

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRepos complet. Profitez-en pour repérer le groupe de taille de chaque clématite du jardin et commander de nouvelles variétés pour combler les murs encore nus.
FévrierC’est le moment de tailler les groupes deux et trois, juste avant le redémarrage de la sève. Rabattez le groupe trois à trente centimètres du sol, allégez le groupe deux en gardant la charpente. Ne touchez pas au groupe un.
MarsPlantez les clématites en racines nues ou en conteneur si ce n’est pas encore fait, en enterrant la motte de quelques centimètres. Terminez les tailles de fin d’hiver avant que les bourgeons ne gonflent trop.
AvrilLa croissance repart vite. Installez les tuteurs, ficelles ou treillages avant que les jeunes pousses ne s’emmêlent, elles cassent facilement si on attend trop. Surveillez les gelées tardives sur les jeunes pousses tendres.
MaiLe groupe un, comme Clematis montana, termine sa floraison, taillez-le légèrement juste après les dernières fleurs. Les clématites du groupe deux commencent à fleurir généreusement. Guidez les tiges qui partent dans tous les sens.
JuinPleine floraison pour beaucoup de variétés. Arrosez copieusement en cas de sécheresse, surtout les plants de moins de deux ans. Surveillez les pucerons sur les jeunes pousses.
JuilletLe groupe trois, viticella et jackmanii en tête, prend le relais avec ses fleurs d’été. Paillez si ce n’est pas fait pour garder les racines fraîches pendant la canicule.
AoûtLa floraison du groupe trois continue. Si une tige s’effondre brutalement, c’est le flétrissement, coupez-la au ras du sol, la plante repart presque toujours.
SeptembreCertains hybrides du groupe deux offrent une seconde floraison plus discrète. Arrosez encore par temps sec, mais réduisez la fréquence à mesure que les nuits fraîchissent.
OctobreLe moment idéal pour planter une nouvelle clématite, la terre encore tiède favorise l’enracinement avant l’hiver. Paillez le pied des jeunes plants en prévision du froid.
NovembreRenforcez le paillis au pied des clématites plantées cette année. Nettoyez les feuilles mortes tombées au sol, elles peuvent héberger des maladies.
DécembreRepos. Vérifiez que les tuteurs et treillages tiennent bon face au vent, et notez quel groupe a le mieux fleuri cette année pour planifier la taille de février.

Les astuces de Green Hub

  • Identifiez toujours le groupe de taille de votre clématite avant de sortir le sécateur, groupe un, deux ou trois : se tromper est la première cause de clématites qui ne fleurissent jamais.
  • Respectez la règle d’or : la tête au soleil, les pieds à l’ombre. Paillez le pied ou installez une plante basse devant pour garder les racines fraîches.
  • Plantez toujours la motte quelques centimètres plus profond que dans son pot d’origine, cela aide la reprise après un flétrissement et favorise les nouvelles pousses depuis la base.
  • Si une tige s’effondre brutalement en été, ne paniquez pas : c’est le flétrissement de la clématite. Coupez au ras du sol, la plante repart presque toujours de la souche.