Rhubarbe

Rheum rhabarbarum

FruitierFamille : Polygonaceae (Polygonacées)Difficulté : FacileToxicité : voir fiche

La rhubarbe (Rheum rhabarbarum) est une vivace robuste et longévive qui adore notre climat. Un pied bien installé tient dix à quinze ans au même endroit et vous donne des tiges chaque printemps sans presque rien demander. Le froid ne lui fait pas peur, au contraire : un vrai hiver belge lui est nécessaire pour repartir vigoureusement au printemps. On ne récolte pas la première année, on la laisse s’installer, puis elle produit pour une décennie.

Exposition et lumière

La rhubarbe se plaît du plein soleil à la mi-ombre. Dans la région de Herve, une exposition ensoleillée le matin avec un peu d’ombre l’après-midi lui convient très bien et évite que le sol ne sèche trop vite en juin. C’est une grande plante, une touffe adulte occupe facilement un mètre carré, prévoyez-lui de la place.

Évitez seulement les coins sombres et les racines d’arbres qui lui feraient concurrence pour l’eau et les éléments. Un emplacement dégagé, au fond du potager ou en bordure, où on la laisse tranquille des années, est l’idéal. Une fois plantée, on ne la déplace pas de gaieté de coeur.

Arrosage

La rhubarbe aime que le sol reste frais. Elle a de grandes feuilles qui transpirent beaucoup, et un sol qui sèche freine la production de tiges. En temps normal, la pluie belge suffit, mais lors des périodes sèches de mai à juillet, arrosez copieusement une à deux fois par semaine plutôt que par petites touches.

Un bon paillage au pied, paille, tontes séchées ou feuilles mortes, garde l’humidité et limite les arrosages. C’est le geste le plus utile de la saison : il maintient le sol frais tout en nourrissant la terre en se décomposant. Attention seulement à ne pas enterrer le coeur de la plante sous le paillis.

Sol et rempotage

La rhubarbe est très gourmande et veut un sol profond, riche et frais. Elle plonge des racines épaisses en profondeur, alors ameublissez bien à la plantation et enfouissez une bonne dose de compost mûr ou de fumier décomposé. Un sol pauvre donne des tiges maigres, un sol riche donne des pétioles épais et généreux.

Plantez de préférence en automne ou à la fin de l’hiver, en enterrant l’éclat de souche de façon à laisser le bourgeon juste affleurant, pas trop enfoui. Espacez les pieds d’un bon mètre. Chaque automne, apportez une bonne pelletée de compost ou de fumier au pied pour entretenir cette gourmandise, c’est ce qui fait tenir un pied dix ans et plus.

Température et humidité

C’est une plante de climat froid, parfaitement à son aise chez nous. La rhubarbe est très rustique et supporte sans broncher les hivers de la région de Herve, gelées comprises. Le feuillage disparaît complètement en hiver, la souche reste en vie sous terre et repart au printemps.

Mieux encore, le froid lui est utile. Elle a besoin d’une période de repos hivernal au froid, une vernalisation, pour redémarrer avec vigueur au printemps suivant. Nos hivers humides et frais ne sont donc pas un obstacle mais un atout : c’est exactement le climat qu’il lui faut. Inutile de la protéger, elle se débrouille seule.

Taille et entretien

L’entretien courant tient en deux gestes. D’abord, retirez les hampes florales dès qu’elles montent au printemps. La rhubarbe cherche à fleurir, une grosse tige creuse surmontée d’un plumeau blanc pointe alors au centre : coupez-la à la base sans attendre, car la floraison épuise le pied et fait chuter la production de tiges.

Ensuite, en fin de saison, laissez le feuillage jaunir et faner sur place à l’automne, il rend ses réserves à la souche. Coupez ou retirez seulement les feuilles complètement mortes. Un bon nettoyage à l’entrée de l’hiver, un apport de compost, et le tour est joué.

Maladies et nuisibles

Bonne nouvelle, la rhubarbe est une des plantes les plus saines du potager. Elle n’a quasiment pas de maladies et pas de ravageurs sérieux, ce qui explique en partie sa réputation de plante facile. Sa robustesse fait qu’on l’oublie presque.

Le seul vrai risque sous notre climat humide est la pourriture de la couronne, favorisée par un sol détrempé et un coeur enterré trop profond ou noyé sous un paillis mouillé. Plantez le bourgeon affleurant et assurez un sol qui ne stagne pas. Les limaces peuvent grignoter les toutes jeunes feuilles au printemps mais s’attaquent rarement à un pied établi. Rien d’inquiétant en pratique.

Multiplication

La rhubarbe se multiplie par division de souche, et c’est le meilleur moyen de la régénérer en même temps. Tous les cinq à six ans, en automne ou à la fin de l’hiver quand la plante est au repos, déterrez la souche et tranchez-la à la bêche en éclats. Chaque éclat doit porter au moins un bon bourgeon visible et un morceau de racine charnue. Replantez aussitôt, bourgeon affleurant, dans une terre bien enrichie.

Cette division rajeunit un vieux pied qui commençait à faire des tiges plus fines et vous donne de nouveaux plants gratuitement à installer ou à offrir. Le semis existe mais donne des plants irréguliers et lents, on le laisse aux curieux : pour un potager, la division est plus rapide et plus fiable.

Toxicité

Attention, la rhubarbe se mange en partie seulement. On ne consomme que les pétioles, les tiges charnues rouges ou vertes. Les feuilles sont toxiques : elles sont riches en acide oxalique et en d’autres composés qui provoquent nausées, vomissements, maux de ventre et, à forte dose, des troubles plus graves. Cette toxicité vaut pour l’humain comme pour les animaux, chiens, chats et volailles compris. Ne mangez jamais les feuilles et ne les donnez pas au compost destiné au potager sans précaution, jetez-les au compost général.

Le conseil local

En Belgique (climat de Herve, zone 8a)

La rhubarbe est une reine de nos jardins frais. Le climat de la région de Herve, humide et sans étés brûlants, lui va comme un gant, et sa grande rusticité fait qu’elle passe tous nos hivers dehors sans la moindre protection. C’est une plante qu’on installe une fois et qu’on garde dix à quinze ans, un vrai meuble du potager.

Le calendrier belge est simple. On plante un éclat de souche en automne ou à la fin de l’hiver, dans un trou largement enrichi de compost et de fumier. La première année, on ne récolte pas : on laisse la plante faire ses racines et ses réserves. La deuxième année, on prélève quelques tiges avec parcimonie. À partir de la troisième, la récolte est pleine, d’avril à juin. On tire les pétioles, on ne mange jamais les feuilles, et on coupe les hampes florales dès qu’elles montent.

Deux gestes font la différence chez nous. Un gros apport de compost ou de fumier chaque automne, parce que la plante est très gourmande et que c’est ce qui tient un pied vigoureux sur la durée. Et une division tous les cinq à six ans pour la régénérer et multiplier vos plants. Faites cela et un seul pied nourrira les tartes et les compotes de la maison pendant une décennie.

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Identifier ma plante

Calendrier d’entretien mois par mois

JanvierRepos total, la souche dort sous terre. Vous pouvez encore planter ou diviser un éclat si le sol n’est pas gelé.
FévrierFin de l’hiver, moment idéal pour planter un nouvel éclat ou diviser une vieille souche, bourgeon affleurant, dans une terre bien enrichie.
MarsLes premiers bourgeons pointent. Apportez du compost ou du fumier au pied et paillez pour garder le sol frais.
AvrilLes tiges se développent. Début de récolte sur les pieds établis, en tirant et tournant les pétioles à la base. Jamais sur un pied de première année.
MaiPleine récolte. Coupez les hampes florales dès qu’elles montent au centre. Arrosez copieusement si le temps est sec.
JuinDernières belles récoltes. Continuez à retirer les fleurs. Laissez toujours au moins un tiers des tiges en place sur chaque pied.
JuilletOn arrête la récolte pour laisser la plante reconstituer ses réserves. Gardez le sol frais avec un bon paillage.
AoûtRepos de la récolte. Arrosez lors des coups de chaleur, le feuillage transpire beaucoup. Surveillez que le paillis reste en place.
SeptembreLe feuillage commence à fatiguer. Rien d’urgent, laissez la plante tranquille. Préparez le compost pour l’apport d’automne.
OctobreLes feuilles jaunissent et fanent. Laissez-les rendre leurs réserves à la souche, retirez seulement celles qui sont mortes.
NovembreNettoyez la touffe, retirez les feuilles fanées, apportez une bonne pelletée de compost ou de fumier au pied. Bon moment pour planter ou diviser.
DécembreRepos hivernal. Le froid est utile, il prépare un redémarrage vigoureux. Rien à faire, la plante se garde toute seule.

Les astuces de Green Hub

  • Ne récoltez pas la première année. Laissez le pied s’installer, un peu la deuxième, pleinement ensuite : c’est ce qui garantit dix ans de production.
  • Ne mangez jamais les feuilles, seulement les pétioles. Les feuilles sont toxiques, pour vous comme pour vos animaux.
  • Récoltez en tirant et tournant le pétiole à la base plutôt qu’en coupant, et laissez toujours au moins un tiers des tiges sur le pied.
  • Coupez les hampes florales dès qu’elles montent : la floraison épuise la plante et fait chuter la récolte de tiges.
  • Divisez la souche tous les cinq à six ans en automne : cela régénère un vieux pied et vous donne des plants gratuits.