Figuier

Ficus carica

FruitierFamille : Moraceae (Moracées)Difficulté : Moyen
Figues vertes et mûrissantes accrochées à la branche, sous les grandes feuilles lobées du figuier
Photo : Silverije · CC BY-SA 4.0

Le figuier (Ficus carica) est un arbre méditerranéen, mais il se cultive bel et bien jusqu’en zone USDA 7 à condition de l’abriter. En limite de rusticité, tout se joue sur l’emplacement : contre un mur au plein soleil bien chaud, ou en grand pot que l’on rentre hors gel les hivers rudes. On choisit une variété rustique à maturité précoce (Brown Turkey, Madeleine des Deux Saisons, Ronde de Bordeaux), on protège le pied d’un gros paillage, et on veille sur les petites figues d’hiver qui donneront la récolte de l’année. En cas de gros gel il peut geler jusqu’au sol, mais il repart souvent de souche.

Exposition et lumière

Le figuier veut de la chaleur, encore de la chaleur. En limite de rusticité, l’emplacement fait toute la différence : plantez-le contre un mur exposé au plein soleil, qui emmagasine la chaleur dans la journée et la restitue la nuit. Cette chaleur de paroi peut faire gagner assez de degrés pour mûrir les figues et passer l’hiver.

Donnez-lui le maximum de lumière directe, six heures et plus. Un figuier à l’ombre ou dans un coin froid fera du bois et des feuilles, mais peu de fruits mûrs. En pot, placez-le au point le plus chaud et le plus abrité de la terrasse, dos à un mur si possible.

Arrosage

En pleine terre et bien installé, le figuier supporte la sécheresse : ses racines plongent loin. Les premières années, arrosez régulièrement le temps de l’enracinement, puis espacez. Un excès d’eau donne des figues gorgées, fades et qui se fendent.

En pot, c’est une autre histoire. Le volume de terre est limité, il sèche vite en été et demande un arrosage suivi, parfois quotidien par forte chaleur. Laissez la surface sécher entre deux apports, mais ne laissez jamais la motte se dessécher complètement pendant la formation des fruits, sous peine de les voir tomber.

Sol et rempotage

Le figuier n’est pas difficile sur la nature du sol : il pousse dans les terrains pauvres, caillouteux, même calcaires. Ce qu’il exige, c’est le drainage. Un sol lourd et détrempé l’hiver fragilise ses racines face au gel, bien plus qu’un sol maigre et sec.

Un point contre-intuitif mais essentiel : le figuier fructifie mieux quand ses racines sont contraintes. En pleine terre, une fosse bordée de dalles ou de vieilles briques, ou une plantation le long d’un mur avec fondations, limite l’expansion racinaire et pousse l’arbre à faire des fruits plutôt que du bois. Le pot joue naturellement ce rôle de restriction.

Température et humidité

C’est le point sensible hors du bassin méditerranéen. Le figuier tolère le froid modéré une fois adulte, son bois mûr encaissant environ moins 10 degrés, mais un hiver plus rude, surtout sous un climat humide, peut le faire geler jusqu’au sol. Bonne nouvelle : même dans ce cas, la souche est souvent vivace et rejette vigoureusement au printemps, quitte à repartir de zéro.

Deux points fragiles à protéger : le pied et les figues d’hiver. Le pied se couvre d’un gros paillage épais avant les grands froids ; bien paillée, la souche tient jusqu’en zone USDA 6. Les figues d’hiver, ces petites broutilles formées à l’automne au bout des rameaux, sont celles qui donneront la récolte de l’année suivante : un gel sévère les détruit et compromet la production. Sur un sujet contre un mur, un voile d’hivernage les nuits les plus dures aide à les sauver.

Taille et entretien

Le figuier se passe très bien d’une grosse taille. On se contente d’aérer le centre, de supprimer le bois mort et les rejets mal placés, et de rabattre ce qui déborde pour garder une forme maîtrisée, surtout en pot ou en palissage contre un mur. Intervenez à la sortie de l’hiver, une fois les gelées passées, quand vous voyez ce qui a survécu.

Une précaution de sécurité à ne pas prendre à la légère : le figuier exsude un latex, cette sève blanche et collante, dès qu’on coupe un rameau ou une feuille. Ce latex est irritant pour la peau et photosensibilisant : au contact du soleil, il peut provoquer de vraies brûlures. Portez des gants pour tailler ou récolter, et évitez d’exposer au soleil une peau qui a touché la sève avant de l’avoir bien lavée.

Maladies et nuisibles

Le figuier est un arbre robuste, peu sujet aux maladies. Son principal ennemi n’est pas un champignon mais le froid, traité plus haut. Par temps très humide et frais, quelques figues peuvent pourrir sur l’arbre ou éclater avant de mûrir : retirez-les pour ne pas attirer guêpes et moisissures.

Les oiseaux et les guêpes s’invitent au moment de la maturité, attirés par le sucre des figues bien mûres. On récolte au bon moment, dès que le fruit s’incline et devient souple, plutôt que de le laisser blettir sur l’arbre. En pot rentré l’hiver, surveillez cochenilles et araignées rouges qui profitent de l’air sec des locaux.

Multiplication

Le figuier se bouture avec une facilité déconcertante, c’est même le moyen le plus simple et le plus fidèle de le multiplier. En fin d’hiver, prélevez un rameau de l’année bien aoûté, d’une vingtaine de centimètres, et plantez-le aux deux tiers dans un pot de terreau sableux maintenu à peine humide. L’enracinement se fait au printemps.

Le marcottage marche aussi très bien : couchez un rameau bas au sol, recouvrez une portion de terre, et il fait des racines tout seul avant d’être sevré l’année suivante. Choisissez toujours de multiplier une variété rustique à maturité précoce, du type Brown Turkey ou Ronde de Bordeaux, plutôt qu’un figuier méridional qui peinera à mûrir sous un été court.

Climat et rusticité

Où et sous quel climat elle tient

Le figuier donne son plein en zones USDA 8 à 10, dans les climats méditerranéens et subtropicaux où l’été est long et chaud. Sa limite, c’est le bois : les rameaux mûrs encaissent environ moins 10 degrés, en dessous ils meurent en partie et emportent avec eux les figues d’hiver, ces petites broutilles formées à l’automne qui donnent la première récolte de l’année suivante. La souche, elle, paillée épais, survit bien plus bas et repart de terre : c’est ce qui rend le figuier cultivable jusqu’en zone 7, voire 6 contre un mur, au prix d’une repousse annuelle.

Sous un été court et frais, tout se joue sur l’emplacement. Soit vous le plantez contre un mur exposé au plein soleil, qui accumule la chaleur du jour, la restitue la nuit et coupe le vent, soit vous le mettez en grand pot que vous pourrez rentrer dans un local hors gel, garage ou véranda, les hivers les plus rudes. Le pot a un double avantage : il restreint les racines, ce qui pousse l’arbre à fructifier, et il se déplace. Le choix de la variété est tout aussi décisif : les figuiers rustiques du type Brown Turkey, Madeleine des Deux Saisons ou Ronde de Bordeaux mûrissent là où un figuier méridional reste vert.

Là où l’hiver est doux mais mouillé, c’est l’excès d’eau au pied qui fragilise les racines face au gel, plus que le froid lui-même : soignez le drainage. Là où l’hiver est sec et froid, protégez le pied d’un gros paillage épais et jetez un voile sur les figues d’hiver les nuits les plus dures. Si le gel emporte tout de même la partie aérienne jusqu’au sol, ne l’arrachez pas : la souche repart très souvent de plus belle. La récolte se fait de la fin de l’été à l’automne, quand les figues s’inclinent et deviennent molles au toucher. Et à chaque taille ou cueillette, gardez en tête le latex irritant : gants aux mains, et pas de soleil sur une peau qui a touché la sève.

Votre figuier, suivi mois après mois

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRepos hivernal. Vérifiez la protection du pied et le voile sur les figues d’hiver les nuits de grand froid. Rentrez le pot dans un local hors gel si l’hiver est rude.
FévrierFin d’hiver, moment idéal pour bouturer un rameau bien aoûté. Ne taillez pas encore, attendez de voir ce qui a gelé.
MarsDébourrement qui approche. Retirez progressivement les protections hivernales. Ressortez le pot au chaud contre un mur une fois le gros du gel passé.
AvrilTaille légère une fois les gelées écartées : bois mort, rejets, aération. Portez des gants à cause du latex. Reprise de la végétation.
MaiCroissance active, encore un risque de gelée sur les jeunes pousses tant que les dernières gelées ne sont pas passées. Reprenez un arrosage régulier, surtout en pot. Surfaçage ou rempotage terminé.
JuinLes figues d’été grossissent. Arrosez suivi en pot pour ne pas les faire tomber. Palissez les nouvelles pousses contre le mur.
JuilletPoursuite du grossissement des fruits. Pincez éventuellement le bout des rameaux vigoureux pour concentrer la sève sur les figues. Arrosage régulier.
AoûtDébut de récolte selon la variété et l’exposition. Cueillez les figues souples et inclinées. Retirez celles qui pourrissent ou éclatent.
SeptembrePleine récolte d’automne. Les petites figues d’hiver commencent à se former au bout des rameaux, ménagez-les. Guêpes et oiseaux à surveiller.
OctobreDernières figues. Réduisez l’arrosage. Préparez un gros paillage au pied avant les premiers froids sérieux.
NovembreChute des feuilles. Mettez en place les protections : paillage épais, voile sur les figues d’hiver. Rentrez le pot avant les fortes gelées.
DécembreRepos. Arbre à l’abri ou paillé. Surveillez les épisodes de gel intense et vérifiez que les protections tiennent bon.

Les astuces de Green Hub

  • En limite de rusticité, l’emplacement fait tout : un mur au plein soleil bien chaud, ou un grand pot à rentrer hors gel les hivers rudes.
  • Choisissez une variété rustique à maturité précoce (Brown Turkey, Madeleine des Deux Saisons, Ronde de Bordeaux), sinon les figues ne mûriront pas.
  • Restreindre les racines, en pot ou dans une fosse bordée, pousse le figuier à fructifier plutôt qu’à faire du bois.
  • S’il gèle jusqu’au sol un hiver rude, n’arrachez pas : la souche repart très souvent au printemps.
  • Le latex du figuier est irritant et photosensibilisant : taillez et cueillez avec des gants, et évitez le soleil sur une peau qui a touché la sève.

Mise à jour le

Comment cette fiche est écrite

Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.