Courgette

Cucurbita pepo

PotagerFamille : Cucurbitaceae (Cucurbitacées)Difficulté : FacileToxicité : voir fiche
Courgette vert pâle marbrée, allongée et régulière, posée sur un fond clair
Photo : CostaPPPR · CC BY-SA 4.0

La courgette (Cucurbita pepo) est le légume d’été facile par excellence : un seul plant en donne plus qu’une famille n’en consomme. C’est une plante gourmande et gélive, née des régions chaudes d’Amérique centrale, qui ne supporte pas la moindre gelée. On la sème à l’abri quatre à cinq semaines avant les dernières gelées attendues et on ne la plante dehors qu’une fois ces gelées passées et le sol réchauffé. Son point faible en climat tempéré, c’est l’oïdium, ce feutrage blanc qui recouvre les feuilles dès que les nuits fraîchissent en fin de saison.

Exposition et lumière

La courgette veut du plein soleil et une bonne chaleur : comptez au moins six à huit heures d’ensoleillement direct par jour, davantage si possible en début et en fin de saison. Réservez-lui l’emplacement le plus dégagé du potager, à l’abri des vents froids dominants qui malmènent son grand feuillage cassant. Un coin proche d’un mur qui reçoit le soleil du milieu de journée, et qui emmagasine la chaleur pour la restituer en soirée, lui convient particulièrement bien là où les étés restent frais.

Donnez-lui aussi de la place : un pied bien nourri s’étale largement, souvent un mètre carré ou plus une fois adulte. Espacez les pieds de quatre-vingts centimètres à un mètre en tous sens. Un plant à l’étroit s’aère mal, et un feuillage qui reste humide après la pluie ou la rosée du matin attrape plus facilement l’oïdium. Notez que la plupart des variétés modernes, comme Black Beauty ou Verte non coureuse des Maraîchers, sont buissonnantes et compactes ; ce sont plutôt les courges d’hiver, pourtant souvent la même espèce botanique Cucurbita pepo, qui se montrent coureuses et réclament plusieurs mètres pour s’étaler librement.

Arrosage

La courgette boit beaucoup, surtout dès l’entrée en production et par temps chaud : arrosez copieusement et régulièrement, toujours au pied et jamais sur le feuillage. Un feuillage mouillé le soir, sous un été humide, prolonge la durée de mouillure des feuilles et favorise à la fois l’oïdium et les pourritures du collet.

Un paillage épais au pied garde le sol frais, limite l’évaporation et évite que la terre n’éclabousse le bas des feuilles à chaque averse, une porte d’entrée classique pour les maladies. Erreur fréquente de débutant : accuser une maladie quand un jeune fruit jaunit et pourrit à son extrémité au lieu de grossir. Le plus souvent, ce n’est ni un champignon ni un simple manque d’eau, mais une fécondation incomplète : faute d’un nombre suffisant de grains de pollen déposés sur le pistil, la petite courgette amorcée à la base de la fleur femelle cesse de grossir et tombe au bout de deux ou trois jours, un phénomène fréquent par temps frais ou quand les pollinisateurs se font rares. Un arrosage irrégulier, entre sécheresse et excès, aggrave cependant ce risque en stressant la plante au moment critique de la floraison, bien plus qu’un simple manque de calcium dans le sol.

Sol et rempotage

C’est une grosse mangeuse qui préfère un sol proche de la neutralité, plutôt entre pH 6 et 7, riche en matière organique et gourmand en azote comme en potassium une fois la production lancée. Avant la plantation, creusez un trou large et enrichissez-le généreusement de compost mûr ou de fumier bien décomposé ; un vieux tas de compost fait d’ailleurs un support de culture idéal pour un pied de courgette.

Contrairement à la tomate, le système racinaire de la courgette reste plutôt superficiel mais s’étale très largement autour du pied, ce qui explique pourquoi un paillage généreux, débordant bien au-delà du feuillage, profite autant aux racines qu’à l’humidité du sol. Le sol doit rester frais mais bien drainé, car les racines pourrissent vite dans une terre gorgée d’eau. En terre lourde et humide comme on en trouve souvent par ici, une plantation sur une petite butte surélevée améliore le drainage et réchauffe les racines plus vite au printemps. Évitez de replanter au même endroit deux années de suite, ni après une autre cucurbitacée comme le concombre ou le potiron, pour ne pas épuiser le sol et limiter la persistance des maladies raciculaires d’une saison à l’autre.

Température et humidité

La courgette ne démarre qu’à la chaleur et ne tolère aucune gelée. Elle a besoin d’un sol réchauffé, au moins 12 à 15 degrés, pour germer et pousser sans à-coups. En dessous de 10 degrés, la croissance s’arrête net et les jeunes plants marquent le coup.

C’est la contrainte de tous les climats tempérés : le semis direct en pleine terre n’est envisageable qu’une fois les dernières gelées passées et le sol bien réchauffé, sinon les graines pourrissent avant de lever. Par temps frais au printemps, la fécondation se fait mal et les premiers fruits avortent : c’est normal, la production repart dès que la chaleur s’installe. Jusqu’à 30 degrés environ, un plant vigoureux produit à plein régime, parfois un fruit par jour ; au-delà de 35 degrés lors d’un coup de chaud, le pollen se détériore à son tour et perd sa capacité à féconder, si bien que la fleur femelle s’ouvre, attend, et le petit fruit amorcé à sa base flétrit et tombe sans grossir. Un ombrage léger aide en pleine canicule, un épisode rare sous un climat océanique mais banal sous un climat méditerranéen ou continental.

Taille et entretien

La courgette non coureuse ne se taille pas vraiment, mais on peut retirer quelques vieilles feuilles jaunissantes du centre en cours de saison pour aérer le cœur du plant et laisser le soleil sécher le feuillage plus vite après la pluie. C’est un geste utile contre l’oïdium en fin d’été, à condition de ne jamais retirer plus d’un tiers du feuillage d’un coup pour ne pas stresser la plante.

La vraie taille, ici, c’est la récolte. Cueillez les courgettes jeunes, entre quinze et vingt centimètres pour les variétés allongées comme Black Beauty, tous les deux ou trois jours en pleine saison. Pour une variété ronde comme De Nice à fruit rond, oubliez le repère de longueur et jugez plutôt au poids, cueillie autour de cent cinquante à trois cent cinquante grammes pour une chair fine. Plus vous récoltez, plus le plant produit, car une courgette oubliée qui grossit sur le pied pousse la plante à ralentir la formation des fruits suivants, comme si sa mission de graines était déjà remplie. Un fruit ainsi laissé devenir énorme et farineux épuise la plante pour rien, mais il reste comestible, une fois évidé et farci.

Maladies et nuisibles

L’oïdium est l’ennemi numéro un de la courgette en climat tempéré. Il est causé par deux champignons proches, Podosphaera xanthii et Golovinomyces cichoracearum, reconnaissables au même feutrage blanc poudreux sur les feuilles. Contrairement au mildiou de la tomate, il ne réclame pas d’eau libre sur le feuillage pour s’installer : une humidité de l’air suffisante, combinée à l’alternance de journées encore chaudes et de nuits qui fraîchissent, lui suffit pour germer en quelques heures et provoquer les premières taches en cinq à sept jours. Garder le feuillage sec, la recette qui marche contre le mildiou, ne protège donc pas vraiment la courgette de l’oïdium.

Nuance d’expert : quand l’oïdium arrive en toute fin de saison, inutile de s’alarmer ni de traiter lourdement. Il est quasiment inévitable dès que les nuits fraîchissent et reste largement cosmétique une fois la belle saison presque finie ; retirez les feuilles les plus atteintes et continuez à récolter tant que le plant tient.

Surveillez aussi les pucerons, en particulier le puceron du coton Aphis gossypii, vecteur de virus, ainsi que les araignées rouges, de minuscules acariens qui tissent une fine toile sous les feuilles par temps chaud et sec, à l’inverse de l’oïdium. Les limaces s’attaquent surtout aux jeunes plants au printemps et peuvent raser une plantation en une nuit.

Multiplication

Le semis est simple. À l’intérieur, au chaud entre 20 et 22 degrés, semez en godets quatre à cinq semaines avant les dernières gelées attendues, une graine par godet posée sur la tranche à deux centimètres de profondeur. La levée est rapide, souvent moins d’une semaine. Ce départ anticipé sous abri avance la récolte de deux à trois semaines. Endurcissez les plants avant de les sortir, en les exposant progressivement à l’air libre en journée.

Le semis direct en pleine terre est possible une fois les dernières gelées passées, quand le sol est bien réchauffé. Semez deux ou trois graines par poquet et ne gardez que le plant le plus vigoureux après la levée. C’est une culture qui ne se repique pas volontiers : manipulez la motte avec soin si vous partez de godets.

Une astuce d’expert quand les pollinisateurs se font rares, ou par temps frais et pluvieux : la pollinisation manuelle. Au tout début de matinée, dans les quelques heures qui suivent l’ouverture des fleurs, prélevez une fleur mâle fraîche, retirez ses pétales pour dégager les étamines, et frottez-les sur le pistil d’une fleur femelle repérée à son renflement à la base. Refermez délicatement les pétales de la femelle après l’opération pour protéger la fécondation du vent et de la pluie.

Toxicité

Les fruits du commerce sont sans danger, mais une courgette au goût très amer signale un excès de cucurbitacine, une substance toxique. Si un fruit est franchement amer, ne le mangez pas et jetez tout le plant.

Climat et rusticité

Où et sous quel climat elle tient

La courgette est une plante de chaleur, totalement gélive : zéro degré la tue en une nuit et, en dessous de 10 degrés, elle cesse simplement de pousser. Elle n’a donc pas de rusticité au sens des zones USDA, elle se mène en annuelle sous tous les climats. Ce qui compte, c’est la température du sol : au moins 12 à 15 degrés pour semer, sinon les graines pourrissent avant de lever, puis une plage de 18 à 30 degrés pour produire à plein régime, parfois un fruit par jour.

Sous un climat tempéré à été court, tout se joue sur l’avance prise : semis à l’abri quatre à cinq semaines avant les dernières gelées attendues, endurcissement progressif, puis mise en place une fois ces gelées passées et la terre réchauffée. On gagne ainsi deux à trois semaines sur une saison qui n’en compte pas beaucoup. Sous un climat chaud et sec, le problème s’inverse : au-delà de 35 degrés le pollen se détériore, les fleurs femelles s’ouvrent sans être fécondées et les petits fruits flétrissent. On sème alors tôt pour produire avant le pic de chaleur, ou de nouveau en fin d’été, et on ombre légèrement aux heures les plus dures.

L’oïdium est le rendez-vous de fin de saison partout où les journées restent chaudes pendant que les nuits fraîchissent et déposent de la rosée. Il est quasiment inévitable et largement cosmétique une fois la récolte bien avancée : on le retarde en aérant les plants, en arrosant au pied et en retirant les feuilles blanchies. Là où les étés sont doux et rarement très secs, les araignées rouges restent rares ; en climat chaud et sec, elles deviennent au contraire le souci principal. Enfin, un printemps frais ou pluvieux fait tourner court la pollinisation : la pollinisation manuelle au petit matin sauve les premiers fruits.

Votre courgette, suivi mois après mois

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRien au jardin. Choisissez vos variétés en pensant forme du fruit : Black Beauty ou Verte non coureuse des Maraîchers pour l’allongée classique, De Nice à fruit rond pour la ronde. Commandez les graines tôt.
FévrierPatience, encore trop tôt pour semer sans chaleur d’appoint au-dessus de 20 degrés. Préparez godets et terreau fin, et prévoyez l’emplacement au potager en l’enrichissant de compost mûr ou de fumier décomposé.
MarsToujours trop tôt en pleine terre, le sol reste sous les 12 degrés nécessaires à la germination. Amendez le sol et couvrez-le d’un voile pour accélérer son réchauffement avant la plantation de mai.
AvrilÀ partir de la mi-mois, semez à l’intérieur entre 20 et 22 degrés, une graine par godet à deux centimètres de profondeur. La levée prend moins d’une semaine, gardez tout à l’abri des gelées nocturnes.
MaiEndurcissez les plants en les sortant progressivement en journée. Plantation en pleine terre et semis direct seulement une fois les dernières gelées passées et le sol réchauffé, à quatre-vingts centimètres à un mètre d’écart.
JuinCroissance rapide, le feuillage se déploie. Paillez le pied, arrosez copieusement. Premières fleurs mâles puis femelles en fin de mois : polliniser à la main aide si les butineurs se font rares.
JuilletPleine production. Récoltez les courgettes jeunes tous les deux ou trois jours, avant qu’elles ne deviennent énormes, pour stimuler la formation des suivantes. Arrosez régulièrement par temps chaud, sans jamais mouiller le feuillage le soir.
AoûtLa récolte bat son plein. Continuez à cueillir souvent, quitte à passer un jour sur deux en pleine chaleur. Aérez le cœur des plants en retirant les vieilles feuilles et surveillez les premières taches d’oïdium.
SeptembreL’oïdium s’installe presque inévitablement avec les nuits qui fraîchissent, un phénomène largement cosmétique en fin de saison. Retirez les feuilles les plus blanchies et récoltez les derniers fruits tant que le plant continue de produire.
OctobreFin de saison. Les premiers froids stoppent net la production, la courgette ne supportant aucune gelée. Arrachez les pieds une fois flétris et mettez au compost tout feuillage sain, en écartant les parties atteintes d’oïdium.
NovembreLe potager se repose. Amendez la terre en compost et prévoyez une rotation : la courgette, ni aucune autre cucurbitacée, ne revient au même endroit avant trois ou quatre ans.
DécembreBilan de la saison. Notez la variété qui a le mieux tenu face à l’oïdium et celle dont la forme vous a le plus plu, pour orienter la commande de graines de janvier.

Les astuces de Green Hub

  • Les toutes premières fleurs d’un jeune plant sont presque toujours des mâles, sans mini-courgette à leur base : inutile de vous inquiéter de les voir faner sans fruit, les femelles arrivent plus tard.
  • Les fleurs mâles surnuméraires, celles qui ne portent pas de courgette à leur base, se cuisinent très bien farcies ou en beignet : les cueillir ne réduit en rien la future récolte de fruits.
  • Semer quelques capucines à proximité attire souvent les pucerons sur elles plutôt que sur le feuillage de la courgette, une astuce de culture associée simple et utile contre les infestations légères.
  • Chaque fleur de courgette, mâle ou femelle, ne s’ouvre que quelques heures un seul matin avant de faner : c’est ce qui rend les premières heures suivant l’ouverture si précieuses pour une pollinisation manuelle réussie.
  • Par forte chaleur, un fruit oublié peut doubler de volume en deux jours à peine et dépasser trente centimètres : passé ce stade, il mobilise l’énergie du plant et bloque la formation des suivants.

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Comment cette fiche est écrite

Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.