Kiwi
Actinidia deliciosa

Le kiwi (Actinidia deliciosa) est une liane fruitière vigoureuse originaire des vallées montagneuses de Chine centrale, popularisée en Nouvelle-Zélande au vingtième siècle, d’où son nom commercial. Ce n’est pas une plante de balcon : c’est une grimpante puissante qui peut couvrir quinze mètres carrés et plus une fois installée, et qui a besoin d’une pergola ou d’une tonnelle vraiment solide pour la porter. Rustique jusqu’à -15 °C en dormance, à l’aise des zones USDA 7 à 9, elle donne de vrais kiwis sous un climat tempéré, mais il faut compter plusieurs années avant la première récolte et prévoir large dès la plantation.
Exposition et lumière
Le kiwi veut du soleil, au moins six heures par jour, pour bien fleurir et nourrir ses fruits jusqu’à la récolte, tard dans la saison. Un emplacement ombragé donne une liane feuillue mais avare en fruits. Choisissez le mur ou la pergola la mieux exposée du jardin, idéalement face à l’équateur, à l’abri des vents dominants qui abîment les jeunes pousses et cassent les rameaux chargés de fruits en fin d’été.
La protection contre le vent compte presque autant que le soleil. Un coin de jardin entre deux murs ou le long d’une haie brise-vent limite la casse et accélère la mise à fruit. Prévoyez dès la plantation un support définitif, poteaux et fils de fer tendus ou pergola en bois massif, car une liane adulte pèse lourd et il est très difficile de déplacer un pied installé.
Arrosage
Le kiwi est gourmand en eau, surtout en été quand le feuillage est abondant et les fruits grossissent. Un pied adulte en pleine terre demande un arrosage copieux et régulier pendant toute la belle saison, du grossissement des fruits jusqu’à la récolte, particulièrement les années sèches, sous peine de voir les fruits rester petits ou tomber avant maturité. Un paillis épais au pied conserve l’humidité et évite le désherbage autour des racines superficielles.
À l’inverse, le kiwi déteste l’eau stagnante. Un sol qui reste détrempé après la pluie fait pourrir les racines en quelques semaines, surtout en sol lourd et argileux. Un bon drainage à la plantation, avec du gravier ou du compost grossier mêlé à la terre, évite ce problème récurrent.
Sol et rempotage
Le kiwi aime un sol riche, profond et frais, enrichi en compost ou en fumier bien décomposé à la plantation. Un apport de matière organique chaque printemps, en surface, entretient cette richesse année après année sans qu’il soit nécessaire de bêcher profondément près des racines, qui sont superficielles et sensibles au tassement.
Point essentiel, le kiwi préfère un sol plutôt acide à neutre et supporte très mal le calcaire actif. Sur un sol calcaire, il développe une chlorose ferrique caractéristique, les feuilles jaunissent entre les nervures qui restent vertes, et la plante végète. Sur une terre franchement calcaire, mieux vaut planter en grand bac ou corriger durablement le sol avant de se lancer.
Température et humidité
Le kiwi supporte bien le froid hivernal une fois adulte : un pied bien établi encaisse sans problème -12 à -15 °C en dormance, ce qui le situe des zones USDA 7 à 9. Sa floraison arrive tard, plusieurs semaines après celle des fruitiers à noyau, ce qui lui évite le plus souvent les gelées tardives qui ravagent d’autres espèces plus précoces comme l’abricotier.
Deux moments restent fragiles. Le jeune plant, les deux ou trois premières années, craint le gel et mérite un voile d’hivernage ou un paillage épais au pied les premiers hivers ; les jeunes pousses, elles, sont détruites dès -2 °C, même sur un pied adulte. Et en fin de saison, une gelée précoce peut surprendre des fruits pas encore récoltés et les abîmer, d’où l’intérêt de cueillir avant les premiers froids plutôt que d’attendre une maturité parfaite sur pied. Il lui faut d’ailleurs une longue saison sans gel, au moins 225 jours, pour mener les fruits à maturité.
Taille et entretien
La taille du kiwi se fait en deux temps. En hiver, en dehors des périodes de gel, on construit et on entretient la charpente : on choisit les bras principaux qui courent sur le support et on supprime le bois mort, les branches qui se croisent et les pousses trop faibles. Attention à ne jamais tailler trop tard en fin d’hiver, la sève monte fort chez le kiwi et une coupe tardive saigne abondamment.
En été, une taille en vert vient compléter le travail : on raccourcit les longues pousses de l’année qui partent dans tous les sens et épuisent la plante sans profit, en gardant quelques feuilles au-delà du dernier fruit formé. Cette taille estivale aère la liane, laisse passer la lumière jusqu’aux fruits et facilite grandement la récolte à l’automne.
Maladies et nuisibles
Le souci le plus sérieux du kiwi est le PSA, une bactériose (Pseudomonas syringae pv. actinidiae) qui a frappé fort les vergers professionnels ces dernières années. Elle se manifeste par des taches brunes anguleuses sur les feuilles, un écoulement rougeâtre sur le tronc et les branches, et peut tuer une liane entière dans les cas graves. Au jardin, désinfectez toujours le sécateur entre deux plants et évitez de tailler par temps humide, la bactérie entre par les plaies fraîches.
Plus courants et moins graves, l’oïdium peut apparaître sur le feuillage par temps orageux, et les limaces s’attaquent volontiers aux jeunes pousses tendres au printemps. Un sol mal drainé favorise aussi la pourriture des racines, encore une raison de soigner le drainage dès la plantation.
Multiplication
Le bouturage est la méthode la plus accessible au jardinier amateur. On prélève en été des boutures semi-aoûtées de dix à quinze centimètres sur du bois de l’année, on retire les feuilles du bas et on les met à raciner sous châssis ou en pot à l’étouffée, avec une bonne humidité. La reprise reste aléatoire mais donne satisfaction avec de la patience.
Le semis, lui, est à éviter si on veut des fruits fiables : les graines de kiwi ne sont pas fidèles à la variété mère et surtout ne permettent pas de connaître le sexe du futur plant avant plusieurs années, un problème de taille puisque mâles et femelles ne se ressemblent qu’à la floraison. Pour être sûr d’avoir la bonne combinaison de sexes et une variété qui donne de bons fruits, mieux vaut acheter des plants greffés ou issus de bouturage identifiés en pépinière.
Climat et rusticité
Où et sous quel climat elle tient
Le kiwi à peau velue est une plante de climat tempéré doux. Un pied adulte encaisse -12 à -15 °C en dormance, ce qui le place des zones USDA 7 à 9, et il lui faut du froid pour lever sa dormance, de 600 à 800 heures sous 7 °C. Mais ce n’est pas l’hiver qui décide de la réussite : c’est la longueur de la saison sans gel, au moins 225 jours pour amener les fruits à maturité. Sous un été court, la liane pousse magnifiquement et ne mûrit rien.
Sous un climat océanique doux, il se cultive sans protection une fois adulte, à condition de lui donner le coin le plus abrité et le plus ensoleillé du jardin. Sa floraison tardive lui évite le plus souvent les gelées de printemps qui ruinent les fruitiers précoces, mais le jeune plant reste gélif ses premières années et les jeunes pousses grillent dès -2 °C. Sous un climat continental à hiver froid, ou en zone 6 et en dessous, mieux vaut changer d’espèce que lutter : l’Actinidia arguta, le kiwaï à petits fruits lisses, tient jusqu’en zone 4, et l’Actinidia kolomikta descend en zone 3 tout en mûrissant plus tôt, ce qui règle aussi le problème de l’été court.
Un point technique décide de tout, sous n’importe quel climat : le kiwi classique est dioïque, il existe des pieds mâles et des pieds femelles séparés, et seuls les femelles portent des fruits. Il faut donc au moins un mâle pour féconder plusieurs femelles, un seul suffisant en général pour six à huit d’entre elles. Si la place manque pour deux pieds, les variétés autofertiles comme Jenny ou Solissimo portent seules. Comptez enfin trois à quatre ans, parfois davantage, avant les premiers fruits : la liane construit d’abord sa charpente.
Votre kiwi, suivi mois après mois
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Identifier ma planteCalendrier d’entretien mois par mois
| Janvier | Repos complet pour la liane. C’est le moment de choisir son plant, un pied mâle et un pied femelle ou une variété autofertile comme Jenny, et de repérer l’emplacement le plus ensoleillé et abrité du jardin. |
|---|---|
| Février | Encore trop tôt pour planter si le sol reste gelé. Profitez-en pour construire ou renforcer la pergola ou la structure de palissage, elle doit être prête avant l’arrivée du plant. |
| Mars | Plantation possible dès que le sol se réchauffe et ne gèle plus la nuit. Creusez large, mêlez du compost à la terre de plantation et arrosez copieusement pour bien tasser autour des racines. |
| Avril | La végétation redémarre, les jeunes pousses sont tendres et craignent encore les gelées tardives. Paillez le pied et gardez un voile à portée de main pour les nuits fraîches. |
| Mai | Croissance rapide des rameaux, qu’il faut commencer à guider sur le support. La floraison démarre en fin de mois selon les années, avec de petites fleurs blanches très parfumées. |
| Juin | Pleine floraison, les fleurs passent du blanc au crème en vieillissant. Arrosez régulièrement, c’est le moment où le manque d’eau pénalise le plus la future récolte. |
| Juillet | Les pousses de l’année filent dans tous les sens, taillez en vert pour aérer la liane et raccourcir les rameaux trop longs. Arrosage soutenu par temps sec. |
| Août | Les fruits grossissent visiblement. Continuez l’arrosage et surveillez le tronc et les feuilles après les orages, premiers signes possibles du PSA à ne pas négliger. |
| Septembre | Les fruits poursuivent leur grossissement mais restent fermes et acides sur la liane. Une taille légère des pousses trop envahissantes facilite encore la lumière sur les fruits. |
| Octobre | Récolte avant les premières gelées, généralement dans le courant du mois. Cueillez les fruits encore fermes, ils finissent de mûrir à l’intérieur, à température ambiante. |
| Novembre | Une fois les feuilles tombées, c’est une bonne période pour une taille de structure légère en dehors des jours de gel. Nettoyez le pied et renouvelez le paillis. |
| Décembre | Repos hivernal, un pied adulte encaisse bien le froid. Pour un jeune plant de moins de trois ans, gardez un paillage épais au pied par précaution. |
Les astuces de Green Hub
- Si vous ne plantez qu’un seul kiwi, choisissez une variété autofertile comme Jenny ou Solissimo. Avec un kiwi classique, il faut impérativement un pied mâle et un pied femelle, seul ce dernier donne des fruits.
- Installez le support définitif dès la plantation, poteaux solides et fils tendus ou pergola massive. Une liane adulte est lourde et il est presque impossible de la déplacer une fois développée.
- Armez-vous de patience, les premiers fruits n’arrivent souvent qu’au bout de trois à quatre ans, parfois plus. C’est normal, la liane construit d’abord sa charpente avant de fructifier.
- Récoltez avant les premières gelées d’automne, même si les fruits semblent encore fermes. Ils finissent très bien de mûrir à température ambiante à l’intérieur, comme les kiwis du commerce.
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Mise à jour le
Comment cette fiche est écrite
Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.