Laurier-cerise

Prunus laurocerasus

ExtérieurFamille : Rosaceae (Rosacées)Difficulté : FacileToxicité : voir fiche
Épis de fleurs blanches de laurier-cerise dressés entre de grandes feuilles épaisses et vernies
Photo : Karduelis · Public domain

Le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) est l’arbuste de haie persistant le plus planté des jardins tempérés, et il faut bien reconnaître pourquoi : il pousse vite, cache un vis-à-vis en deux ou trois saisons et demande peu d’entretien. Rustique jusqu’à -15, -18 °C, il file sans broncher sous un climat océanique doux, avec une seule vraie faiblesse : les grands hivers, rares mais réels, qui peuvent lui brûler les feuilles sans pour autant le tuer.

Exposition et lumière

Le laurier-cerise pousse aussi bien en plein soleil qu’à l’ombre profonde, ce qui en fait l’arbuste de haie le plus polyvalent qui soit. Il tolère même le côté d’une maison qui ne voit jamais le soleil direct ou le pied d’un grand arbre, là où presque rien d’autre ne prend racine. Au soleil, le feuillage reste simplement plus dense et plus brillant.

C’est justement ce qui en fait la valeur sûre pour boucher une vue ou doubler un mur mitoyen privé de lumière directe : personne d’autre ne pousse aussi vite dans ces conditions. Évitez seulement les sols gorgés d’eau en permanence, le reste lui convient.

Arrosage

La première année après la plantation, arrosez régulièrement, surtout par temps sec, le temps que les racines s’installent. Un jeune plant qui manque d’eau au démarrage prend un retard qu’il traîne parfois plusieurs saisons.

Une fois bien enraciné, le laurier-cerise devient franchement sobre et se contente, la plupart des étés, des pluies d’un climat tempéré ordinaire. Un arrosage copieux ne redevient utile que lors d’une sécheresse prolongée de plusieurs semaines, reconnaissable aux feuilles qui pendent mollement en fin de journée.

Sol et rempotage

Le laurier-cerise n’est pas difficile sur la nature du sol et s’accommode aussi bien de l’argile lourde que d’une terre de jardin ordinaire, du moment qu’elle n’est pas détrempée en permanence. Un peu de compost à la plantation aide simplement à démarrer plus vite.

Seul vrai point faible : un sol trop calcaire. Le fer devient alors moins disponible pour la plante, et les feuilles jaunissent entre les nervures, un problème de chlorose qu’on croise sur les terres développées au-dessus d’une roche calcaire. Un apport de fer chélaté ou de compost bien décomposé corrige la situation.

Température et humidité

Le laurier-cerise supporte sans problème un hiver tempéré, avec un bois qui encaisse sans broncher jusqu’à -15, -18 °C, soit la zone USDA 7. C’est un arbuste bien plus rustique que sa silhouette méridionale ne le laisse penser.

Les grands hivers, ceux où le thermomètre descend nettement plus bas ou où un vent glacial s’installe plusieurs jours, peuvent en revanche brûler le feuillage : les feuilles brunissent, se dessèchent et tombent parfois en masse. La plante n’en meurt presque jamais, elle repart du bois sain ou même de la souche à la reprise de végétation suivante, un peu dégarnie mais bien vivante.

Taille et entretien

Contrairement à la plupart des haies, le laurier-cerise se taille idéalement au sécateur et non au taille-haie. Ses grandes feuilles coupées en deux par une lame mécanique brunissent sur la tranche en quelques jours, et une haie fraîchement taillée peut avoir l’air roussie pendant plusieurs semaines. Le sécateur, quoique plus long, coupe chaque tige proprement entre deux feuilles et évite ce désagrément.

La taille se fait au début de l’été, une fois la pousse de printemps terminée, avec une reprise possible à la fin de l’été si la haie a beaucoup filé. Ne taillez jamais en période de gel ni juste avant, le bois fraîchement coupé y est plus sensible.

Maladies et nuisibles

La maladie la plus caractéristique du laurier-cerise est la criblure, parfois appelée oïdium perforant : des taches brunes apparaissent sur les feuilles, puis leur centre se dessèche et tombe, laissant de petits trous ronds bien visibles. Elle est favorisée par l’humidité stagnante sur le feuillage et touche surtout les haies mal aérées ou taillées au mauvais moment.

La maladie du plomb, provoquée par un champignon qui donne un aspect argenté aux feuilles avant leur dessèchement, reste plus rare mais se soigne mal : mieux vaut couper et brûler les branches touchées. Pucerons et cochenilles s’installent parfois sur les jeunes pousses sans gravité réelle, un bon jet d’eau suffit souvent à les déloger. Sur sol calcaire, ce sont plutôt des feuilles jaunes entre les nervures qui trahissent une chlorose ferrique.

Multiplication

Le bouturage est de loin la méthode la plus simple pour multiplier un laurier-cerise, et c’est d’ailleurs comme cela que des haies entières ont été plantées à moindre coût. Prélevez des rameaux semi-aoûtés, ni trop tendres ni complètement lignifiés, en fin d’été, retirez les feuilles du bas et plantez-les dans un mélange de terreau et de sable. L’enracinement prend plusieurs mois mais réussit presque à chaque fois.

Le semis existe aussi : les merles dispersent volontiers les noyaux après avoir mangé les fruits noirs, et il n’est pas rare de trouver de jeunes lauriers-cerises spontanés au pied d’une haie mère. Une souche coupée repart également très facilement du pied, ce qui explique pourquoi cette plante est si difficile à éliminer une fois installée.

Toxicité

Le laurier-cerise est toxique dans toutes ses parties, feuilles comme noyaux, qui contiennent des composés cyanogènes libérant de l’acide cyanhydrique lors de la mastication. L’ingestion peut provoquer des troubles digestifs, voire des symptômes plus graves chez les enfants et les animaux domestiques. La chair du fruit noir est moins problématique, mais mieux vaut empêcher tout accès aux noyaux et éviter de laisser traîner les résidus de taille à portée des animaux qui pâturent.

Climat et rusticité

Où et sous quel climat elle tient

Le laurier-cerise est bien plus rustique que son feuillage vernissé et d’allure méridionale ne le laisse croire : le bois encaisse -15 à -18 °C, ce qui le place en zone USDA 7 et le rend cultivable dans toutes les zones plus douces. Il est à son aise sous climat tempéré océanique, doux et humide : hivers sans gel prolongé, pluies réparties sur l’année, étés sans canicule. Là, une fois installé, il ne demande ni arrosage ni protection. Sous un climat continental à hiver sec et venteux, il souffre moins du froid lui-même que du dessèchement : le vent glacé vide les feuilles pendant que le sol gelé empêche la racine de compenser, et le feuillage brunit. Un paillis épais et un brise-vent du côté des vents froids dominants suffisent à limiter la casse. En climat méditerranéen ou sous chaleur sèche, c’est l’inverse : il tient, mais un arrosage d’été et une ombre d’après-midi lui évitent les feuilles roussies. Après un hiver sévère, la haie peut sembler morte, brune et dégarnie à la sortie du froid : ne l’arrachez pas, le bois repart quasi systématiquement dès la reprise de végétation, souvent depuis la base si le dégât est profond. Comptez 80 à 100 centimètres entre les plants pour une haie dense, et gardez le sécateur plutôt que le taille-haie électrique, qui hache les grandes feuilles et les fait brunir sur la tranche.

Votre laurier-cerise, suivi mois après mois

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRepos végétatif. Bon moment pour planter à racines nues ou en motte si le sol n’est pas gelé, et pour observer d’éventuels dégâts de gel sans agir tout de suite.
FévrierEncore le repos. Dernier moment pour tailler avant le départ de végétation si nécessaire, et bon moment pour préparer les emplacements de plantation.
MarsLa pousse reprend. Plantation en container possible, surveillez les jeunes pousses fraîches, sensibles au gel tardif.
AvrilLa croissance active démarre. Les feuilles brûlées cet hiver tombent maintenant, remplacées par du feuillage neuf. Bon mois pour planter.
MaiPousse vigoureuse. C’est le moment où la haie file le plus vite, un premier passage léger si besoin.
JuinLa taille principale de l’année, au sécateur, une fois la pousse de printemps terminée.
JuilletSurveillez la criblure par temps humide, arrosez les plantations de l’année en cas de sécheresse.
AoûtPrélevez les boutures semi-aoûtées pour multiplier la haie, surveillez les cochenilles.
SeptembreUne deuxième taille légère si la haie a beaucoup poussé cet été, aussi un bon mois pour planter.
OctobreMois de plantation idéal, le sol est encore chaud et les pluies reviennent, les racines s’installent avant l’hiver.
NovembreDernière fenêtre de plantation avant les gelées, paillez le pied des jeunes sujets.
DécembreRepos. Observez comment la haie encaisse le premier vrai froid, ne taillez pas si du gel est annoncé.

Les astuces de Green Hub

  • Ne taillez jamais le laurier-cerise au taille-haie électrique si vous voulez éviter les feuilles brunies sur la tranche : préférez le sécateur, plus long mais bien plus propre.
  • Si un grand hiver brûle les feuilles, ne l’arrachez pas trop vite : il repart presque toujours du bois ou de la souche au printemps suivant.
  • Comptez 80 à 100 centimètres entre deux plants pour une haie qui se referme vite sans se marcher dessus.
  • Toutes les parties de la plante, feuilles et noyaux, sont toxiques : gardez les enfants et les animaux à distance des fruits tombés.

Mise à jour le

Comment cette fiche est écrite

Rédigée pour Green Hub avec l’aide de modèles de langage, puis relue. Elle donne des repères de jardinage, pas un avis professionnel : en cas de doute sur la toxicité d’une plante pour un enfant ou un animal, demande à un vétérinaire, à un médecin ou au Centre Antipoisons.